‹ Les institution sociales étudieès dans les édifices religieuxChapitre 3 sur 13 · Louis Drbaegker^ Rdppott cité · texte numérisé non relu

Louis Drbaegker^ Rdppott cité

Après avoir été profanée et dévastée par les hérétiques, de 1580 à 1583, des réparations et des modifications partielles furent faites à diverses époques au corps de l'édifice.

En 1599, la porte d'entrée sous la^tour fut condamnée. L'entrée de l'église fut pratiquée par deux portails latéraux, au nord et au sud du transept. '

Dès lors, furent bâties les maisons qui cernèrent la tour à l'ouest et au nord. D'autres constructions parasites s'attachèrent successivement aux flancs de l'église, sans en excepter l'abside du côté de la rue des Prêtres actuelle. Au nord, furent construites la sacristie et la maison' presbytérale. Cette maison est aujourd'hui déclarée inhabitable pour insalubrité.

En 1 600, on supprima les portails du transept, et on les établit dans la travée qui précède. Il parait que c'est alors que fut construit un mur de façade devant le transept, au milieu duquel un petit portail servit d'entrée à l'église. Un passage public s'établit là, conduisant de la rue de l'église à la place. Toutefois, des murs, qui simulaient le prolongement des nefs , continuèrent de lier l'église à la tour.

En 1667, la chapelle de Saint-Pierre ayant été incendiée, on fit démolir des maisons qu'on

avait laissé construire , accolées à l'église , du côté de la rue des Vieux-Quartiers.

En 1691, le 22 novembre, la chapelle du Saint-Sacrement fut à son tour entièrement incendiée.

En 1698, des bornes furent posées, dans le passage devant Téglise, pour garantir les murailles des détériorations qu'y faisaient les chariots et les voitures *.

En 1723 seulement, on songea à reconstruire un pignon neuf, du côté de la chapelle Saint- Pierre, incendiée en 1667.

En 1731, les combles de la partie abandonnée de l'ancienne église de 1440 qui tenait à la tour furent enlevés. On rétablit un pignon à la façade de l'église devant la tour, et l'on mit des colonnes et des statues au petit portail.

En 1782, Dunkerque, qui prospérait par le commerce et par la guerre, voulut se donner une église paroissiale plus riche, plus apparente que celle qui lui restait depuis deux siècles, délabrée et mutilée, ayant une voie publique qui la traversait. M. de Galonné, intendant de Flandre, dont le caractère fastueux et dissipateur se fit connaître depuis au contrôle général des

1. Victor Derode, Notice sur l'église Saint-Éloi, à Dunkerque,

AVANT-PROPOS. i^

finances, M. de Galonné seconda la ville, et lui envoya M. Louis^ architecte du duc d'Orlëans, qui, au prix de 800 mille francs, construisit, en 1784, le péristyle de Saint-Éloi que nous voyons aujourd'hui^. Alors se fit la séparation définitive de la tour et de l'église, lé clocheton de 1567 fut supprimé, les bras du transept furent brisés. Pour assurer à l'église une perspective convenable , il aurait fallu démolir la tour qui l'off^usque , mais le vandalisme n'osa pas pousser jusque-là son œuvre de destruction, et la tour de Dunkerque est restée debout, comme un jalon colossal, destiné à indiquer à la génération présente ce qui lui reste à faire.

D'après cet exposé, et d'après les considérations développées dans notre écrit, nous avons ainsi formulé notre réponse à la vingt-quatrième question du programme du Congrès archéologique de Dunkeftjue :

« Le mélange des styles d'architecture que le xviu* siècle a fait dans les monuments reli-

\ . Le style de Técrivain indique souvent la source où ont été puisées ses pensées; ainsi, M* Louis disait: « que I'Église Saint- Éloi était irrégulière, défectueuse, incommode et môme dangereuse^ el que son plan, à lui, procurerait un temple, qui ne laisserait rien à désirer.

gieux provient de l'affaiblissement du sentiment chrétien, qui s'est produit graduellement en France, depuis le xvi* siècle. » .

Et, relativement à l'église Saint-Éloi de Dunkerque^ nous avons proposé au Congrès la résolution suivante :

<x En conséquence du programme de grands travaux publics que Sa Majesté l'Empereur a adressé à son ministre d'État, le 5 janvier 1860, comprenant, au nombre des travaux de ]a paix à encourager, l'achèvement des cathédrales et des églises en France;

« Et dans le but de seconder la sollicitude de Sa Majesté, en contribuant à marquer son règne des caractères les plus propres à le recommander à la postérité, savoir : l'affermissement de la religion, l'encouragement aux arts, et le développement des travaux industriels, seuls gages certains de la paix publique ;

c< Le Congrès archéologique de Dunkerque émet le vœu :

« Que Sa Majesté soit sollicitée de prendre en considération l'état déplorable, au point de vue de l'art et de la religion, où, dans une res-

tauration précédente, le mélange de styles incohérents a placé l'église Saint-Éloi de Dunkerque ,

« Et que, lorsqu'il y aura lieu d'y faire un jour de trop considérables réparations * ,

c< Auxquelles les fonds promis pour l'achèvement des églises puissent être appliqués ,

c< Sa Majesté veuille bien faire examiner s'il ne serait pas convenable que cette église soit rejointe à la tour, qui en était jadis une dépendance ^,

ce Et complétée définitivement, dans le style ogival de l'époque, où avait été conçu son plan primitif. »

J.-J, Carlier.

SO août 4860.

4. Ce moment n'est peut-être pas éloigné, car le portail ne semble pas avoir été construit en matériaux durables. £n 4 834, cinquante ans après sa construction, on signalait déjà de notables exfoliations dans les rosaces du péristyle.

2. Un pareil projet avait déjà été mis en avant, en 4620, sous le gouvernement de l'archiduchesse Isabelle.

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