III. — Industries qui exposent au saturnisme
Le nombre des industries dans lesquelles on emploie le plomb ou ses composés est considérable. Layet en comptait 111 (1); depuis la publication de son travail, on pourrait facilement en ajouter une dizaine au moins. Les médecins sont appelés à s’occuper des industries qui exposent les ouvriers au saturnisme, soit en qualité de membres des Conseils d’hygiène, soit comme médecins des usines, et ils ne sont pas toujours tous du même avis. Cela tient à ce qu’ils ne se placent pas au môme point de vue. Le médecin du Conseil d’hygiène a tendance à rendre le plomb responsable de tous les accidents, tandis que le médecin des fabriques ne rapporte qu'à regret au saturnisme les accidents qui lui sont attribués par le malade.
(1) Voy. pièce n° 12.
Il m’est impossible de vous présenter en détail les conditions diverses dans lesquelles les ouvriers sont exposés à l’intoxication dans des centaines d’industries; vous les trouverez exposées dans le livre publié par 1 Olfice du travail, que j’ai déjà eu souvent l’occasion de citer (1).
Je prendrai mes exemples dans les trois g-roupes naturels : métallurgie du plomb, industries employant le plomb, industries employant les composés du plomb.
1° Métallurgie du plomb.
1° Extraction des minerais de plomb. — Le saturnisme est assez rare chez les ouvriers employés à l’extraction de la galène ou sulfure de plomb, qui est un composé très stable et peu altérable par les agents chimiques. Dans la partie superficielle des 'mines, la galène est parfois transformée en carbonate de plomb et, dans ce cas, 1 exploitation est dangereuse. Dans les couches profondes, la galène est presque pure et l’humidité empêche la production de poussières nocives.
En France, presque tous les gîtes de plomb sont profonds et aquifères et les accidents saturnins sont très rares. On en a cependant constaté à Asprières (Aveyron), dans une région située au-dessus du niveau des eaux, et contenant beaucoup de cérusite.
2° Traitement des minerais de plomb. — Les accidents provenant du traitement du minerai , qui, parfois même, atteignent les personnes habitant au loin, ont beaucoup diminué depuis que l’on a obtenu la condensation presque complète des fumées par le développement considérable des chambres et canaux au travers desquels passent les gaz avant de s’écouler dans l’atmosphère. Les gaz et les fumées cheminent dans ces chambres soit par simple tirage, à l’aide de cheminées assez hautes, soit par des ventilateurs aspirants, ce qui est préférable.
(1) Les poisons industriels, 1901.
Pour séparer l’argent contenu dans les minerais de plomb, on introduit dans le bain de plomb argentifère, porté à une température supérieure à la fusion du zinc, une quantité de zinc variable suivant la richesse du minerai en argent. Le mélange est brassé et la masse est laissée à refroidir ; il se produit un alliage ternaire : plomb, zinc et argent, qui se solidifie à la surface du bain. Ces croûtes d’alliage sont fondues de manière à en retirer le plus de plomb possible, et soumises ensuite à la distillation. On obtient d’une part du zinc qui repasse au traitement, d autre part du plomb riche en argent qui est soumis à la coupellation, ayant pour but de séparer le plomb à l’état d’oxyde fondu par oxydation sur une sole en poudre d or de marne ou de ciment. L’argent se concentre progressivement dans un alliage très riche, que l’on aftine de plus en plus par des traitements successifs. Pendant la coupellation, les ouvriers peuvent être exposés aux vapeurs de litharge, qui doivent être aspirées par une hotte convenablement
placée (1).
Le nettoyage des chambres de condensation expose les ouvriers aux poussières plombiques, mais ce nettoyage ne s’effectue que deux ou trois fois par an, et il est possible de prendre des précautions spéciales qui seraient difficiles à observer s’il s’agissait d’une opération journalière.
Le traitement des cendres d'orfèvres expose aux poussières et fumées plombiques, mais une bonne ventilation suffira à garantir les ouvriers.
3° Fonte et laminage du plomb. — La fonte du plomb, le moulage pour la fabrication des tuyaux de plomb, lafabiication des saumons et grilles pour la céruse doivent être faits en vases clos.
2° Industries employant le plomb.
1° Couvertures et canalisations en plomb. Les ouvriers qui travaillent le plomb métallique sont exposés
(1) Les poisons industriels. Office du travail, 1901.
à l'intoxication. Les couvreurs, les plombiers, les gaziers respirent les poussières plombiques; cependant les intoxications sont rares, et ne surviennent guère que chez les ouvriers qui ne prennent pas les soins de propreté nécessaires, qui boivent et qui prisent ou chiquent. La manipulation constante du plomb peut, ainsi que je vous l’ai dit, entraîner la production de paralysies locales. Malherbe a signalé un marteleur de plomb qui n’était paralysé que de la main gauche, qui tenait continuellement le métal (1). Manouvrier a vu un plombier ayant une paralysie des muscles de l’épaule, sur laquelle il portait continuellement du plomb (2).
