‹ Les institutions communales de Rome sous la papautéChapitre 86 sur 193 · Theiner, t III, p · texte numérisé non relu

Theiner, t III, p

RoDOCANACHi. — Lcs iiistitutiotis Communales th Roine . 10

créatures, le médecin Paolo de Valle, dont il avait éprouvé le dévouement dans des circonstances difficiles : « Tuœ fidelitatis integritas in nostris et Ecclesiœ Romanœ arduis negociis coiiiprobata pmncretur ut ' ».

D'autre part, Martin V appliquait, dans toute leur rigueur, les conventions conclues entre le peuple romain et les papes de la fin du siècle dernier; certaines prescriptions introduites dans les statuts, sans son autorisation, furent annulées (1425). Et cependant, il s'agissait dans ces prescriptions d'effra3'er, par la menace d'une répression rigoureuse, les auteurs des crimes qui se commettaient journellement à Rome !

Le peuple subissait assez docilement cet assujettissement. C'est de cette époque que date l'habitude pour k commune d'offrir des présents, pro forma, au souverain pontife lors de son intronisation ^

Cependant il ne restait pas sans représentants.

Les chefs de quartiers, les caporioni, dont il a été déjà fait mention et qui prenaient de plus en plus d'importance, remplaçaient les buonuomini du siècle précédent, disparus

1. Depuis longtemps le pape prétendait le droit de nommer luimême le cliancelier ainsi que le scribe du sénat et le ou les S3aidics. Il y eut presque une émeute, en 1 368, à propos de la nomination par le pape Urbain V de ces magistrats sans limitation de temps quant à la durée de leur office. (Le scribe du sénat toutefois était généralement élu à vie). f'?'- ^\ 258, fol. 255, n. LXXix.) Voyez Theiner, t. II, p. 458 et, en ce qui concerne de Valle, t. III, p. 277. Cf. Re^. Urh. V, 258, p. 159, n. xxvii. Parla suite, les papes accordèrent fréquemment la charge de chancelier à leurs médecins. Voir p. 201.

2. « Solvatis Doiiiinico Gcri meixalori florentino fl. au. de caméra octua- ^iiita sohttos Capitihus Reg^ioniiiii pro eiiceiisis et eqiio Diii Nri. (Archiv, di Stato, Maiid. Camer. 141 S- 142 1, fol. 141, à la date du 5 octobre 1420.) Martin V avait fait son entrée dans Rome le 28 septembre précédent. Voyez la note 3, page 148.

depuis la réforme de 1363 En 1400, ils vont à la tête du peuple recevoir le roi Ladislas à la porte Saint-Jean ^ ; en 1410, on les a vus prendre la direction d'un mouvement populaire, chasser le sénateur du Capitole et y installer à sa place trois conservateurs. En 1414, après un autre soulèvement, ils assemblent un parlement et font nommer treize giibernatores, un par quartier, qui gouvernent temporairement la ville. Assez assurés de l'appui du peuple pour s'attaquer à l'autorité pontificale, ils ne se sentaient pas assez forts pour exercer par eux-mêmes le pouvoir. Dans les chroniques, ils sont constamment cités à côté des conservateurs et presque toujours leurs noms se trouvent suivis des mots : « cum corum sociis », c'est-à-dire, comme il sera expliqué ci-après, avec les trois conseillers que chacun avait le droit de s'adjoindre. En 141 6, ils sont au nombre de onze ; plusieurs fois on en compte treize, autant que de quartiers Les papes reconnaissent, au reste, leur autorité. Dès 1401, les caporioni interviennent officiellement dans une convention entre l'Église et les Colonna afin d'en assurer l'observation + ; ils se trouvaient alors au nombre de quatorze, le représentant du Transtévère ayant été admis au même rang que ses collègues 5.

En 141 1, ce furent eux qui reçurent en grande pompe au Capitole le sénateur pontifical, Ruggiero di Antignola. En 1417, le pape les reconnaît au nombre des corps constitués ; il adresse un bref : « Senatori, Conservatoribus Camerœ,

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