‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 160 sur 191 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

A partir du milieu du xvii« siècle, les magistrats du Capitole ne sont plus que de pompeux fantoches. Le Saint-Siège restreint de plus en plus leurs attributions tout en les laissant s'entourer d'un splendide appareil, afin que le peuple, qui se plaît aux apparences, eût le change.

Le sénateur avait rang, à la chapelle papale, au-dessus du légat impérial et, dans les cortèges, dans les cérémonies, disputait le pas aux ambassadeurs ^ ; il ne paraissait en public que vêtu de soie et de brocart, couvert d'un manteau <( presque royal » à manches tombantes, tenant un sceptre reçu des mains du souverain pontife; un page marchait devant lui avec une épée nue et des massiers, à la livrée du peuple, or et pourpre, l'accompagnaient. Lorsqu'il prenait possession de sa charge, après avoir reçu l'investiture pontificale et prêté le serment d'allégeance, toute la milice urbaine, les artisti le précédaient, armés d'épées et d'arquebuses, « aussi bien vêtus que possible », tambour battant, enseignes au vent; puis venaient des soldats réguliers, les suisses du pape, dix carrosses et quelquefois vingt-cinq, les chevau-légers, des haquenées tenues en main et drapées de velours rouge, puis enfin une foule de gentilshommes à cheval qui fai-

I. Bibl. Vat., Cod. Urb. 1060, parte I, p. 64, 130. Contestation avec les ambassadeurs de Savoie et de Venise.

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saient escorte au nouvel élu lequel avait à la main le bret d*institution. La façade du palais du Capitole était toute ornée de peintures symboliques, d*armes, d'inscriptions et, le soir venu, la ville s'illuminait * « C'est ainsi, dit Aymon ^, en 1707, que le peuple romain se réjouit de voir le fantôme de sa liberté et les ombres chimériques de ses magistrats qu'il avait autrefois le droit d'élire et qui sont maintenant établis sans l'aveu d'aucun citoyen romain par la seule autorité du pape K »

En 1737, Clément XII accorda au sénateur qui était alors un Suédois, le comte Bielcke, le droit au « Baldaquin ^ ».

Le sénateur tenait toujours son tribunal au Capitole ; ce tribunal était composé d'une cour suprême présidée par le

1. Entrée au Capitole de Baldo Massei da Camerino (17 juin 1623) ; même cérémonial en 1629 lors de l'entrée de Cartaro d'Orvieto {Discorso apologetico dellà dignità e preminenia del sagro senato... diviso in cap. XXV, opéra storica, politica e légale di Annibale Rilliy 1759; ms. de 750 pages. Bibl. Angelica^ cod. 165 1). Cf. Cod. Casanat. 984, Avvisi diversi. En 1585, Giovanni Pelicano monta au Capitole environné de six cents cavaliers, c'était la première fois qu'on en voyait un si grand nombre (Co^. Vat. Urb., 1053). Cancellieri a décrit les entrées au Capitole des sénateurs qui eurent lieu en 16 16, 1623, 1629, 1633, 1647 dans son ouvrage intitulé : Le due CampaWy p. 116. lia traité ce sujet d'une façon plus générale dans son étude inédite : Memorie di possessi solenni di XIX senatori di Roma dalV anno ijSy al 18 18... (Cod. Vat. y 9184). Jean Aymon, Tableau de la Cour de Rome et Michel de Saint Martin, Le gouvernement de Rome, ont également décrit la prise de possession du sénateur, en s'inspirant de

LUNADORO.

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