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Tant que dura le schisme, la situation politique de Rome demeura incertaine. On est en pleine période révolutionnaire et les relations réciproques comme les pouvoirs des magistrats changent à chaque instant ; parfois le pape dominait sans contrôle et sans conteste, parfois le roi de Naples ' ou quelque aventurier comme Niccolô Fortebraccio y imposait son autorité, parfois le peuple reprenait ses droits. Quand Martin V arriva enfin dans sa capitale (septembre 1420), les Romains ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'ils avaient trouvé un maître, non pas que le pape les dépouillât brutalement de leurs droits; en sage politique qu'il était, il respecta les vieilles institutions mais s'arrangea pour s'en faire des instruments de règne. Non seulement il usa souvent de la prérogative de nommer le sénateur dont s'était emparé le pouvoir pontifical, mais il prorogea même de deux mois, contrairement aux règlements statutaires, les fonctions de Bartolomeo Gonzaga, dont il avait eu à se louer ^ ; il désignait les syndics chargé de
1 . En 1 4 1 3 , le pape napolitain Jean XXIII lui accorde le titre de Illuminator illustris Urbis; cette appellation est très rare (Theiner, t. III, p. 206).
2. En 1484, Sixte IV récompensa de même façon, en dépit des statuts, les conservateurs et les caporioni (Infessura, éd. Tommasini, p. ij8).
contrôler la gestion des officiers suivants : le sénateur, le lieutenant du sénateur, les juges, assesseurs, tabellions, officiers de la maréchaussée, juges d'appel, conservateurs, caporioni, notaires.
D'autres officiers de moindre rang sont également nommés par le pape : le juge de la maréchaussée, le notaire des affaires criminelles {nolarius maleficiorum Urbis), le notaire des causes de la Curie, l'auditeur ' et surtout le juge d'appel (capiianeues el jiidex appcllationum) ; il nomme même le gardien d'une des portes de la ville ^, fixe le salaire d'un autre
Mais la plus habile conquête du pape fut celle des finances municipales; il procéda méthodiquement. En 1419, il confirma, comme si son autorité ne pouvait émaner que de lui, le trésorier de la ville, Giovanni Astalli; puis il mit la main sur la magistrature du grand gabeleur, gabellariiis Urbis.
C'était une magistrature importante; elle remontait à la seconde moitié du siècle précédent et avait d'abord été presque exclusivement municipale ; A^lexandre V rangeait, en 14 10, le grand gabeleur parmi les magistrats capitolins; il était tenu de solliciter l'autorisation des conservateurs pour accepter des transactions avec les débiteurs de l'octroi quand leur dette était inférieure à vingtcinq écus, et de solliciter celle du camerlingue quand la somme due était supérieure à ce chiffre ^. Ses fonctions ne
1. En 1419 {Archiv. Seg. Vat., Divers. Cam., vol. V, p. 188.)