CANAL DE CASTELLON
des conduits. Sur ces .arcades reposent les murs de la berge dont le couronnement est à 5n,,83 au-dessus de la couverture en bois du siphon.
Un bassin précède le siphon en amont ; sa largeur est de 23 mètres sur 65 mètres de longueur, et le fond est au niveau du seuil des conduits; c'est sur ce bassin que s'ouvre le déchargeoir du canal conduisant à la Sesia. En aval, le raccordement avec le fond du canal s'effectue par un plan incliné.
, Des travaux de défense très importants sont venus considérablement augmenter le prix du siphon. La Sesia, dont le débit moyen est de 70 mètres cubes, est sujette à des crues très violentes pendant lesquelles le
débit croît jusqu'à 800 mètres cubes. Digues et éperons, banquettes et enrochements, fondations en béton le long des berges, résistent difficilement au régime d'un cours d'eau torrentiel qui se porte de plus en plus vers une des rives. La nécessité de faire fonctionner le déchargeoir, impose de relever les eaux du canal à peu de distance en aval du siphon; ce qui augmente la charge d'eau à supporter par les conduits tubulaires et peut causer de graves dommages.
La situation générale du siphon est indiquée par le plan des abords (fig. 1 38).
Espagne. — Les Arabes, en Espagne, comme les Ro.
mains, avaient fait de nombreuses applications du siphon pour la conduite des eaux.
Jaubert de Passa décrit le siphon qu'ils ont construit sous la Rambla, au torrent de la Veuve (fig. 140), pour Je canal d'arrosage de Castellon. Ce siphon se trouve à peu près reproduit dans l'ouvrage construit pour le
canal du Jucar, sous le baranco ou torrent de Carlet. D'après l'ingénieur Aymard (i), la voûte qui forme Tentrée du siphon a 3mï5o d'ouverture. La largeur du canal est en ce point d'environ 6 mètres; mais sur une douzaine de mètres, avant d'atteindre le siphon, il est encaissé entre des murs en aile, qui réduisent la largeur à 3m,5o. L'entrée du siphon est fermée par une grille en fer dont la surveillance est confiée à un gardien dont la maison est placée au-dessus dfe l'entrée. La sortie, après un parcours de 140 mètres, est encaissée entre deux murs en aile, réunis par trois arcs isolés. L'orifice est entièrement noyé dans les eaux qui s'échappent à grande vitesse. Au pied de chacune des berges, un puits ou regard est clos par de fortes maçonneries. D'après les ren scignements recueillis sur place, le siphon même, avec un radier plat, des pieds-droits et une voûte en plein cintre, aurait im,8o de largeur et 2 mètres [de hauteur sous clef (fig. 141).
Le radier est horizontal entre les deux regards, et les parois intérieures sont recouvertes d'un enduit hydrofuge. La différence de niveau des eaux, à leur entrée et à leur sortie, est de i"\49 ; Ja vitesse moyenne de l'eau, de 3ln,o5 par seconde, et le débit, de 9,912 mètres cubes, soit de 10 mètres cubes, correspondant aux deux cinquièmes du jaugeage du canal (2).
(!) Irrigations du midi de V Espagne, 1864, p. 83.
(2) Kn appliquant la formule de Bélanger [Cours d'hydraulique, p. 46),
r = L?L(aC -+-R*2) -+- i.tf —
dans laquelle Ç représente la différence de niveau ,•"-/ le périmètre delà section du siphon, <j> la section du siphon, a et b les coefficients constants d'Eytelwein soit a = 0,000,022 et b — 0,000.28 \\g l'intensité de la pesanteur = 9,8088, on trouve pour la vitesse moyenne de l'eau U « 3,o5 et en multipliant U par la section w — 3,25. on obtient pour Je débit Q 9,912 m. cubes.
France. — Dans certains canaux en France, comme nous l'avons déjà mentionné à l'occasion des épanchoirs , des siphons ont été exécutés, parmi lesquels il y a lieu de citer Faqueduc-siphon de Saint-Ague (Haute-Garonne) et Tépanchoir-siphon de Ventenac (Aude), sur le canal du Midi. Ce sont là des ouvrages qui ne se réfèrent pas directement aux arrosages.
Nous préférons indiquer dans la figure 142, le type des siphons établis couramment sur le canal d'irriga-
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Fie. 142. — Canal des Alpines; coupe longitudinale