Cependant, ces ouvriers peuvent être victimes d’intoxications mixtes, car ils sont obligés souvent de luter et de faire des joints à la céruse, et, quand ils font des soudures, ils sont exposés aux émanations d’oxyde de carbone.
2° Taille des pierres précieuses. — Pour tailler et polir les pierres précieuses, on les sertit, c’est-à-dire qu’on les enchâsse dans une petite capsule de cuivre à l’aide d’un alliage de plomb et d’étain qui enveloppe la pierre dont la partie à polir émerge seule.
Le polissage se fait parfois sur une meule en plomb, mais, même si l’on se sert d’une meule en cuivre ou en fer, l’ouvrier est exposé aux poussières de plomb, parce que les parties de l’alliage qui entourent la pierre sont attaquées par la meule.
L’intoxication est encore favorisée par ce fait que les ouvriers, après le taillage de chaque facette, sont obligés de faire fondre leur alliage et que les ateliers de lapidaires sont souvent petits, mal aérés. De plus, l’ouvrier est obligé de se tenir courbé très près de son travail.
3° Fabrication des instruments de musique. — Dans
(1) Malherbe, Gazette hebdomadaire, 1854.
(2) Manouvrier, Archives de physiologie, 1870.
la fabrication des instruments en cuivre, pour éviter les plissements et même la rupture des tubes dans les couibures, on les soutient en y coulant du plomb, ce qui permet de donner la forme voulue sans danger de cassures et de corriger par le martelage les plis qui auraient pu se former. Quand l’instrument est terminé, il est chauffé sLVr une grille et le plomb fondu s’écoule. L’intoxication, si la fonte n’est pas convenablement faite sous une hotte bien ventilée, peut se produire soit par inhalation des buées dégagées par la fusion du métal, soit par les poussières plombiques des cendres quand on les traite pour récupérer une partie du plomb qu elles contiennent.
Pour remplacer le plomb, MM. Napias, Girard et Pabst ont proposé un alliage composé de 5 parties de plomb, 3 parties d’étain, 8 parties de bismuth. Cet alliage est plus résistant que le plomb, ce qui rend la courbure des tubes plus difficile, mais, d’autre part, il rend le martelage plus facile et a le grand avantage d’être fusible dans 1 eau bouillante.
4° Typographes. — Les ouvriers typographes sont souvent atteints de phtisie pulmonaire, d’affections nerveuses et d'accidents saturnins dus à l’absorption de poussières plombiques.
Dans un atelier de 40 ouvriers, l’inspecteur des fabriques de Lemberg, en Autriche, a montré que lu poussière d un casier contenait IG p. 100 de plomb et que la poussière recueillie sur des objets placés entre 2 et 5 mètres contenait de 0,24 à 0,37 p. 100 de plomb.
Dans les imprimeries de Berlin, on a installé des appareils pour l’analyse des poussières. Dans 1 imprimerie de l’État, l’échantillon prélevé à 10 centimètres au-dessus du plancher a donné 0,89 p. 100 de plomb; sur le composteur, à 52 centimètres du plancher, il y en avait 1,73 p. 100; sur un autre meuble, à 2m,25 du plancher, 0,62 p. 100, soit en moyenne une contenance de 1,6 p. 100 de plomb (1).
(1) L’air dans les imprimeries (Annales d’hyrjïene publique et de médecine légale , 3e série, t. XXXIX, p. 495).
Les ouvriers les plus exposés à l’intoxication sont, d’après le D1' Choquet, ceux qui sont chargés du nettoyage des casses. 11 survient chez eux un affaiblissement de la sensibilité digitale quelquefois accompagné de tremblement musculaire limité aux doigts et précurseur de la paralysie, qui souvent n’est précédée d'aucun autre symptôme de saturnisme.
3° Industries employant les composés du plomb.
1° Fabriques de céruse. — Il y a longtemps que les méfaits de la céruse ont ôté dénoncés. Dioscoride a écrit : « La céruse est venimeuse et mortelle, ceux qui en ont prins ont les extremitez du corps froides et l'esprit troublé ; et tombent en une stupidité des membres. » A ces quelques mots, le commentateur de Dioscoride, Matthiole, ajoute :
« Nicander parle plus amplement que ne fait Dioscoride, touchant les accidens causez par la ceruse : disant ainsi : la ceruse a la couleur semblable au laict escumeux qui est gras et frais tiré au printemps. Au reste l’escume de la ceruse tient aux gencives, à raison de son astriction : lesquelles se dessèchent et se rident... elle cause une grande aspreté en la langue et en la gorge. Et par ainsi ceux qui en ont prins ont une toux sèche : et ont les yeux si pesans, qu'ils clinettent tousjours : et rotlent incessamment, se confians par ce moyen, à leur grand dommage. Et de là vient qu’ils ont le cerveau troublé : estans tousjours tristes, à raison d’un certain contre-cœur qui les oppresse. De plain jour il leur vient des visions fantastiques. Quelquefois ils demeurent assoupis, et tombent en une frisson, et froideur de membres : de sorte qu'ils en demeurent perclus, principalement des mains. Finalement, qui n’y pourvoit, ils y demeurent en fin, et ce avec grande douleur. Voyla qu'en dit Nicander.
