PROPRIÉTÉS THÉRAPEUTIQUES
Les Iris sont connus depuis l'antiquité la plus recu- lée et sous la même dénomination qu'aujourd'hui.
Du temps de Théophraste, (371-286 avant J.-C. c'est-
à-dire environ trois siècles avant Jésus-Christ) et de Pline l’ancien (23-79) au premier siècle de l'ère chré-
tienne les Iris étaient déjà renommés et, au dire de
ces auteurs, jouissaient d’une grande réputation. On leur attribuait une foule de propriétés mystérieuses dues aux racines de la plante, qui guérissaient de la | rage, calmaient les colères et les courroux, apaisaient la Terre (ete.).
E - Les Iris, auxquels les anciens attribuaient ces vertus
. singulières, étaient sans doute les Iris à rhizomes, pro-
bablement du groupe Z. germanica.
Malgré la beauté de leurs fleurs, les Iris ne paraissent pas avoir été employés dans la confection des couronnes dont on faisait un grand usage à cette époque.
? Probablement à cause de la fragilité de leurs pétales.
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Ce fait nous porte à croire qu’on ne les cultivait pas
pour leurs fleurs mais uniquement pour les rhizomes.
L'efficacité des Iris dans la production des effets déjà mentionnés, dépandait autant du mode d'emploi que de la plante elle-même. L’arrachage des rhizomes était spécialement délicat et soumis à tout un cérémonial.
Une continence de plusieurs jours était exigée de l'opérateur. Ce n’était pas trop payer les services ren-
dus par les merveilleuses racines. Au jour marqué, on se rendait près de la plante; afin d'attirer les bénédictions du ciel, on faisait une libation de miel.
L'opérateur s'avançait alors et avec la pointe d’une : épée, il traçait autour de la plante trois cercles successifs, comme pour indiquer la séparation d'avec le reste
des végétaux et sa consécration définitive. Apres tous
ces préparatifs et avec des précautions infinies, on. retirait les racines de terre, on les lavait avec de l’eau
pure et on les emportait pour les faire sécher ; au dire
de Dioscoride et de Pline, négliger quelques-unes de:
ces cérémonies, arracher les Iris sans précaution c'était
enlever à la plante toute sa valeur et se priver de ses propriétés bienfaisantes".
Cette antique influence attribuée à l'Iris a ddnié naissance à plusieurs traditions curieuses où la légende
se mêle à l'histoire. Raconter toutes ces légendes serait
fastidieux. Une seule nous suffira.
S'il faut en croire une tradition, l’Iris aurait joué
Ces rites compliqués font naturellement songer au cérémo-
nial de la cueillette du gui si bien décrit par AMÉDÉE THIERRY dans son Histoire des Gaulois.
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un rôle jusque dans les destinées de la Gaule devenue » France et les anciennes armoiries de nos rois conserveraient encore le souvenir de cette intervention. C'était pendant les guerres de Clovis avec les Wisi- » voths, la veille de la bataille de Vouillé. L'armée francque marchait à la rencontre d’Alaric IT et de ses sol- - dats, campés sur le Clain. Il s'agissait de traverser la Vienne; mais les eaux étaient profondes et le corps des . pontonniers n'existait pas encore. Une biche sauva la situation. Epouvantée par le cliquetis des armes, la “pauvre bête fuyait devant l’armée. Afin de se mettre à abri, d'instinct ou par habitude elle se dirigea vers la rivière, la passa sans difficulté et s’enfonça dans les . bois. Elle était sauvée, et elle sauvait l’armée avec elle en Jui indiquant un gué*.
. Au même endroit croissait en abondance lIris des rivières. Z. Pseudo-acorus. Clovis reconnut cette plante sans peine etse souvint de la merveilleuse action qu'on lui attribuait. Clovis vit là une intervention cé- leste. Cette biche qui venait juste à point pour décou- vrir un passage aux soldats, ces fleurs renommées s’épanouissant au même endroit; il en fallait moins à cet esprit superstitieux pour croire à la bienveillance . divine. Descendant de cheval, il alla cueillir une de ces . tiges fleuries et la prit en gage de sa future victoire, La journée en effet fut glorieuse. Clovis vainquit et 7 de ses RRepRe mains Alaric IX roi me W isigoths.
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effet de l'Iris; il regarda désormais cette plante comme l’attribut de la victoire, et il ordonna d'en confectionner des fleurs en or et en velours pour en revêtir ses plus beaux ornements. Et voilà comment les fleurs qui rayonnent aux armes de France ne seraient pas des lys mais des Iris. Cette conclusion paraît confirmée par la forme traditionnelle donnée à ces armements du blason. Il est, en effet assez difficile d'y voir la forme d'une fleur de lys, du lilium candidum par exemple: elle a, au contraire, une grande ressemblance avec la fleur de l'Iris, soit de l’Iris des marais dont on aurait redressé | une des trois divisions externes du périanthe soit de V’Z. germanica, coupée verticalement en ne laissant que deux divisions externes du périanthe et une division interne entre ces deux dernières. Enfin une dernière preuve se trouve dans la dénomination même de l’Z. Jlorentina qui se nomme parfois l’« Iris aux armes de France ».
De nos jours encore, en certaines parties de la Bre-
* L’Héraldique semble d’ailleurs être d’accord avec notre hypothèse. En Angleterre l’Iris Pseudo-acorus est parfois nommé. flag-flower (Heur du Drapeau) surtout chez les peuples où per- . siste l’élément normand. Dans un bel ouvrage, Flowers and Flowers love, le Rev. Pasteur FRIEND (vol. II, p. 400) dit que le mot Fleur de Lys est sans aucun doute une corruption du mot Fleur-de-Luce (Fleur de Louis) et que cela vient de ce que Louis VII, partant pour les croisades choisit une fleur d'Iris qu’il arbora sur son casque, ce qui fit qu’on la nomma Fleur de Louis. Friand donne toute une série de légendes sur ce sujet. Ce qui est certain c’est que c’est Louis VII qui arbora le premier la fleur de lys sur ses armes et que c’est en 1180 qu’ap- . paraît le premier blason richement fleurdelisé. Plus tard, sous