‹ Les institutions communales de Rome sous la papautéChapitre 29 sur 193 · ViLLARi, p · texte numérisé non relu

ViLLARi, p

medianus était absolu; il nommait sénateur qui bon lui semblait \

Le pape n'opéra pas toutefois cette révolution sans quelque ménagement. Des registres d'Innocent III, il semble découler que le medianus fut quelquefois désigné par l'assemblée populaire. Mais le peuple n'avait que les apparences de la liberté car on lit dans l'histoire anonyme de la vie de ce pape : « Ouod ipse Senatum non faciebat coiiimunem, sed eum in Senaiorem eligi faciebat qui suis propitius et aliis erat infestius ^. » En même temps et comme conséquence, les juges qui représentaient le pouvoir sénatorial hors de Rome, les jusliciarii , furent remplacés par des envoyés pontificaux K

L'institution sénatoriale avait donc déjà traversé deux phases : la phase populaire et d'hostilité déclarée contre la papauté; la phase d'entente avec la papauté durant laquelle son autorité est diminuée et sa composition transformée au profit des nobles; enfin commencera bientôt la troisième phase, la phase pontificale dont nous allons traiter tout à l'heure.

Il ne faut point toutefois conclure de ce qui précède que les Romains avaient à ce moment tout à fait renoncé à leurs franchises municipales. Plus d'une fois durant le cours du XIII'' et la première partie du xiv^ siècle, le peuple

1. Gesta Innocenta. « Electo per mediamim siitctn alio Senatore, mm in Urbe quant extra, patrimoniiim reciiperavit nuper amissiim. » et « Fecerunt nitntios destinari qui ad eligendiun pelèrent niedianos de iis qui Romx Senalores eligehant. » MiGNE, Patrologie, voL 214, cité par Ducange, t. IV, coL 628.

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