« Avicenne met aussi d'autres accidens qui adviennent à
ceux qui ont mang’é ou beu de ceruse; car il dit qu'ils tombent en défaillance de cœur; et qu’ils sentent une grande aspreté en la gorge, et de componctions intolérables au ventre, et en l’estomac. Item leurs parties précordiales sont tendues et bendées et n’ont leur souffle qu’a grande peine (1). »
La fabrication de la céruse fournissait autrefois la plus grande partie des saturnins ; aujourd’hui cette industrie a été considérablement assainie et les cêrusiens n’arrivent plus qu'en sixième ligne dans l’énumération des professions qui exposent au saturnisme.
Pour fabriquer la céruse, on fait agir sur le plomb métallique l'oxygène et le vinaigre, de manière à former de l’acétate de plomb, qui est converti en carbonate sous l’action de l’acide carbonique, qui est dégagé par du fumier de cheval ou de la tannée en fermentation.
Le plomb fondu est coulé en forme de grilles qui sont placées au-dessus des godets contenant de l’acide acétique, puis ces godets sont rangés par alternance des couches de pots à vinaigres, de grilles de plomb et de fumier. Lorsque l’on juge que la transformation des grilles de plomb en carbonate de plomb est aussi complète que possible, les fosses sont démontées et les grilles débarrassées de la couche de céruse formée par battage des grilles avec un maillet de bois, ce qui non seulement produit énormément de poussières, mais projette des particules de céruse au visage et sur le corps.
Les écailles de céruse sont ensuite broyées, ce qui dégage encore une grande quantité de poussière, puis la poudre est tamisée et embarillée.
De sérieuses modifications ont été apportées à la fabrication de la céruse, par MM. Expert-Besançon et Caron (de Lille).
Le décapage par grattage et battage des grilles est remit) Dioscoride, commenté par Matthiole; traduction de Antoine du Pinet avec privilège du roi du 15 février 1567.
P. Brouardel. — Les Intoxications.
402 INTOXICATION PAR LE PLOMB ET SES COMPOSÉS, placé par l’aspersion d’eau froide de ces grilles dès leur sortie de la fosse, alors qu’elles sont encore chaudes. La différence entre les coefficients de dilatation du plomb métallique et du carbonatç de plomb amène une rétraction du métal qui détache la couche de carbonate qui, étant humide,
ne fait aucune poussière. Le broyage des écailles se fait au mouillé à l’aide d’un malaxeur mécanique. Si l’on veut obtenir de la céruse à l’huile, on place la pâte molle obtenue, qui contient environ 15 à 20 p. 100 d'eau, dans un malaxeur dans lequel on ajoute de l’huile par fractions de 10 p. 100. L’eau est peu à peu chassée et le produit, prêt à être mis en vente, ne contient plus que 1 p. 100 d eau environ.
Si l’on veut obtenir de la céruse en poudre, la pâte aqueuse est mise dans des pots et portée à l’étuve ; les
pains ou trochisques obtenus après dessiccation sont portés a
un blutoir et à un tamiseur, et la poudre est livrée en barils. Bien entendu, le second mode de préparation est beaucoup plus dangereux que le premier.
Actuellement, 90 p. 100 au moins des entrepreneurs do peinture et des industriels emploient la céruse à l'huile.
Tout le monde est persuadé que la céruse est un produit nocif, et cependant, par routine, elle est encore couramment employée, bien qu’elle puisse être remplacée, sans aucun
désavantage, par le blanc de zinc.
La lutte entre le blanc de zinc et le blanc de céruse date de plus de cent vingt ans. En 1780, Courtois avait présenté à l’Académie de Dijon du blanc de zinc remarquable par son inaltérabilité. Guyton de Morveau le préconisait en
1783, pour des motifs d’hygiène.
Au xixe siècle, des rapports favorables au blanc de zinc furent fournis par Fourcroy, Berthollet et Vauquelin ; cependant, ce n’est que depuis les travaux de Leclaire en 1849 que la peinture à l’oxyde de zinc est entrée dans la pratique courante. En 1852, M. de Persigny, ministre de l’Intérieur, adressa aux préfets une circulaire les invitant à prescrire l'emploi du blanc de zinc pour 1 entretien
des bâtiments départementaux et communaux. Cependant cette circulaire ne fut suivie d’aucun effet, à cause de la mauvaise volonté et la routine des peintres qui affirmaient que le blanc de zinc coûtait plus cher, ne couvrait pas, à volume égal, autant que le blanc de céruse et ne résistait pas comme celui-ci aux intempéries.
