acte troisième
Marthe.
Est-ce vrai? Est-ce vrai? Ah 1 ma chère amie. {Elle embrasse Olga.) — {A Robert.) Eh! bien, et toi, que dis-tu! Tu vois que j'aime ceux que tu aimes, vilain !
Robert.
On aime ceux qui le méritent, Marthe.
Marthe.
Oserais-tu dire e^ue George n'est point de ceux-là? Ah! tu ne le connais pas. — Mais enfin rends-toi au moins à ré\idence ! x^voue que tu t'es trompé en le jugeant. Tout le monde reconnaît son talent, tout le monde, et le gouvernement aussi.
Robert.
C'est vrai.
Marthe.
Puis il est bon, très bon pour moi. Il fait tout ce qu'il peut pour me rendre heureuse.
Robert {très grave).
Et..., est-ce qu'il réussit, Marthe?
Marthe.
Comment donc! Il me rend si heureuse que j'ai quelquefois peur pour mon bonheur. — Peur que l'on ne vienne me le prendre! Hier à ton brusque retour je n'ai pas été aussi contente que j'aurais dû l'être, mon bon Robert, je l'avoue et je t'en demande pardon. — Je n'ai pas été contente, mais plutôt effrayée en pensant à autrefois, — à ton vilain parti-pris envers lui! Comprends-tu, dis, qu'il faut me rassurer, — me dire que cela n'est plus? Tu verras comme nous t'aimerons tous après, — car tu sais, au fond j'ai souvent, — ... [Elle apei-çoit le livre ouvert sur le divan.) Mais voilà son dernier livre! Tu viens d'en lire des pages? Ah ! je ne crains plus rien. — tu as pu juger de lui et maintenant tu sais ce qu'il vaut!
Robert.
Je le sais, Marthe, oui, je le sais! — Mais tu as raison il ne faut rien craindre, je ne ferai jamais rien contre ton bonheur, jamais rien !
(// s'éloigne vivement et s'approche de la fenêtre en leur tournant le dos et semblant regarder au dehors.)
Marthe (inquiète).
Qu'a-t-il?