LIVRE TROISIÈME
Afrique au commencement de 1830, il fut l'un des premiers à prendre possession de cette terre, où il devait mourir sept années plus tard. Le comte de Damrémont était dans Bône quand survinrent les événements de juillet 1830. Il reçut l'ordre d'évacuer cette ville, et à son retour à Alger il trouva le maréchal Clauzel investi du commandement en chef de l'armée d'Afrique. Comblé des bienfaits de la Restauration, le général Damrémont rentra un instant dans le cadre de disponibilité ; mais cette retraite fut courte. Quand il vit le gouvernement de juillet se consolider, il lui prêta serment. Il fut promu en décembre 1830 au grade de lieutenant général, puis appelé en février 1831 au commandement de la huitième division militaire. Son dévouement au nouveau gouvernement lui valut bientôt la confiance et l'amitié de Louis-Philippe, qui le promut à la pairie le 1 I septembre 1 833.
Par ordonnance du 12 février 1837 ce général fut appelé à remplacer le maréchal Clauzel dans le gouvernement de l'Algérie. Il assiégeait Constantine lorsque, dans la matinée du 1 2 octobre 1 837, occupé qu'il était de reconnaître si la brèche était praticable, il fut tué d'un boulet parti de la place.
Le lieutenant général d'artillerie comte Yalée s'empara aussitôt du commandement de l'armée, et le lendemain, 13, Constantine fut prise d'assaut, après une vive résistance.
Louis-Philippe ordonna que les restes mortels du comte de Damrémont seraient ramenés en France pour être déposés à l'hôtel des Invalides. Sa Majesté ordonna en même temps que la statue de ce général fût placée dans une des galeries de Versailles.
L'Algérie, s'associant au deuil de la métropole, ouvrit une souscription pour l'érection d'un monument en l'honneur du général qui avait payé de son sang la nouvelle conquête de la France.
Aujourd'hui dimanche, 8 juillet, monseigneur le duc et madame la duchesse d'Orléans, ainsi que madame la grande - duchesse de Mecklembourg , accompagnés de plusieurs personnes de leurs maisons, sont venues visiter l'hôtel royal des Invalides.
Les voitures dans lesquelles se trouvaient Leurs Altesses Royales sont entrées à l'Hôtel à deux heures, le prince et les princesses ont mis pied à terre sous le grand portique de la cour d'honneur, où les attendait le vénérable maréchal Moncey, gouverneur, entouré des officiers de son état-major, du lieutenant général commandant et des divers fonctionnaires de l'établissement.
Arrivé devant le front des officiers et militaires invalides rassemblés dans la cour d'honneur, le prince royal en a passé la revue et a adressé des paroles de bienveillance à plusieurs de nos vieux soldats mutilés de nos glorieuses campagnes. Leurs Altesses Royales se sont ensuite rendues à l'église,