A cela on peut répondre : que le blanc de zinc couvre autant que le blanc de céruse, qu’il résiste aussi bien que la céruse aux intempéries et à l’eau de mer, puisque l’estacade de Rochefort fut peinte en 1874 ou 1875 au blanc de zinc, et il a fait autant d’usage que la céruse.
La seule objection qui ait de la valeur est que le prix de revient est peut-être un peu plus élevé pour le blanc de zinc que pour la céruse.
Les instructions rédigées par les divers conseils d’hygiène, notamment en 1881 par celui du département de la Seine, concernant les mesures à prendre dans les mines, ateliers etchantiers où l’on emploie le plomb et sesdérivés, curent d’excellents résultats. Mais s’il est facile de réglementer la fabrication de la céruse, il est beaucoup plus difficile d’obliger les ouvriers isolés, ne travaillant pas en atelier, à prendre les mesures hygiéniques nécessaires, et, en 1901, le ministre de l'Intérieur a invité le Comité consultatif d hygiène de France à délibérer sur la substitution du blanc de zinc au blanc de céruse dans les travaux de peinture exécutés pour le compte des administrations. Le Comité n’a pas voulu demander, ainsi que le désirait le Syndicat des peintres, l’interdiction de la fabrication delà céruse, qui est indispensable à certaines industries, en céramique par exemple, mais, conformément au rapport de M. Ogier (1), il vota les conclusions suivantes : « La substitution des peintures à base d’oxyde de zinc aux peintures à base de céruse est tout à fait désirable au
(1) Ogier, Recueil des travaux du Comité consultatif d’hygiène , 4 mars 1901. — P. Brouardel, Les empoisonnements criminels et accidentels, 1902, p. 435.
point de vue de l’hygiène. Cette substitution semble possible dans la très grande majorité des travaux de peinture.
« Par suite, les administrations de l’État donneraient un exemple salutaire et feraient œuvre d’hygiène très utile en prescrivant, chaque fois que cela sera possible, la substitution du blanc de zinc au blanc de céruse dans les travaux exécutés pour le compte de ces administrations. »
A la suite du vote de ces conclusions, la plupart des ministères interdirent l’emploi de la céruse dans le domaine de leur administration : le ministre des Postes et télégraphes, par un arrêté du 20 février 1001 ; le ministre du Commerce et de l’Industrie le 25 mars 1901 ; le ministre des Travaux publics le 1er juin 1901; le ministre de la Guerre à la fin de 1901.
Les administrations donnent là un exemple salutaire qui, nous devons l’espérer, sera suivi. En effet, ainsi que 1 a dit H. Layet (1) : « Quelque éducation professionnelle qu’on prenne soin de donner, quelles que soient les transformations de métier, d’habitudes individuelles, des méthodes et procédés techniques industriels, tant que le poison subsistera, il y aura fatalement des travailleurs empoisonnés. Toutes les préparations de couleurs usitées par les ouvriers peintres ont pour excipient le blanc de céruse, et ne doivent leur teinte qu’à une infime petite quantité de matière colorante dont l’action propre, fût-elle éminemment toxique, ne saurait être comparée à celle de ce composé du plomb qui se trouve être ainsi le facteur principal de l’intoxication saturnine professionnelle. Or, puisqu on peut, en ménageant tous les intérêts, lui substituer dans les travaux le blanc de zinc, on ne doit plus hésiter à le faire au nom de l'hygiène sociale. »
2° Fabrication du minium. — Le minium ou plombate de peroxyde de plomb est plus indispensable peut-être que
(1) Layet, Hygiène industrielle. Encyclopédie d’hygiène et de médecine publique, livre IV, p. 477.
la céruse, et, bien qu’on ait moins parlé de ses méfaits, sa fabrication est tout aussi dangereuse que celle du carbonate de plomb.
Pour fabriquer le minium, on transforme le plomb en massicot ou oxyde jaune en le chauffant à l’air libre. Un ouvrier agite continuellement la masse en fusion avec un ringard et écume la surface du plomb fondu où surnage le massicot. Cet ouvrier se trouve donc exposé à l’absorption de vapeurs plombiques et la haute température à laquelle il est exposé le prédispose encore plus à l’intoxication. Pour remédier à ce danger, la fusion est faite sous une hotte aspiratrice qui embrasse tout le champ de dégagement des buées nuisibles. « De plus, il est établi tout le long du bord de la hotte un tuyau percé de nombreux petits orifices qui donnent lieu à un écoulement d’eau continu que l’ouvrier peut, à sa volonté, mettre en mouvement ou arrêter. Co dispositif ménage ainsi entre l’ouvrier et la porte du four une nappe d'eau préservatrice qui diminue l’intensité de la chaleur rayonnante et entraîne vers le sol toutes les poussières qui tendent à franchir la limite d’aspiration de la hotte. »
Le défournement et le broyage du massicot sont accompagnés d’une grande quantité de poussières, dont on cherche à pallier l’influence nocive en humectant la masse pendant le défournement et en plaçant une enveloppe protectrice sur les broyeurs mécaniques.
