LIVRE CINQUIÈME
tableau représentant la déclaration de guerre aux Hollandais. Le roi, assis sur son lit de justice, semble la prononcer. Le monarque est accompagné de la Raison et de la Justice , que l'on reconnaît à leurs attributs, et qui semblent lui conseiller cette guerre. Pallas est à ses pieds, et la Muse de la guerre dresse le cartel de déclaration.
On voit, sur le devant du tableau, Bellone qui se prépare à répandre partout le désordre et l'horreur. Elle détruit tout ce qu'elle rencontre sur son chemin et paraît mépriser les cris d'un petit enfant qui court après elle. Dans l'enfoncement de ce tableau est le temple de Janus, d'où sortent des peuples épouvantés de la déclaration de guerre. La Paix, renversée par terre et soutenant à peine un rameau d'olivier, appelle un génie qui, s'étant revêtu d'un casque et d'autres armes, refuse de l'écouter et court à la guerre.
Sur le côté opposé, on voit la prise de Rheinberg, Orsay, Wesel, du fort de la Lippe, de Reès, de Schin, d'Emerick, de Guritz, Zutphen, Narden, Utrecht et Tiel.
Vis-à-vis, le peintre a représenté la prise des villes de Graves-Bommel , Grève-Cœur, fort Saint- André, Voorn, Nimègue, Znotzembourg, Oudenarde, Gulumbourg, Doesbourg, Vianem et Arnheim.
Dans le troisième réfectoire, côté sud-ouest, sur la porte d'entrée, on admire un grand tableau de
Louis XIV accompagne' de Minerve, de Bellone el de la Victoire.
Ce monarque se dirige vers la Meuse, qui semble déjà soumise; elle présente au roi la ville de Maastricht, figurée par l'étoile qu'elle tient à la main : ce sont les armes de cette ville. Au côté droit de ce tableau, le Rhin rend ses hommages au roi; l'Europe est de l'autre côté.
Dans la partie opposée aux croisées sont plusieurs tableaux qui rappellent différentes conquêtes du roi, telles que la prise de Maëstricbt, de Dinant, la bataille de Senef, la levée du siège d'Oudenarde par trois armées combinées : les Espagnols, les Impériaux et les Hollandais; la prise de Limbourg, etc.
Entre les fenêtres, le peintre a exécuté la prise des forts de Joux, de Besançon, de Dole et de Salins, pour la seconde fois, et celle de Lure, de Aresoul et de Fauconnier,
Au-dessous de l'antre porte est un grand médaillon qui représente la Clémence assise sur des trophées d'armes et tenant une Victoire à la main, a\ee cette inscription :
VICTORIS CLEMENTIA.
Dans le quatrième réfectoire de ce même côté sud-ouest, au-dessus de la porte, est un grand tableau du roi à cheval, donnant des ordres pour les expéditions de ses dernières campagnes. Vis-à-vis
des croisées sont d'autres tableaux où l'on voit les prises.de Valenciennes, de Condé, de Cambrai, de Bouchain, Saint-Omer, Aire, le secours de Maëstricht, la bataille de Mont-Cassel.
Dans les trumeaux qui séparent les croisées, on a peint l'embrasement du pont de Strasbourg, la prise d'Ypres, du fort Rouge, de Puycerda, Saint- Guilain, Fribourg, du fort de Lineck, de Bouillon, et la bataille de Saint-Denis, devant Mons.
Au-dessus de la seconde porte, on voit Louis XIV qui reçoit les remerciments des ambassadeurs d'Espagne, de Hollande et d'Allemagne pour la paix qu'il vient d'accorder.
Dortoirs.
Grandes salles servant de dortoirs aux sous-officiers et soldats, désignées sous les noms de salles Louvois, d'Hautpoul, Luxembourg et Mars.
Ceux du second étage sont les salles d'Assas, de la Tour d'Auvergne, de Bayard et de Kléber.
Ces dortoirs sont remarquables par leur étendue, par l'ordre et la propreté qui y régnent ' .
1 Sully, Vauban, d'Hautpoul, Vendôme. Desàtt, Joubert, etc.
Infirmerie.
Les locaux de l'infirmerie sont généralement vastes, spacieux, bien éclairés et bien aérés. Les dépendances se trouvent parfaitement distribuées à proximité des parties principales. Plusieurs grandes cours, converties en jardins, promenades, séparent les unes des autres et permettent ainsi l'accès, dans chacune d'elles, d'une grande quantité d'air et de lumière.
Chaque division de malades est confiée à un médecin traitant, du grade de principal ou de major, ayant sous ses ordres un certain nombre d'aides; tous sont placés sous la direction supérieure du médecin chef du service médico-chirurgical.
L'infirmerie est desservie par vingt-cinq sœurs hospitalières de l'ordre de Saint-Vincent de Paul et une dame supérieure.
Un local séparé, attenant à l'infirmerie, est consacré à leur logement; il contient un oratoire, un vaste dortoir et toutes les dépendances qu'exige leur service particulier.
On ne saurait donner trop d'éloges au zèle que ces respectables filles apportent dans l'exercice des pénibles fonctions dont la charité et le désintéressement absolu leur font supporter le poids.