‹ Les inséparables, comédie-vaudeville en un acteChapitre 9 sur 24 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Dieu !... quel ami !

M. DE VERNEUIL

Et où vous ètes-vous donc connus ?

EDOUARD

A l'armée ! . . . il n'a pas un air bien guerrier -, . . . au contraire , . . . et cependant , tel que vous le voyez , c'est un gaillard qui , à lui tout seul , aurait arrêté tout un régiment [à part) en détail. . . Comme il était plus âgé que moi , il s'était établi mon guide, mon mentor ; . . . et je me laissais conduire par lui. . . {Riant. ) N'est-il par vrai ?. . avec une facilité . . .

LEE ON , saluant.

Monsieur , . . . monsieur, c'ctait mon devoir.

Oui , . . . le devoir de l'amitié ; . . . car il ne peut vivre sans moi , ... il ne me quitte jamais ; ... au régiment on nous appelait les inséparables.

M. DE VERNEUIL , à Lebon.

Monsieur , les amis de mon gendre seront toujours bien reçus chez nous. . . ( A Edouard. ) Mais tu ne nous dis pas pourquoi hier tu t'es absenté.

EDOUARD, montrant Lebon.

Demandez-lui , ... il vous le dira 5 . . . c'est à cause de lui.. . ( Bas.) Une aventure très-désagréable , où je lui étais nécessaire 5 . . . mas ce n'est pas mon s erct , c'est le sien ; . . . et je vous demanderai la permission de ne pas vous en dire davantage.

AMÉLIE

Je vois en effet que vois avez pour lui une bien grande amitié , puisqu'hicr tout le jour vous m'avez sacriliée à lui.

EDOUARD

Je vous jure que je ne pouvais pas faire autrement; . . . après les services qu'il m'a rendus.

M. DE VERNEUIL

Et quels services, s'il vous plaît?

EDOUARD

C'était autrefois à l'armée ; . . . dans une grande affaire»

M. DE VERNEUIL

En Allemagne ? . . .

Non, c'était une affaire contre des Anglais; . . . j'avais été fait prisonnier , et sans lui j'y serais encore. . . . Sans lui , chère Amélie , je ne pourrais pas jouir aujourd'hui du bonheur qui m'attend.

AMÉLIE

Allons , s'il en est ainsi , je lui pardonne.

( Elle sort. )

M, DE VERNEUIL

Mais nous avons à parler d'affaires , ... et j'aurais deux mots à te dire en particulier.

EDOUARD

Très-volontiers.

M. DE VERNEUIL

C'est au sujet de la dot.

Edouard , à part.

Quel bonheur ! il va me la donner .... et je vais envoyer au diable mon ami intime.

M. DE VERNEUIL

Tu m as promis que tu ne ferais plus de dettes.

EDOUARD

Et je tiendrai parole , je vous le jure.

M. DE VERNEUIL

Alors , les conditions que je vais te proposer ne doivent point t' effrayer.

Parlez , . . » tout ce que vous voudrez.

M. DE VERNEUIL

Sans compter la succession de ton oncle Antoine , qui est à la Guadeloupe, tu as 200,000 francs de fortune. .. (Apercevant Lebon qui s'approche*} Qu'est-ce qu'a donc ce monsieur ? . . . Il me semble que ton ami intime nous ccaute.

EDOUARD

Lui ! . . . c'est par distraction.

(Il fait signe à Lebon de s'éloigner. )

M. DE VERNEUIL

Tu as 200,000 francs qui sont entre mes mains ;- . . . ma fille t'en apporte autant en mariage : ... je les garde . . .

EDOUARD

Ah ! vous les garderez.

Bï. DE VERNEUIL.

Et je vous en paierai les intérêts ; est-ce que cela te contrarie?

EDOUARD

Moi ! du tout ... ( A part. ) Me voilà bien . . . ( Haut. ) C'est que j'aurais voulu, pour entrer en ménage, quelqu argent comptant.

M. DE VERNEUIL

C'est trop juste ; . . . demain , . . . après- demain , je te paierai le premier quartier ; et alors.. . . (Voyant Lebon qui s'approche d'eux. ) Par exemple ! . . . c'est trop indiscret 5 ... et ton ami ne connaît pas les usages.

Si vraiment ; . . . mais l'intérêt qu'il prend à mes affaires . . . el à tout ce qui me concerne.

LEBON

F.st-ce que vous ne donnez pas la dot à mou ami Edouard?

(AmeCie enffî

M. DE VERNEUIL

Non, monsieur, si vous voulez bien le permettre,... et pour des motifs à moi connus, . . . qii2 je lui expliquerai plus au long, quanti nous serons seuls... Je pense que dans ce moment. . . ces jeunes gens seront bien aises d'être ensemble.

LEBON

Certainement.

H. DE VERNEUIL

Moi , je vais aller in habiller.

LEBON

Vous ferez bien ; . . . moi d'abord je le suis.

M. DE VERNEUIL , à part.

Il n'a pas l'air de comprendre. . . [Il appelle.} Marguerite ! ( Marguerite entre. ) Est-ce que le tailleur n'a pas encore apporté mon habit neuf?

MARGUERITE

Non , monsieur.

Je ne sais pas h quoi il pense. . . C'était un habit pour assister à la noce.

MARGUERITE

Eh! monsieur, soyez tranquille. ( Regardant l'habit de Lebon. ) Il y sera. . . à la noce.

M. DE VERNEUIL

En attendant, je vais en mettre un autre. ( A Lebon. ) Monsieur, je suis à vous. . . Si vous voulez passer dans le salon . . .

LEBON

Vous êtes bien bon.

M. DE VERNEUIL

Vous y trouverez de la société.

lebon, montrant Edouard.

Celle de mon ami me suffit.

(ai )

M. de VERNEUIL, bas à Edouard.

Alors j j'y renonce.

Air : Amis , voici la riante semaine

Je fais en vain mes efforts pour qu'il sorte ; Un tel ami devient très-importun.

EDOUARD

Moi , je m'en charge... et puis d'ailleurs , qu'importe! Vous savez bien que nous ne faisons qu'un.

Que diras- tu , d'après ce beau système , Lorsque ta femme aura reçu ta foi , Qu'elle sera comme un autre toi-même , Si ce monsieur ne fait qu'un avec toi ?

( 2/ entre dans L'appartement à droite. )

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