Pour transformer le massicot en minium, on suroxyde à l'air libre le massicot soit dans le four même où il a été fabriqué, soit en le plaçant dans des boîtes où il est mélangé avec du salpêtre. Ces opérations terminées, le minium est broyé à nouveau, tamisé et embarillé, toutes opérations extrêmement dangereuses.
M. Layet, qui a étudié comparativement chez les animaux l’intoxication par la céruse et par le minium, est d’avis que ce dernier corps intoxique plus gravement et plus rapidement. De plus, il a remarqué que les ouvriers travaillant
le minium présentent plus fréquemment de l'encéphalopathie saturnine que ceux qui sont employés dans les fabriques de céruse.
3° Industries employant les couleurs toxiques. —
1° Broyage des couleurs, peinture, ponçage. — Les ouvriers peintres sont de tous les plus exposés à l’intoxication parle plomb, et, d’après une statistique du professeur Arm. Gautier portant sur la période quinquennale de 1894 à 1898, sur 86 cas de mort observés par intoxication saturnine, on compte 43 peintres (1).
Tous les peintres sont exposés au saturnisme, mais il est certaines spécialités, dans la profession, qui sont particulièrement nocives.
Les encluiseurs , qui appliquent sur les murs un enduit à base de céruse à l’aide d’un couteau souple dit couteau à enduire , tiennent le plus souvent leur enduit dans la paume de la main g-auche, et l’absorption est facilitée par les érosions qui sont faites par le couteau à enduire. On donne bien aux enduiseurs l’ordre de mettre leur enduit sur un couteau-palette, mais, par routine et par insouciance, ils préfèrent avoir leur provision dans la paume de la main. D’après une statistique fournie par la Chambre syndicale des enduiseurs, qui compte 200 membres, il y aurait eu, pendant les années 1898 et 1899, 18 décès et le plus âgé des ouvriers n’avait que trente-cinq ans.
Les gratteurs et ponceurs sont également très frappés. Quand le grattage se fait à sec, il y a une production considérable de poussières ; si l’on enlève les peintures à l’aide de Veau seconde , qui est une dissolution faible de potasse, il y a des corrosions de la peau et l’imprégnation par la voie cutanée est possible. Le brûlage à la lampe donne lieu à la production de poussières et de fumées plombiques.
(1) Arm. Gautier, Rapport au Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine. Compte rendu des séances, n° 20, 1899.
Le meilleur moyen de faire disparaître le saturnisme serait la substitution du blanc de zinc, dont l’emploi n offre pas de dangers spéciaux, à la céruse si meurtrière.
2° Dessinateurs en broderies sur étoffes. Pour tracer le dessin, les ouvriers le décalquent sur l’étoile de la manière suivante : le tracé sur papier est piqué et, étant appliqué sur l’étolTe, on fait pénétrer à travers les trous du papier une poudre résineuse mélangée de couleur qu on fixe ensuite sur l’étoffe à l’aide d’un fer chaud. Pour les étoiles noires, on emploie la céruse mélangée à la résine.
Cette opération nécessite une grande quantité de poudre qui, constamment ag'itée, se répand dans l’atmosphère des ateliers et est d’autant plus facilement absorbée que l’ouvrier est constamment courbé sur son travail.
Pour remédier à cet inconvénient, il suffirait de remplacer le blanc de céruse par une autre poudre inoflensive telle que le blanc de baryte ou le blanc de zinc.
3 Fabrication des dentelles. — Pour obtenir le blanchiment des dentelles jaunies au cours de la fabrication, on les place entre deux feuilles de papier frottées de blanc de céruse ; puis, un certain nombre de ces feuilles ayant été placées les unes au-dessus des autres, on réunit les bords et, le tout ayant étéposé sur un plan résistant, on le soumet à un battage au marteau ou à l’écrasement avec un rouleau de bois.
Pour éviter le danger de la poussière, certains fabricants font pratiquer cette opération dans des caves ou dans une boite hermétiquement fermée. Cependant, les dangers ne sont pas évités par les ouvrières qui fixent la dentelle sur le fond; elles sont courbées sur le métier et avalent des poussières de céruse; de plus, elles ont les doigts continuellement en contact avec le sel de plomb.
Dans ce cas encore, la substitution du blanc de zinc à la céruse est possible.
4° Emploi des mastics. — Les chauffeurs mécaniciens, gaziers, plombiers, vitriers, emploientdes mastics contenant du blanc de céruse.
