‹ Les institutions communales de Rome sous la papautéChapitre 16 sur 193 · Voyez CuRTius, p. 232 et D'jcange, t. VI, col · texte numérisé non relu

Voyez CuRTius, p. 232 et D'jcange, t. VI, col

cëdé ne possédaient ni la cohésion ni la force numérique nécessaires pour tenir tête à la noblesse. La papauté avait grandi en force et en prestige mais sa souveraineté était encore précaire, sans relâche contestée et combattue. L'empereur n'avait guère d'influence qu'autant qu'il se trouvait en Italie entouré de ses lansquenets. C'est pour ces raisons que la noblesse, quoique divisée en factions hostiles et paraissant souvent incapable de gouverner, joua néanmoins un si grand rôle.

Seule l'administration de la justice lui échappait; elle était rendue par trois sortes de juges : les juges palatins ou ordinaires, les juges dativi, les juges pedanei.

Les premiers, au nombre de sept étaient de très hauts dignitaires d'ordre ecclésiastique. On les désignait sous le nom de Primicerius , Secundicerius , Arcarius , Saccellarius , Protoscrinarius , Primus defensor , Adminiculator . Ils existaient depuis le viii^ siècle, mais leurs, fonctions étaient à cette époque purement administratives et ils dépendaient du souverain pontife seul. Lorsque le Latran fut devenu une cour impériale de justice, ils relevèrent également et parfois uniquement de l'empereur, d'où leur nom de juges palatins; alors leurs fonctions devinrent judiciaires. Néanmoins, ils restaient les ministres du palais; lors de l'élection d'un pape, c'est à eux qu'il incombait d'en régler les détails; lors du couronnement d'un empereur, ils lui faisaient escorte et remplissaient le rôle de chanceliers d'empire. Sous la présidence du Primicerius, ils formaient

I . NiEBUHR pense que ce chiffre ne fut pas sans corrélation avec le nombre des cardinaux évêques et des princes palatins d'Allemagne qui fut également de sept. Il oublie que le nombre sept est un de ces nombres qu'a aimé l'humanité dans tous les temps et dans tous les pays. Gregorovius, t. II, p. 504.

LE SÉNAT DU IX^ AU XIl^ SIECLE 23

le premier collège judiciaire de Rome, mais ils ne connaissaient que des affaires ecclésiastiques, des affaires dans lesquelles des clercs se trouvaient impliqués. Aussi leur donna-t-on, au ix^ siècle, le nom de judices de Clero

Les fonctions des dativi devaient se confondre avec celles des juges, car les deux termes sont pris souvent l'un pour l'autre. Il est certain que ce n'étaient pas des officiers municipaux ^ Dans un acte en date de 996, un magistrat est appelé dativus dans le texte et jiidex dans la souscription '. Ailleurs, les deux termes sont joints « Benedictus, datibus judex » +. Les affaires civiles relevaient de leur juridiction, peut-être aussi, dans certains cas, les affaires criminelles, mais de cela on ne peut être certain. Quoi qu'il en soit, cette magistrature était des plus enviées. Parfois les préfets se firent gloire de l'occuper. Ainsi Giovanni, préfet, comte palatin, {ni judex dativus. Parmi les signataires des actes officiels, les dativi prennent rang après le Missus impérial et les évêques et avant les consuls et tabellions", quelquefois même avant les ducs >'.

Il n'est guère fait mention de cette catégorie de juges avant le ix'^ siècle (838) Néanmoins, il semblerait que leur origine remonte plus haut et qu'elle est contempo-

1. Savigny, t. I, p. 291 ; Marini, Papiri diploiii., n. 102, (Ï//.961 ; Gregorovius, t. II, p. 499, 504, t. III, 368, 542; Galletti, liel Primkcrio, p. 219.

2. Benedictus, « Domini niitn, Dut h us , Jiuii'x Sacri Palalii. » (Marini, Papiri diptom., n. 102).

3. Fantuzzi, Monum. Raven., V, 263, 264, 268, 289. Cf. Savigny, p. 291 et le passage de la vie de Jean VIII (872-882) qui commence par ces mots : k Seddominus papa omnes episcopos... » (Duchesne, t. II, p. 221.)

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