‹ Les Iraniens: ZoroastreChapitre 16 sur 37 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

La loi révélée k Zoroastre. — Rachat des péchés par la prière, le pardon des offenses, les bonnes œuvres, les pénitences et la contrition. — Délivrance des damnés. — Jubilés. — Confession des péchés. -* Vie déplorable des pécheurs, en ce monde et dans l'autre. — Jugement des âmes. — Résurrection générale des corps. — Égalité des hommes devant Ormuzd. — L'enfer. — Le paradis. — Le code pénal. — Péchés capitaux. — Peines encourues. — Exploitation du code zoroastrien par les prêtres parses.

'instruire, connaître la loi, s'en pé-^ nétrer, est le premier devoir du mazdéen. L'auteur de la loi, c'est Zoroastre^ mais Zoroastre inspiré, intervenant au nom de la divinité suprême. Son rôle ne fut pas restreint à celui d'un auditeur à qui la loi aurait été révélée ; il n'a pas seulement entendu, « reçu par l'oreille » la volonté de Dieu; il a compris les vœux d'Ormuzd, il a formulé « avec sa propre science et son intelligence naturelle :/> les ordres de la divinité bienfaisante. La grande lumière de l'Éter-* nel éclairait le législateur, lorsque Zoroastre « prononçait

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TAvesta » ; son œuvre était réellement divine, car quel homme eut pu, comme Zoroastre, avoir en un même instant, la connaissance du passé, du présent et de l'avenir. Sa mémoire était pleine des choses que les générations disparues avaient accomplies, et il voyait les siècles à venir nettement. « Zoroastre, qui apporta au monde la connaissance de la loi, la lumière, savait, par son intelligence propre et par le canal de son oreille, tout ce qui avait été, tout ce qui était, tout ce qui devait être ». Zoroastre ayant donné sa loi, ayant promulgué sa science, livré aux Iraniens le grand secret d'Ormuzd, la plus grande faute que pourra commettre le mazdéen sera le « refus de s'instruire ». Parmi les maux qui sévissaient en Iran et tendaient à corrompre définitivement les Iraniens, le Vendidad cite avec véhémence « la surdité et l'aveuglement de l'esprit ».

L'homme, selon le code pénal de l'Avesta, peut pécher par pensée, par parole ou par action; sa faute peut être réfléchie ou irréfléchie. Qiielle que soit l'importance de la faute commise, et la cause de cette faute, que le péché résulte d'une pensée, d'une parole, ou d'un acte, qu'il y ait eu entraînement ou calcul, Zoroastre aflirme qu'une seule prière du pécheur, bien dite, suffira pour calmer l'irritation de Dieu; mais à la condition absolue qu'en demandant un pardon à Ormuzd, le mazdéen pardonnera, lui, à tous ceux qui l'ont ofiensé.

Le pardon efiace le péché, rend au pécheur sa pureté totale. La théorie zoroastrienne est formelle. L'homme fut fait par Ormuzd pour le paradis, et si des impuretés

viennent le rendre indigne de son destin, la bonté d*Ormuzd est capable de lui rendre sa pureté première, et il ne conservera aucune trace de sa souillure. « Celui-là est pur qui se purifie par la sainteté de la pensée, par la sainteté de la parole, par la sainteté de Taction. C'est la loi ». Le mazdéen en état de péché peut racheter ses fautes par l'accomplissement de bonnes œuvres ou par l'exécution de pénitences matérielles. Zoroastre donne aux pécheurs tous les moyens possibles de se réhabiliter. Le vœu charitable des mazdéens sera constant. « Rendez, ô Ormuzd, tous les pécheurs éclatants de sainteté ». Zoroastre fait plus encore. Le pécheur qui n'aura pas racheté ses fautes par de bonnes œuvres, ou par des pénitences, ne doit pas se désespérer; il lui suffira, pour qu'après sa mort il puisse « passer le pont » qui mène au paradis, d'avoir eu, ne fût-ce qu'un instant, l'intention, le désir du bien. « Oui, il est certain, a dit Ormuzd à Zoroastre, que celui dont les dispositions sont pures, dont les désirs sont purs, passera le pont. Ainsi que l'eau, par sa propre force, emporte au loin le cadavre qui est dans son sein, de même cet homme, par la force de son élan vers la pureté, éloignera les noirceurs cachées de son âme ».

Les mazdéens vivants, purs, peuvent racheter les fautes des mazdéens qui sont morts en état de péché, les délivrer du châtiment infernal, terrible, en « récitant des passages de l'Âvesta », en « faisant de bonnes œuvres ». Chaque année, pendant cinq jours, tous les mazdéens ont le pouvoir de « vider l'enfer » des âmes qui y souf-

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