‹ Les iris dans les jardinsChapitre 2 sur 111 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

. L'Iris est la fleur des artistes et c’est aussi celle des | poètes: elle est délicate et légère entre toutes les fleurs . de nos jardins, et c’en est bien la plus élégamment dé- | coupée. Voyez l'assemblage des diverses parties de son * périanthe — pardon, c’est le terme consacré, le nom technique qui doit indiquer la corolle des Iridées — et dites s'il est une fleur plus gracieuse et plus belle. Les à rois de France l'ont choisie pour leur drapeau et en ont fait la fleur de Lys ou de Loys (puis ce que c’est un Louis qui l’a prise pour emblême); de telle sorte que à cet Iris de Germanie, qui n’a d'allemand que son nom 3 est devenu le signe de ralliement des vieux Français. Il ÿ est vrai que les Francs étaient des PORDE d'où peut- | être Pimbroglio.

La fleur du plus simple de nos Iris ne vaut-elle pas br brillants Orchidées exotiques que d’aucuns cultivent … à grands frais dans des serres surchauffées et le labelle de l'Iris lævigata ne vaut-il pas celui de plus d’un Catt- | leya? L'Iris est, à juste titre, chéri du peintre et du

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sculpteur: et, il n’en estaucun qui, possédant un jardin, | n'y cultive ces fleurs merveilleuses. Son origine mythologique nous indique d’ailleurs la valeur que lui attribuaient les Anciens. La belle Iris, messagère de J uno, personnifiait l’arc-en-ciel dont elle portait le nom et. les Grecs du temps d’'Hippocrate donnèrent le nom de : cette déesse à la fleur aux diverses couleurs. |

Depuis fort longtemps cette plante joue un rôle dans l'ornementation et la décoration des jardins. Avec les Roses, les Pivoines et les Lys, elle a animé les platesbandes de nos vieux pères et, dès le moyen âge, on l'a vue sur les terrasses des châteaux. Il se peut fort bien. que les Romains l’aient utilisée également et que l'Iris germanica qui couvre les rochers de l’ancien emplacement d’Urbiginum (Orbe) au pays de Vaud, provienne de leurs cultures. Son importance comme plante de décoration. de collections et de fleuristes s’est considérablement accrue et, grâce aux belles espèces que l'Orient et le Japon nous ont fourni, la mode des [ris est fort en vogue à l'heure qu'il est. |

Voilà pourquoi, lorsque M. Massé m'a adressé son : invite de collaborer à un travail que, excellent praticien comme il l’est, il eût été à même de faire sans moi, j'ai répondu par un oui très convaincu. Après avoir visité les belles collections d'Angleterre, celles de feu mon ami : le Révérend Ewbank dont le gracieux jardin s’abrite à l'ombre du clocher de $' John. dans la riche île de Wight et que sa veuve et ses enfants continuent à soi-

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gner; celles de Sir Michaël Foster, à Shelford sur Cambridge, qui sont les cultures classiques croissant sur un sol sacré pour tout Iridomane; celles de Miss Willmott à Warley, richissimes jardins que j'éprouve un plaisir toujours renouvelé à visiter : celles du jardin

ticultural Society à Chiswick: celles de feu mon excellent ami G. F. Wilson à Weybridge et à Wisley, dans ce

Jardin fameux et fantastique que le commandeur Th.

Hanbury vient d'acheter et d'offrir en cadeau — cadeau princier — à la Royal Hort. Soc. Après avoir, depuis longtemps, suivi avec intérêt les essais de cultures d’Oncocyelus faits par nos illustres compatriotes Ed. Boissier. l’auteur universellement réputé de la Flora Orientalis 4 et le père des cultures d'Oncocyelus. et Marc Micheli,

qui, sur les terrasses de son vieux château féodal re-

construit par Agrippa d'Aubigné et maintenu par la

. famille Micheli, avait acclhimaté tous les Iris susceptibles de l'être. Après avoir aussi visité Max Leicthlin à Baden-Baden et ses terrasses d'Iridées merveilleuses; vu au Midi tout ce qu'il y a à voir dans ce domaine, de

l'Italie ce qui reste de beau et d'intéressant, de l’Autriche ce qu'on y cultive encore, je suis allé à Haarlem

en pélerinage et J'ai visité là les cultures les plus inté- ressantes qu'il m'ait été donné de voir parce que c'est

de l’acclimatation pour la distribution et la vulgarisa-

tion de ces merveilleuses filles de Flore.

Après avoir done vu tout cela, j'ai dit à M. Massé que

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