LIVRE TROISIÈME
ému seulement de la vue des victimes qui l' entourent, pousse son cheval dans les rangs de la garde nationale , et continue sa route presque porté par elle, au milieu d'innombrables cris de joie et de vengeance.
Les coups étaient partis du second étage d'une maison située en face du jardin Turc. En un instant elle fut investie par la garde nationale qui bordait les boulevards. On s'élança jusqu'à la pièce d'où étaient partis les traits fratricides, et l'on trouva encore fumante l'affreuse machine, composée de vingt-irinq canons de fusils.
Cependant le Roi continuait la revue, et les expressions nous manquent pour décrire l'enthousiasme avec lequel il était reçu par la garde nationale et l'immense population qui accourait sur son passage. Le danger auquel il venait d'échapper par miracle n'a. fait éclater qu'avec plus d'énergie les sentiments que lui porte une nation généreuse, si pleine d'horreur pour les lâches et les assassins!... Aussi la revue et le défilé se sont-ils achevés au milieu des transports que nous n'essayerons pas de dépeindre.
A cinq heures, le Roi était rentré aux Tuileries.
Mais si, en s'éloignant du théâtre du crime, le spectacle d'un roi entouré de tant d'amour pouvait rassurer les amis de leur pays, quelle douleur ne trouvait-on pas en arrière!... Tant de victimes si
froidement assassinées! tant d'honorables familles plongées dans le deuil!
Aussi ne devait-on plus songer aux plaisirs!... Un exécrable assassin n'avait que trop bien réussi à changer en un deuil public des jours de fêtes si impatiemment attendus et commencés sous de si heureux auspices! En effet, l'ordre a été donné de suspendre toutes les réjouissances; déjà même on en avait fait disparaître tous les apprêts.
Voici les noms des victimes :