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d'une sorte de chaleur fausse afin que l'arbre de vie, trompé, livre sa sève qui s'épanche, se répand, et se perd en une stérile souillure. Alors, le mazdéen doit se lever, prier douloureusement, afin que le grand Ormuzd fasse vivre dans le ciel l'enfant qu'il avait destiné à la terre. Cette œuvre du démon horrifie le mazdéen, ainsi que le voulait Zoroastre tout à son but.
La femme iranienne, souveraine maîtresse dans sa maison, peut, si elle est pure, intelligente, instruite, obtenir l'autorité, le commandement. Le législateur demande pourquoi « ces femmes supérieures », capables de commandement, éminemment utiles, ne seraient pas honorées au même titre que l'homme peut l'être. La terre, la douce et fructueuse Sapandomad, n'est-elle pas femelle, et ne lui consacre-t-on pas des invocations? « Je fais izeschné, écrit Zoroastre, aux fenunes pures, qui sont très saintes de pensée, très saintes de paroles, très saintes d'actions, intelligentes, bien instruites, bons chefs, comme à Sapandomad qui est fille d' Ormuzd». Dans ce qui constitue plus particulièrement la partie pénale de la loi, Zoroastre, après avoir édicté la peine de mort contre les mazdéens coupables de certains crimes, se préoccupe de la femme veuve d'un criminel. Il veut qu'après avoir établi la fortune du coupable exécuté, on réserve à sa femme la part nécessaire à son existence, et cela « avant de donner aux prêtres ce qu'ils attendent pour prier Ormuzd en faveur du mort». La femme est pour Zoroastre la compagne indispensable à l'homme; il n'y a pas, sans elle, en cette vie.
LES IRANIENS. — CH. VIII in
de joie possible, de bonheur complet. Se prenant à énumérer, dans son œuvre, tout ce qui peut constituer la récompense, en ce monde, d'un a mazdéen très saint », Zoroastre dit, avec une simplicité charmante, qu'à cet homme il faut donner : une source d'eau courante, un terrain irrigué, zébré de rigoles, et « tel, qu'on y fasse couler l'eau abondamment deux fois par jour», un parc à bestiaux divisé en neuf parties « closes de murs », une maison haute « avec terrasse », et « une jeune fille, vierge, âgée de quinze ans ».
Sur un point, Zoroastre nuit à la femme, radicalement. Cherchant à faire partout de la pureté, voulant poursuivre, combattre jusqu'à l'excès tout ce qui peut être pour le peuple une cause de corruption morale ou matérielle, il soumet la mazdéenne à la honte d'une séquestration périodique; il la déclare en état d'impureté naturelle une fois par chaque lune au moins. A ce moment, la « maîtresse de maison », fut-elle chef de lieu, trois fois sainte, célèbre, illustre, supérieure à toutes les femmes et à tous les hommes, la loi vient qui la fi-appe de déchéance, la dépouille, pour un temps déterminé, de sa propre dignité; on la relègue comme un animal immonde en un lieu spécial, où elle subira une désolante détention; vers un lazaret fatal elle sera conduite, où des règles absurdes, de monstrueux détails, d'odieuses pratiques ordonnées au nom d'Onnuzd lui feront une atroce vie.
A lire, dans le Vendidad, le texte du rite de la purification que doit subir la femme avortée, le mal vient
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au cœur. Il était admis, chez les Iraniens, que l'urine du bœuf possédait d'étonnants pouvoirs; c'était l'élément purificateur par excellence, le liquide incorruptible et assainissant. La femme en état d'impureté par avortement subissait l'humiliation épouvantable de minutieuses ablutions, plusieurs fois répétées, et faites non point au hasard, mais sur « neuf pierres » placées dans un certain ordre, sur un sol spécialement aménagé. Douze jours de purification sont prévus dans ce code navrant, dont trois au moins passés dans une complète séquestration. Le vêtement même de l'impure est un objet de répulsion; il ne peut être porté que par une autre femme en état d'impureté. « Ormuzd, dit le Vendidad, ne veut pas que d'autres personnes en prennent sur eux un seul morceau, ne serait-ce que la longueur d'un ourlet, ou la mesure d'un derem, ou un fil de la longueur de celui que les femmes tirent et filent sur le rouet ». Sur un terrain nu, couvert de sable, l'impure ne doit voir ni le feu, ni la lueur du feu, car son regard même est impur.
