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Vidalin, Journ. agric. prat., 1874, t. II

FlG. 377- - A» ARROSÉt PAR ADOS.

le bord d'une seule rigole longue de 40 mètres, tandis que dans le second, elle se déverse sur le bord de deux rigoles, longues chacune de 5o mètres; ce qui représente un développement total de 200 mètres et quintuple la consommation d'eau. En rapprochant deux fois plus les rigoles versantes des ados, pour obtenir un arrosage plus actif, on consommerait deux fois encore plus d'eau. Ce procédé n'est donc utilement applicable que là où l'agriculture dispose abondamment de sources et de canaux. Très répandue dans les contrées à prairies, la méthode des planches en ados est la plus précise de toutes sous le rapport de l'uniformité de la distribution de l'eau et de Tégouttement du terrain, pendant les intervalles de chômage; mais comme elle exige de fortes dépenses et des courants d'eau copieux et constants, elle convient surtout à des prairies à surface peu inclinée, et à production intensive. Les plaines de la Lombardie en offrent de nombreux et remarquables exemples, notamment pour les prés d'hiver, ou marcites, que nous décrivons plus loin. Elle est bien représentée aussi dans les Vosges, arrondissement de Saint-Dié, d'où elle s'est propagée dans la Moselle, la Meurthe et l'Ain. La Suisse, la Belgique et la Hollande la pratiquent également. Dans les comtés du midi de l'Angleterre ; Hampshire, Berks, Wilts, Gloucester et Dorset, les prairies en adossement ont été longtemps arrosées par les eaux des rivières Itchin, Kennet, Avon, etc., mais la culture des fourrages verts permettant de nourrir les bêtes en mars et en avril, sans recourir aux prairies irriguées, cette méthode qui exigeait un capital de premier établissement de 1,200 à 1,800 francs par hectare, a été peu à peu délaissée (1). En Allemagne, l'irrigation par planches, in-

(1) Ph. Pusey, Journ. Roy* Agric. Soc. of En gland, 18^9, vol. X. t. 11. 28

troduite et perfectionnée aux environs de la ville de Siegen, sur la rive droite du Rhin, s'est développée beaucoup depuis le siècle dernier, en raison môme de l'importance qu'a prise la production du fourrage. La méthode de Siegen, propagée par les maîtres irrigateurs, s'est acquis une réputation, assurément méritée, en raison de Part avec lequel le sol est nivelé, dressé, et arrosé conformément aux règles scientifiques.

d. Ados larges. — La planche en ados, nous l'avons déjà montré (fig. 190), représente un prisme triangulaire dont le cube s'obtient en multipliant la moitié de la hauteur par la largeur et par la longueur. Lorsque l'ados ou le prisme est étroit, une seule rigole placée le long de l'arête suffit pour arroser les deux versants ; lorsqu'il est large, chaque versant est parcouru en outre par une rigole de déversement; ce qui fait trois rigoles de déversement pour les larges ados. Ces dernières planches se rapprochent le plus des plans inclinés simples ; leur établissement se justifie, le sol étant sec, s'il n'y a pas assez de pente pour des planches ordinaires, et trop peu d'eau pour des planches en ados étroits.

Plus on donne de pente aux deux versants, jusqu'à atteindre celle de 4 pour 100, plus on peut espacer les rigoles d'irrigation. A une pente de 4 pour 100 correspond d'ordinaire, dans un terrain de perméabilité moyenne, une rigole d'irrigation pour une largeur de 5 à 6 mètres (1). En admettant que la planche ait 20 met. de largeur totale, il y aura ainsi, outre la rigole courant sur la crête, deux autres rigoles partageant chacun des versants en deux parties, soit quatre parties, ou plans, pour toute la planche.

Les deux plans supérieurs sont arrosés par la rigole

(1) Villeroyet Mûllcr, loc. cit., p. i53.

du milieu et les deux plans inférieurs par les rigoles intermédiaires qui reçoivent l'eau à volonté des branchements verticaux de la rigole supérieure. Les trois rigoles de déversement doivent être parfaitement horizontales, quelle que soit la longueur des planches, jusqu'à ioo mètres, et même au delà.

Comme plus une planche est longue, plus elle a de largeur, et plus il faut d'eau pour l'arroser , il arrive, quand on dépasse certaines dimensions, que Ton fait de la rigole supérieure une rigole principale et de chaque versant un plan incliné auquel s'appliquent les observations que nous avons précédemment exposées.

De toutes manières, pour assurer l'écoulement des colatures, il convient d'assigner à chaque planche, du côté du pignon, un peu plus de hauteur et de pente.

Les frais d'établissement des planches larges sont très élevés. En effet, pour donner sur 2 5 m. de largeur une pente de 4 pour 100 à chaque versant, le calcul indique une hauteur de om,5o pour l'arête du billon; c'est-à-dire un mouvement de terres considérable, d'autant plus coûteux que les terres devront être jetées plusieurs fois à la pelle , ou transportées au moyen d'attelages.

