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ESPÈCES A RHIZOMES

Plantation. — La détermination du moment pour la plantation des Iris à rhizomes est assez délicate. On peut même dire dans une certaine limite qu'il n'y a pas de règle générale, mais seulement des cas particuliers.

Dans la pratique, qui hélas, est souvent routinière, l’automne et le printemps sont les deux époques généralement choisies pour la plantation des Iris à rhizomes. Ce sont du reste les deux époques où l’on plante la majeure partie des plantes vivaces, bien qu’elles ne soient pas toujours favorables à la réussite de beaucoup de ces plantes.

Nous n'avons certes pas à nous plaindre des plantations faites au printemps. Pour beaucoup d'Iris à rhizomes elle donne d’assez bons résultats sinon au point de vue de la floraison qui est toujours médiocre et parfois nulle dans l’année de la plantation. Mais elle est bonne quant à la reprise qui s'effectue dans d'assez bonnes conditions : encore faut-il entendre par printemps le temps qui s'écoule entre le 1‘ mars et le 15 avril. La plantation doit coïncider exactement avec le commencement de la végétation.

A l'exception de quelques espèces excessivement vivaces comme les Iris hybrides des jardins (Z. germanica), et de celles qui végètent l'hiver (Z. Oncocyclus) et Regelia), la plantation automnale donne en général des résultats médiocres, surtout lorsqu'elle est effectuée dans la dernière moitié de cette saison.

Les Iris à rhizomes plantés en automne ne font absolument rien en terre jusqu’au réveil de la végétation. Ils ne commencent à pousser que quatre à cinq mois après la plantation. Il est donc facile de comprendre que c’est les exposer à une perte presque certaine que de livrer en cette saison leurs rhizomes à la pleine terre. Les racines ont été plus ou moins mutilées pendant l’arrachage; elles ne peuvent plus reprendre. L'humidité continuelle et difficile à éviter à cette époque achève l’œuvre de destruction.

Encore peu expérimenté dans nos premières années de culture, nous avons souvent éprouvé de fâcheuses déceptions dans nos plantations d’automne, et nous avons appris à nos dépens qu'il ne faut planter qu’en été.

En effet le meilleur moment pour la plantation et la transplantation des Iris à rhizomes est sans contredit l'été, aussitôt après la floraison. Dans cette saison, toutes

les espèces appartenant aux catégories rustiques et non

rustiques peuvent être plantées avec pleine chance de

succès. Il suffit d'entretenir le sol dans un état d’humi-

! Cette affirmation peut paraître un peu absolue à ceux qui, dans le centre et l’est de la France, en Suisse, en Italie et dans

les climats continentaux, ont des hivers moins humides que ceux

où expérimente l’auteur. Il y a donc lieu d’y apporter quelque tempérament. Il ne faut pas oublier que les amateurs font venir

de l’étranger des Iris qu’il est impossible de transplanter à

l’état de plantes vertes et qu’on expédie à l’automne. (H. C.)

dité suffisant au tempérament et aux besoins particuliers à chacune des espèces.

Un horticulteur bien connu, M. van Tubergen de Haarlem nous écrivait à ce sujet: «J'ai remarqué qu’en transplantant les Iris à rhizomes, il faut toujours opérer aussitôt après la floraison, époque où ils poussent nombre de racines et pourront par conséquent résister à l'hiver suivant ».

C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité toute pratique de planter les [ris à rhizomes en été et non en automne,

Les espèces comprises dans les sections Ococyclus et Regelia Se plantent pendant leur période de repos ordinairement de novembre à février.

Ces plantes exigent une culture spéciale qui diffère un peu de celle des Iris à rhizomes des autres sections et nous nous permettons de renvoyer le lecteur au chapitre culture des Oncocyelus, où il trouvera des renseignements Spéciaux.

Après avoir parlé des époques où doivent se faire les plantations, nous allons dire un mot des autres conditions requises pour la prospérité des Iris. Nous donnerons aussi quelques détails sur la manière de choisir les plantes.