Les plus exposés à l’intoxication sont les chauffeurs et mécaniciens qui, pour luter les joints des machines à vapeur, se servent de mastics fabriqués, soit avec du minium et de la céruse délayés dans l’huile cuite, soit composés de litharge et de chaux éteinte délayée dans de l’huile de lin. En plus, aux dangers de l’intoxication plombique s’ajoutent les autres causes d'insalubrité et les hautes températures auxquelles ils sont exposés.
5° Ébénisterie et laquage. — Les meubles qui doivent être laqués sont d’abord imprimés, c’est-à-dire recouverts d’un enduit jaune ou noir qui contient de 42 à 05 p. 100 de blanc de céruse, puis ils sont séchés dans une étuve à 70° et soumis à un polissage au gros papier de verre. Cette opération, avec quelques variantes de technique, est répétée trois fois.
Les ouvriers polisseurs sont exposés à l'inhalation de poussières plombiques.
6° Feutres et cuirs vernis. — Les feutres et cuirs à vernir sont recouverts d’un nombre variable de couches d’une huile d’apprêt, rendue siccative par addition d’oxyde de plomb. Chaque couche est poncée après dessiccation avant l’étendage de la suivante. La cause de l’intoxication est l'huile siccative au plomb, qui pourrait être facilement remplacée par de l'huile rendue siccative par ébullition avec du peroxyde de manganèse.
7° Fabrication des papiers peints, des cartes porcelaine, cartons et crayons colorés. — Les papiers, ainsi que je vous l’ai dit à propos de l’intoxication par l'arsenic, sont tout d’abord foyicés. Le fond ou couleur uniforme sur lequel seront appliqués ultérieurement les dessins est
INDUSTRIES EMPLOYANT LES COMPOSÉS DU PLOMB. y09
fait avec de la céruse pour le fond blanc, du chromate de plomb pour le fond jaune et du minium pour le fond rouge. Les ouvriers cjui broyent les couleurs et ceux qui les étendent sont exposés au saturnisme, mais moins que ceux qui satinent le papier en passant rapidement une brosse sur le papier à fond uni, opération qui produit une poussière intense.
Le veloutag-e est également insalubre ; il consiste à tamiser de la tontisse de laine colorée au minium sur des surfaces enduites d’une matière collante particulière, puis d un mélange d’huile de lin cuite, de céruse et d essence de térébenthine.
La fabrication des cartes, cartons porcelaine et de certains papiers d’enveloppe préparés au blanc de céruse, et pour lesquels les mêmes opérations que pour les papiers peints sont nécessaires, expose les ouvriers aux mêmes dangers.
Pour les crayons de couleurs, les ouvriers peuvent être intoxiqués par l’enduit souvent toxique qui recouvre les crayons.
8° Chromolithographie, céramique. — Pour orner la faïence à bon marché, on supprime la décoration par la peinture à la main et on la remplace parle décalquage de dessins. Pour cela, on applique, sur une feuille de papiei portant un dessin imprimé, un émail plombique en poudre, qui adhère seulement aux parties dessinées. Cette feuille est ensuite reportée sur la porcelaine blanche et ce dessin est fixé par la cuisson (i).
Ce poudrage de la porcelaine est très dangereux, pince que les poudres employées contiennent jusqu’à 00 p. 100 de plomb et aussi parce qu’elles sont très finement pulvérisées, car, plus elles sont ténues, mieux elles adhèrent. Les ouvriers sont donc très exposés a 1 intoxication.
Il serait désirable que le poudrage fût remplacé par un
(1) Mazin, Les poudreuses des fabriques de porcelaine . Thèse de Paris, 1000.
autre mode de décalquage par voie humide, ou que les substances employées ne soient pas toxiques.
C’est à Limoges que l’on emploie le plus le poudrage. Le Dr Thouvenet a remarqué que l’intoxication saturnine des poudreuses de porcelaine est particulièrement grave et que l’encéphalopathie est fréquente et est même un accident du début (1).
A la suite d’un rapport de M. Napias (2), il a été interdit d’employer dans celte industrie les enfants, les filles mineures et les femmes.
9° Fabriques de poteries. — Pendant longtemps, on a employé pour l’émaillage des poteries des composés plombiques à l’état pulvérulent. On saupoudrait au tamis les poteries à vernisser, mais, en dehors des dangers que l’absorption des poussières faisait courir aux ouvriers, les préparations pulvérulentes ne laissaient sur les pièces qu’une couche de protoxyde de plomb fondu et non vitrifié, facilement attaquable par le vinaigre et les fruits acides.
Ce procédé a été remplacé par le trempage dans des émaux silico-plombeux contenant de 35 à 70 p. 100 de minium. Ces émaux, qui peuventêtre complètement vitrifiés, sont inoffensifs à l’usage, mais non pour les ouvriers qui pratiquent le trempage.
En France, une circulaire du ministre de l’Intérieur, en date du 19 juin 1878, a interdit la fabrication et la mise en vente des poteries, tant françaises qu’étrangères, vernies à l’aide d’enduits d’oxyde de plomb fondu ou incomplètement vitrifié.