Les planches larges pèchent presque toutes par l'inclinaison des versants. On les fait trop plates afin de ménager la dépense, et on obtient ainsi, une construction défectueuse. Villeroy observe qu'elles deviennent de plus en plus rares; comme disposition favorable du sol, il donne en plan et en coupe la figure d'une planche large, avec rigole principale au milieu, et deux rigoles de déversement (fig. 278). Dans cette figure, aa représente la rigole d'amenée; £, la rigole alimentaire de l'arête; ce, ce, les rigoles verticales de répartition \dd,dd, les rigoles de déversement; e ey les rigol es d'écoulement;/, le fossé colateur ; g, le pignon de la planche. Les deux triangles

dont les points À- k sont les sommets indiquent l'augmentation de pente qui a été reportée sur le plan inférieur de chaque versant.

Perels (i) admet pour les grands ados une largeur variable de 16 à 3o mètres; les rigoles de distribution ont à l'origine, de om,20 à om,24 de largeur au fond.

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Fie 278. — Plan et coupe suivant MN d'une planche en larges ados.

et se réduisent à o'",i6 à l'extrémité, pour une profondeur comprise entre oœ, i5 et om,20. Les colatures ont une profondeur de om,2o, une pente minima de un demi pour cent, et une largeur croissante de l'origine jusqu'à l'extrémité.

e. Ados étroits. — Les ados étroits dont les versants sont arrosés par une seule rigole suivant la ligne de faîte, sont installés sur autant de planches, pour une

(1) Handbuchder Landw. Wasserbaus , p. 61a.

même rigole alimentaire, que le terrain le permet. Cette dernière rigole longe la tête des ados dans le sens de la plus grande pente et alimente les rigoles de déversement, tandis qu'une rigole de colature longe le pignon des ados et recueille les eaux d'égouttement de chaque double versant.

Quand la rigole alimentaire offre une inclinaison trop prononcée, on la partage en plusieurs biefs, et chaque bief distribue l'eau à un ensemble de planches formant un compartiment d'irrigation.

La figure 279 représente en plan et en coupes la disposition partielle d'un compartiment dans lequel EE désigne la rigole alimentaire; G H, la rigole de colature; rrr, les rigoles de déversement ]vvv , les rigoles d'égouttementau pied des versants de chaque ados. Une coupe en travers indique le profil suivant A B, et une coupe en long, le profil suivant C D. Il est facile de voir par la section transversale que les remblais des ados sont fournis par les déblais en forme de V, faits entre deux ados, de manière à se compenser sans transport de terre.

Cette compensation résulte de ce que la hauteur audessus du sol primitif est égale à la profondeur au-dessous, et que les pentes sont les mêmes pour chaque versant.

Largeur. — Les inclinaisons ont une grande importance pour le succès de l'irrigation par ados. D'après Texpérience acquise dans les Vosges, en Angleterre, dans le Milanais, la largeur des plans inclinés, ou de chaque aile, variant de 4 à 5 mètres, leur inclinaison est fixée au douzième ou au quinzième de cette largeur (1). Lorsque le terrain est très perméable , la pente des planches n'est que le vingtième de leur largeur. Sur les

(x) Polonceau, loc. ciï., p. 104.

terres grasses et argileuses, elle est plus forte que sur les terres légères et sablonneuses.

. y///////. ////y/,//;/W//Ïjy//* Fig. 279. — Plan et coupes d'une planche en ados étroits.

Nadault de Buffon (1) constate que, dans des cir-

(1) Journ. agric. prat., 1880, t. I.

LES IRRIGATIONS. 43g

constances exceptionnelles, la largeur du double ados a été portée jusqu'à 5o mètres, mais en règle générale, pour les terres fortes , elle estde i5 à 16 mètres, et pour les terres meubles, de 10 à 12 mètres. Du reste, la largeur, qui dépend du degré de perméabilité du sol, varie aussi d'après les accidents du sol irrigué.

Les Allemands font intervenir dans la détermination de la largeur des planches, la question de sécheresse et de perméabilité. Plus ,1e sol est humide et marécageux, plus les planches doivent être étroites. Pour un terrain sec, avec sous-sol perméable, la planche peut avoir 12 mètres de largeur, soit 6 mètres à chaque aile; mais pour un terrain humide et tourbeux, elle ne doit pas excéder 4 mètres, soit 2 mètres par aile. L'avantage qu'il y a, dans le doute, à construire plutôt des planches étroites que des planches larges, résulte de la plus grande facilité et de l'économie d'établissement des ados étroits.