Le terrain qu'on veut utiliser doit, au préalable, être soigneusement préparé. Il sera défoncé à environ un fer de bèche, on y apportera tous les éléments qu’il ne contient pas déjà et qu'exigent certaines espèces pour prospérer et fleurir normalement. Des additions de sable, de calcaire ou d'argile y seront faites si cela est

nécessaire. Le terrain sera drainé ou irrigué suivant les cas. En un mot, on ne négligera rien pour assurer la bonne végétation. Toutefois, comme nous l'avons précédemment dit, on fumera très peu: mieux vaut ne pas fumer du tout que de fumer à l'excès. L'excès dans ce sens provoque une végétation exubérante qui se produit au détriment de la floraison. Bien souvent aussi les plantes, dans cet état de végétation, continuent à pousser jusqu’à l’arrière-saison sans que les rhizomes et les bourgeons aient eu le temps de se fortifier avant les pluies d'automne. Viennent ensuite les intempéries de l'hiver, qui provoquent leur dépérissement.

Les Iris à rhizomes actuellement cultivés dans les jardins sont assez nombreux et de nature très variée. Aussi est-il possible d'en faire de multiples emplois.

Il en est qui peuvent avantageusement contribuer à l’embellissement des parcs. On les dispose un peu partout, au bord de l’eau, sur des talus ou sur les parties les plus accidentées et les plus arides du jardin. Plantés par petits groupes dans les clairières, pas trop loin des allées pour qu'ils puissent être vus de près, ils font aussi un merveilleux effet.

Les bordures, les plates-bandes, les corbeilles où les Iris se trouvent seuls ou associés à d’autres plantes seront partout d’une ornementation superbe.

Dans certains pays, en Bretagne, en Suisse, en Italie, etc.,on rencontre l’T. germanica même sur les vieux murs et les toits de chaume. L’impression qu’en emporte le voyageur est d’abord de l’étonnement qui se change

bientôt en admiration. On aime à voir des fleurs partout.

Les espèces qui ne peuvent supporter les rigueurs de nos hivers seront plantées de manière à pouvoir être abritées pendant l'hiver. Nous donnons plus loin, dans un paragraphe spécial, toutes les conditions à observer pour cultiver ces espèces.

Pour effectuer une plantation à demeure on devra, autant que possible, ne choisir que des plantes de premier choix, c’est-à-dire saines et vigoureuses en touffes de moyenne grosseur. Ces plantes peuvent provenir soit de semis, de divisions antérieurement repiquées, ou de divisions séparées au moment de planter.

Les divisions ou éclats se détachent des pieds mères avec une bèche. La touffe est, au préalable, déchaussée d'un côté, puis avec linstrument on sectionne avec soin, de façon à détacher une portion assez forte, qui peut être, après coup, dédoublée si la touffe est encore trop forte.

Qu'on opère par le relèvement partiel ou complet de la touffe, on doit toujours, pendant l’arrachage, extraire le plus grand nombre de racines possible en évitant de trop les mutiler. Les racines et les rhizomes seront ensuite maintenus et rafraîchis à l'endroit des coupes avec une serpette; puis, immédiatement, on saupoudrera les coupes avec de la poussière de charbon de bois (pour préserver les plaies de la pourriture) enfin les feuilles seront conservées s’il est possible dans leur état naturel.

Quant aux divisions fragmentées sous un trop petit

volume elles seront plantées séparément (voir le chapitre: Multiplication) et pourront donner par la suite de bonnes petites touffes.

On procède à la plantation des touftes en ouvrant des trous avec une bèche à une profondeur proportionnée à la longueur des racines; on y dépose les touffes en enterrant très peu les rhizomes car plus ils sont exposés aux rayons du soleil et plus ils produiront l’an suivant, des tiges à fleurs. Leurs racines devront être bien étalées dans le sol.

Après la plantation, surtout si elle se fait en été où la terre est plus sèche, il est nécessaire de donner un peu d’eau aux plantes afin de faciliter la reprise. Lorsque l’enracinement est complet on supprimera les arrosages où on les entretiendra suivant la nature des espèces cultivées.

Culture en pleine terre, soins qu’elle comporte. — Suivant les cas, la culture en pleine terre des Iris à rhizomes peut être temporaire ou permanente : temporaire lorsque les plantes sont cultivées pendant un laps de temps en pleine terre pour être ensuite relevées et mises en pots, en terrines ou en bacs et permanente

lorsque les plantes sont uniquement destinées à vivre

en plein sol. Dans l’un ou l’autre cas les soins à observer sont les mêmes. | I] y à encore lieu de distinguer dans la culture en pleine terre celle des plantes de plein air, et celle des plantes exigeant une couverture pendant la mauvaise

saison. Nous renvoyons au paragraphe Culture sous

verre pour les plantes exigeant le vitrage en hiver et

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