10° Émaillage sur faïences et métaux. — La base des émaux employés est le calcium ou potée d’étain, préparé
(1) Thouvenet, Limousin médical , 1897, 1898, 1899.
(2) Napias, Recueil des travaux du Comité consultatif d’hygiène publique de France, 1895, p. 61.
en chauffant jusqu’à oxydation complète un alliage de 15 a 20 parties d’étain pour 100 parties de plomb.
Pour les émaux blancs, l’émail est composé de calcium, 44 parties; minium, 2; sable de Decize, 44; sel marin, 8; soude, 2.
Ces substances sont fondues d’abord, puis pulvérisées et délayées en une bouillie claire, dans laquelle sont trempées les pièces. Dans les émaux colorés en jaune ou en vert, on ajoute à la pâte une certaine quantité d antimoniate de plomb.
L’émail pour métaux se compose de 200 parties de calcium pour 100 parties de sable siliceux et 80 de carbonate de potasse. On les emploie soit en tamisant l’émail en poudre sur la surface à émailler préalablement recouverte d’une couche agglutinante, soit en les délayant dans une huile essentielle et en les étendant au pinceau. Le tamisage est, de toutes les opérations, celle qui est la plus dangereuse.
11° Fabriques de cristal. — Le cristal a la composition suivante :
Sable très lin 300 parties.
Minium • ••• 130 à 200
Potasse à 100
Grésil ou débris de cristal 150 à 300 —
Ces substances sont broyées, ce qui dégage des poussières et nécessite le port d’un masque respirateur et l'établissement d’une ventilation énergique.
Le taillage ducristal expose également l'ouvrier à 1 intoxication saturnine. La pièce à tailler est d'abord dégrossie à l’aide d’une meule de fer et du sable fin, puis elle est doucie sur une meule en bois avec des boues de sable et d’émeri de plus en plus fin, puis elle est polie d’abord sur une roue en bois enduite de potée d étain, et enfin sur une roue en liège garnie de laine avec du colcothar finement pulvérisé.
M. Guéroult a eu l’idée de remplacer la potée d’étain dont on enduit la roue en bois par de l’acide métastannique. Depuis 1891, ce procédé est employé aux cristalleries de Baccarat, et à partir de cette époque le médecin de la fabrique n'a constaté ni un seul cas d’intoxication saturnine, ni un accident aigu chez les anciens saturnins.
12° Fabrication des accumulateurs. — Pour fabriquer les électrodes, on garnit les alvéoles ménagés dans une plaque de plomb avec une pâte composée de litharge ou de minium et d’acide sulfurique. Les ouvriers qui manipulent ces substances sont très exposés à l’intoxication saturnine, et en 1899, à l’hôpital Bichat, sur une trentaine de coliques de plomb qui ont été soignées dans le service de M. Talamon, une moitié au moins ont été observées chez des électriciens, le reste se partageant entre des peintres,, des plombiers et des typographes.
D’après le rapport de Proust, l’intoxication serait également très répandue en Allemagne, puisque, dans une usine à Hagen, il y aurait eu en un an 37 cas de colique de plomb sur 252 ouvriers, et dans une autre, près de Wiesbaden, 12 cas sur 90 ouvriers (1).
Le moyen le meilleur pour empêcher ce mode d’intoxication est une réglementation minutieuse du travail, l’établissement de ventilateurs et l’application d'une hygiène rigoureuse de l’atelier (2).
13° Braise chimique. — La braise chimique, qui est employée par les ménages pour activer la combustion des foyers, expose les ouvriers employés à la fabriquer à l’empoisonnement par le plomb. Pour fabriquer cette braise, on l’imprègne d'azotate de plomb.
(1) Proust, Rapport au Conseil d’hygiène publique et de salubrité de la Seine, 1900.
(2) Draneourt, Des conditions d'hygiène des ouvriers des fabriques
d’ accumulateurs électriques (Bulletin de l'inspection du travail , 1902, n1 2 03 3 et 4: Annales d’hygiène publique et de médecine légale , 3e série, t. L, 1903, p. 302).
INDUSTRIES EMPLOYANT LES COMPOSÉS DU PLOMB. ai3
Dans un cas publié par M. Troisier, il y avait dans la braise G p. 100 d’azotate de plomb; dans d’autres échantillons, on en a trouvé de 13 à 14 p. 100.
Cette braise sert à allumer les feux et on la fait aussi brûler dans des réchauds ; les cendres recueillies représentent le quart du poids du charbon et sont presque entièrement composées d’oxyde de plomb (1).
14° Boulangeries et pâtisseries. — Parfois, les boulangers, par raison d’économie, ont chautré leurs lours avec des bois provenant de démolitions; ces bois peints avec des couleurs plombiques ont pu devenir l’origine d’intoxications graves.
