LIVRE CINQUIÈME
Deux magnifiques peintures de Noël Coypel fixent particulièrement l'attention des connaisseurs.
Le premier tableau, occupant toute la voûte, représente la très-sainte Trinité.
Le deuxième, qui est placé au-dessus du même sanctuaire, représente l'Assomption de la sainte Vierge.
Dans leurs embrasures, ou voit des figures d'anges parfaitement groupées qui semblent former des concerts de musique.
Le tableau qui est à droite a été peint par Louis Boulogne.
L'espace occupé par les deux grands morceaux de Noël Coypel forme un demi -cercle renfermé entre l'archivolte et les deux impostes de la grande arcade du chœur et un arc-doubleau rampant , en plein cintre sous la voûte, dont il termine les peintures de ce côté ; ainsi , il sépare le tableau de la Trinité de celui de la sainte Vierge. Cet arc-doubleau, beaucoup plus élevé que l'arc du chœur, et un autre, entre l'archivolte qui est vis-à-vis du midi, sont l'un et l'autre richement ornés de sculptures et entièrement dorés.
La sculpture est de Paul Boutet.
Par la grande élégance de sa construction, par la prodigieuse richesse des matériaux qui le composent, le maitre-autel est à lui seul un monument dans ce monument.
On voit d'abord les quatre magnifiques colonnes qui supportent un riche baldaquin doré, surmonté d'une croix; au centre de ce baldaquin figurent, sur des colonnes portées par des anges, les initiales de saint Louis, patron de l'église.
Ces quatre colonnes, dites grand antique, sont en marbre noir et blanc, provenant de l'arrondissement de Saint-Girons, département de l'Ariége. Elles ont une hauteur de huit mètres , sans les chapiteaux et bases, sur quatre-vingt-dix centimètres de diamètre.
L'autel, admirable de simplicité, est en marbre noir tiré du département de l'Isère.
Tout le soubassement est en marbre vert de la plus grande beauté; il provient des Hautes et Basses-Alpes.
Les dix marches qui conduisent au maitre-autel sont en beau marbre blanc de Carrare.
Le soubassement entier de l'autel est composé en marbre noir et panneaux en grand antique, de forme elliptique, ayant de chaque côté un escalier en marbre blanc, conduisant à l'entrée de la crypte où se trouve le tombeau de l'Empereur, entrée qui est précédée à droite et à gauche des cénotaphes renfermant les restes mortels des maréchaux Du roc et Bertrand, les amis de Napoléon, aussi fidèles dans son infortune qu'ils l'avaient été dans sa puissance.