‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 241 sur 332 · LES PRIVILÈGES DES CATORQUES ROMAINS · texte numérisé non relu

LES PRIVILÈGES DES CATORQUES ROMAINS

deuxième se compose d’oi 4m yupvasiou, c’est-à-dire des personnes qui ont reçu l’éducation du gymnase, institution essentiellement hellénique‘; la dernière, enfin, ce sont les citoyens des rékex grecques, les cives Alexandrini*. La raison du privilège financier, accordé par Rome à ces classes de population, paraît bien être l’origine hellénique, réelle ou fictive. Les xärowo peuvent-ils être rapprochés d’eux à un titre analogue? Ce n’est pas à coup sûr par leur origine réelle : beaucoup doivent être de race indigène*. Mais les xéroxor trouvés en Égypte par les Romains lors de la conquête, et déjà connus d'eux auparavant, étaient les clérouques de l’armée régulière, distingués par leur nom des clérouques de la police, en partie indigènes, et des payipet; l’armée régulière était en principe nationale : fondement de la puissance des Lagides, elle portait au 11° siècle le nom de Maxedéves*, à la fin du 11° siècle celui de orparevépevor "EXkmvec*; jusqu’à la fin du ur° siècle, son recrutement fut en fait assez hellénique*® ; vers la fin du re siècle, il semblait encore illogique de conserver un nom indigène, quand on était promu de la police à l’armée ; enfin les catœques du r°* siècle étaient les descendants ou les succes-

citoyens romains : Adpñloc Ilerostpus et Adptoc "AœoÛyyue, en 245 ap. J.-C., P. Fir. 4, 11. 1-2; ceux-là étaient certainement émxsxpiuévor.

1. Lesquier, loc. laud., p. 26, n. 6; GLorz, dans : DAREMBERG ET SAGLIO, 8. V. yuuvcotov; Wicamowirz-MÔLLENDORrr, loc. laud. Je ne serais pas disposé à admettre aujourd'hui avec GRrenFezz et Hunr, comme je l'ai fait, pp. 26-7 de l’article cité, que les ärd yvuvastou sont les fils ou descendants des gymnasiarques; c’est trop restreindre le sens de l’expression et le recrutement des gymnases. Bien que l’on connaisse un &rù yuuvaciov de 60 ans, P. Oxy. 11, p.208, je pense que l’on prenait ce titre vers 13 ou {+ ans, comme je l'ai dit, 4bid., p. 26, n. 6; mais il n’est pas établi, comme on pourrait le conclure de cette note, qu’il n’y avait parmi les œrè youvaciou que des fils ou descendants de certains catæques ou de pntporolitau Swdexadpayuol; même s’il était prouvé que la population hellénique des métropoles est formée exclusivement de catæques et de personnes taxées à 12 drachmes, des enfants étrangers à cette population auraient pu recevoir, à titre exceptionnel, l'éducation du gymnase et se qualifier d’&ro yuuvasiou leur vie durant; tel serait le cas de l’äxd yuuvaciov de 60 ans dont il vient d'être parlé,

. Josèrne, De Bell. Jud. I, 16, 4, p. 385; P. Lond. IT, 260, Il. 60 et 120. Cf. chap. IV, pour le ne siècle; « forliori au rer,

Chap. ler, pp. 2-3.

. Chap. IV, p. 128.

Chap. 1V, pp. 119-20.

. Chap. IV, p. 126.

seurs de ces colons qui au 11° siècle avaient introduit dans la 602 et notamment dans l’Arsinoïte la civilisation grecque". On peut done admettre qu'au moment de la conquête les Romains ont considéré les xéromo comme appartenant à lélément hellénique. Ils ont probablement vüû en eux, ainsi que dans les proorontrar SuSexddoayuor, les àrè yuuvasieu et les Alexan drins, la population autrefois victorieuse de l’indigène à laquelle l'Égypte devait sa civilisation, comme le reste du monde et comme Rome elle-même; et ils ont fait une situation privilégiée dans la province d'Égypte aux représentants de la race supérieure et de l’humanitas ?.

Par là ils ont accentué la différence qui allaits’atténuant depuis le n° siècle entre les catæques et les xAnooïyet ptolémaïques?. Les xAnooüyer, leurs descendants et leurs successeurs, ont été frappés de la capitation comme le reste de la population égyptienne et déconsidérés par cet impôt infamant. Les catæques, au contraire, exemptés du #ributum capilis, qualifiés par suite pour le service militaire de même que les autres ërixerotvévor, ont formé une classe supérieure parmi les pérégrins qui n'avaient pas le droit de cité alexandrine. Ce n’est pas une classe fermée, puisque lachat d’un xAñpos xaroxès suffit à faire un catæque. D'autre part, les catœques, qui servent dans les auxilia et les flottes, reçoivent à leur libération la civitas romana, qu'ils transmettent à leurs enfants‘. Leur situation s’améliore encore en 212 par la constitutio Antoniniana. L’édit de Caracalla n’est pas appliqué en Égypte aux seules populations déjà dotées d'institutions municipales ‘ ; le bénéfice en est étendu à d’autres

Page 1