Le Dr Ducamp a constaté en 1877 une épidémie de saturnisme due à cette cause, qui a frappé soixante personnes. Les plus atteints ont été les porteurs et les porteuses qui étaient chargés de brosser le pain et qui détachaient et absorbaient les poussières plombiques, particulièrement de l’oxyde de plomb dont le pain s’était chargé sur la sole du four (2).
D'autres cas ont été rapportés par M. Landrieux (3).
En vertu d’une ordonnance de police du 15 septembre 1877, confirmée par une nouvelle ordonnance du 24 novembre 1898, il est formellement interdit de faire usage, pour le chauffage des fours de boulangerie et de pâtisserie, de bois ayant été enduits de peinture et ayant subi des préparations chimiques quelconques.
15° Entretien despiles électriques de télégraphie. L’entretien des piles Leclanché, dans lesquelles le charbon est surmonté d’une tête de plomb, peut occasionner des accidents chez les ouvriers chargés de les tenir en bon état,
(1) Vinay, Quelques causes peu fréquentes d’intoxication saturnine. Thèse de Paris, 1902.
(2) Bulletin de la Société de médecine publique , 1877, p. 7/.
(3) Landrieux, Intoxication saturnine par la braise (Revue dhygiene,
car le sel ammoniac de la pile produit du chlorure de plomb, visqueux, adhérent aux doigts, pénétrant sous les ongdes et dans les plis de la peau.
16° Fabrication des mèches a briquet. — Ces mèches sont faites en coton de qualité inférieure; on les trempe successivement dans du chromate de potasse, puis dans l'acétate de plomb, etellessont ensuite travaillées en forme de mèche. Les accidents sont dus à Faction combinée de l'acide chromique et de l’acétate de plomb.
17° Filatures. — Les accidents observés dans les Filatures sont dus au chromate de plomb.
Dans le coton teint en flotte provenant des teintureries de Lyon, Roubaix et Rouen, on a trouvé parfois jusqu’à 10 p. 100 de chromate de plomb ; dans la bourre qui se détache au cours de la manipulation, il y en a 18 p. 100, et dans la poussière recueillie sur le sol des ateliers,
On a constaté une épidémie de saturnisme dans un atelier où l’on fabriquait une étoffe rouge avec des fils colorés en rouge par du bichromate de plomb (1). Pendant le travail, il se dégageait une épaisse poussière jaune.
18° Industrie de la confection. — On a signalé des cas d’intoxication saturnine chez des tailleurs qui avaient coupé des alpagas anglais de couleur noire dont la coloration était obtenue par le trempage de l’étoffe dans un sel de plomb, puis dans une solution d’hydrogène sulfuré.
Il y a eu également des intoxications dues a l’emploi des cordonnets noirs, les ouvriers ayant l’habitude d’amincir le bout du fil avec leurs dents, ou bien de le rompre et d’en mâcher des morceaux qui ont une saveur sucrée. Cette saveur est due aux sels de plomb et Chevallier a trouvé
(1) The British medical Journal , 1882, t. I, p. 8.
sur certains échantillons jusqu’à 20 p. 100 d’acetate de plomb. Gutemberg a extrait de 100 grammes de soie
17gr ,71 de plomb.
19° Toiles cirées. — Je vous ai déjà signalé, Messieurs, la possibilité de l’intoxication par les toiles cirées qui servent à la confection des capotes des voitures d’enfants ou que, sous le nom de nappes de famille , on place journellement sur les tables où l’on mange. Ces toiles contiennent des quantités considérables de plomb, variant de 11/ à 330 grammes par mètre carré.
20° Fabrication du cartonnage a la machine. — C est M. Duguet qui a attiré l’attention sur l’intoxication frappant les ouvrières d’un atelier de cartonnage à la machine.
« Leur travail consistait à prendre une à une, avec le doigt mouillé par la salive, de petites bandelettes de carton léger superposées, dont une face était grise et gommée, l’autre colorée en rouge-orange. Le doigt mouillé avec la saine touchait, pour la prendre, chaque bandelette par le côté coloré, puis retournait à la bouche pour être mouillé a nouveau et prendre de la même façon la bandelette suhante. » Or la coloration des bandelettes était obtenue par la mineorange, qui est composée d’un mélange de minium, de massicot et de céruse.
21° Fabrication des fleurs artificielles. — Je vous ai déjà parlé de l’industrie des fleurs artificielles h propos de l'intoxication arsenicale (1) ; j’y reviens a propos du saturnisme professionnel.
On a signalé des cas de saturnisme chez les ouvriers travaillant à la fabrication des fleurs diamantées, dont les reflets micacés sont obtenus par le tamisage sur un enduit mou de poussières plombifères. Cependant le mode le plus ordinaire d’intoxication est la manipulation des papiers
(1) Yoy. p. 56-
colorés au chromate de plomb, qui contiennent parfois jusqu a un dixième de leur poids de matière colorante. Les ouvriers s'intoxiquent en mouillant avec leur salive ces papiers pour les faire adhérer à la tige (1).