La loi qui a dit comment la femme impure par avortement doit être traitée et nourrie, dit avec la même précision les soins qui doivent être donnés à la femme et à la jeune fille isolées du monde par l'eSet d'un état naturel périodique : « On leur portera du grain dans du fer ou du plomb, parce que ce sont les derniers des métaux, avec deux dinars de lait caillé et un dinar de fruits secs ». Des ablutions, sur trois pierres différentes, sont ordonnées.
La séquestration des jeunes filles n'était pas très rigoureuse, puisque le code zoroastrien prévoit le cas où la séquestrée abuserait de la liberté relative qui lui est laissée : Le mazdéen « qui a la hardiesse de s'approcher d'une jeune fille en état d'impureté périodique » doit être fustigé rudement; s'il pousse sa hardiesse jusqu'à la folie; si, aveuglé par sa passion, ce mazdéen bravait la loi complètement, il ne pourrait plus être purifié, car il serait « comme s'il avait jeté dans le feu où l'on vient de brûler un cadavre, le propre fils qui serait né de lui ».
Hors du mariage, l'amour est illégitime. L'honmie coupable, en tel cas, si sa complice fut consentante, reçoit huit cents coups de fouet; il est irrémissiblement danmé, « il n'y a plus pour lui d'expiation possible », si la violence a servi sa passion. Ici le Vendidad étonne, parce qu'il est implacable et cruel. Doux et compatissant à la fille-mère qu'il protège, Zoroastre dit les devoirs de l'amant; et il admet que, si l'amant se dérobe, la mère ait le droit de le firapper de mort. Mais voici que la loi prévoit un cas où la victime subit le sort du coupable, où le fruit de l'amour lui-même doit être frappé. L'amant, la mère, l'enfant et la complice du crime commis doivent mourir par le poison ; « on les mènera devant le prêtre ou devant le roi, qui firappera, détruira, fera périr l'enfant avec du suc d'arbre, et lorsqu'on aura détruit l'enfant, on aura soin d'en faire autant à l'homme, à la fille et à la gardienne ».
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Ce que voulait le législateur, c'était l'accroissement des Iraniens ; cette hécatombe d'êtres, cette loi terrible qui aboutit au sacrifice de quatre existences pour racheter une seule faute d'amour, est excessive et contradictoire; Zoroastre n'a pas pu dicter ces cruautés. Le même fargard, en eflfet, dit que l'on tuera la « fille qui détruit elle-même son propre fruit »; que la fille-mère doit être « absolument nourrie » par le père de son enfant, et il se termine par cette catégorique déclaration : « Dans quelque lieu que les femelles portent leurs prières et demandent du secours, les chefs doivent absolument les nourrir ». Il faut donc voir dans ce passage, d'ailleurs obscur, qui édicté la peine de mort contre l'enfant, la mère, le père et la gardienne naturelle de la fille, l'œuvre des prêtres qui succédèrent à Zoroastre.
Le texte dit positivement que les coupables seront menés devant le destour ou devant le roi; ce n'est pas Zoroastre qui aurait désigné de tels juges. Cette intercalation évidente est un acte clérical; il n'y a, au monde, qu'un prêtre qui soit capable d'exiger la mort de quatre personnes, non comme un châtiment en rapport avec la grandeur du crime commis, mais comme une vengeance en rapport avec la colère vaniteuse du juge impuissant et jaloux. Bien autrement bon, et juste, et humain se montre Zoroastre, toujours.
Comment le législateur aurait-il pu déployer tant de sévérité contre une pauvre fille-mère, alors que, dans la loi, rien n'est édicté contre les lemmes pubUquement amoureuses, « gaies et contentes, qui se tiennent par
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les chemins et se nourrissent au hasard de ce qu'on leur donne ».