Schenk compte que, sur une largeur de 5 mètres, les ♦Vais ne s'élèvent qu'à la moitié de ce qu'ils seraient pour une largeur de 8 mètres, et au quart de ce qu'ils seraient pour une largeur de 12 mètres (1). Perels indique la largeur des ados comme mesurant en moyenne 10 mètres; 12 mètres est un maximum et 6 à 7 mètres un minimum, dans les sols peu perméables (2).

Pareto pose comme limites extrêmes, 4 mètres dans les terres perméables, 3o mètres dans les terres argileuses, soit 2 et i5 mètres pour chaque aile, tandis que Keelhoff, dans la Campine, admet 10 mètres pour les sols sablonneux et 1 6 mètres pour les sols compacts , soit 5 et 8 mètres pour chaque aile.

(1) Villeroy et Mûller, loc. «7., p. 145.

(2) Ijoc. cit., D. 6î2.

(2) Ijoc. ci/., p. 6î2.

On regarde comme essentiel, en France, que la largeur de chaque aile soit un multiple entier de ce que Ton appelle Yandain, c'est-à-dire de la largeur sur laquelle la faux coupe l'herbe : de telle sorte que dans les Vosges, où Ton emploie la petite faux, l'andain étant de im,90, l'aile de chaque planche doit avoir pour largeur 3m,8o ou 5m,7o; dans l'Ain et ailleurs, où les grandes faux sont en usage, l'andain étant de 2m,20, la largeur de chaque aile devra être de 4m,4o ou 6m,6o. Au surplus, une môme planche peut offrir une largeur variable d'une extrémité à l'autre, quand la forme du terrain l'exige. Perels rapporte aussi qu'il faut donner comme largeur aux ados un multiple de l'andain, de im,8o à 2 mètres. On a alors pour

met. mit.

4 largeurs d'andain 7.20 à 8.00

Largeur de la rigole de déversement. . 0.20 à 0.2 3 Largeur d'une colature, c'est-à-dire de

2 moitiés 0.20 à o.25

Ensemble 7.60 à 8.5o

soit en moyenne 8 mètres.

Les conditions si variées de nature et de configuration des terrains, de régularité des arrosages, de facilités d'entretien et surtout d'économie dans la dépense de l'eau, qui est indispensable dans certaines contrées, font qu'il ne saurait y avoir de règle générale.

Hauteur. — La hauteur des ados est en rapport direct avec leur largeur. Plus une planche a de hauteur, relativement à sa largeur, et plus elle offre de pente. Ainsi pour une hauteur de oro,48 et une largeur d'aile de 4 mètres, l'ados aura une pente de om,i2 par mètre. A l'extrémité de chaque planche, près du pignon, la pente est maintenue un peu plus forte, en raison même de celle que doit avoir la rigole d'écoulement. Comme pente

moyenne, pour des prés non humides, on peut admettre de 5 à 10 pour 100.

Pareto estime que la hauteur des ados doit être un maximum dans les terrains très perméables. Pour une planche de 3o m. de largeur, le maximum étant de om,6o et le minimum de om,3o, les ailes auront une pente de 4 et de 1 centimètre par mètre . Pour une planche de 6 mètres de largeur, om,2o et oœ,2 5 de hauteur correspondront à des pentes des ailes de om,o65 et om,02 5 par mètre.

La figure 280 représente le profil transversal d'une

t *,o* -m c,ao — j

V6 -^ v* -dj.

Fig. 280. — Profil d'une planche en double ados étroit (Berri).

planche en double ados étroit, montrant l'inclinaison et la largeur des ailes, ainsi que le profil des rigoles. Cette planche fait partie de l'irrigation de Saint-Laurent sur Baranjon, exécutée par Pareto dans le Berri (1).

Longueur. — Pour la longueur des planches, il y a tout autant de variations en pratique, que pour leur largeur et leur hauteur, car elle est également subordonnée à la nature et à la pente du terrain. La longueur en effet doit être d'autant plus courte que la pente est plus forte et le terrain plus perméable; dans ce dernier cas, il vaut mieux établir deux compartiments avec remploi d'eau que d'en faire un seul trop long.

Pu vis admet des longueurs de 100 et de 200 mètres ^2;

(1) Loc. cit., t. III, p. to3o.

(2) De la méthode d'irrigation des prés des Vosges, 1846.

tandis que Keelhoff, qui a construit des ados variant entre 6 et 1 5o mètres de longueur, admet comme plus convenable une longueur de 25 à 3o mètres. Pareto ne pense pas, malgré de nombreux exemples et ce qu'en dit Puvis pour les Vosges, que Ton doive dépasser 8o à 90 mètres : si la pente est assez forte pour exiger que la longueur soit moindre de 40 mètres , les ados ne s'appliquent qu'avec désavantage. En Lombardie, où la méthode est pratiquée avec une véritable perfection, la longueur atteint dans certains cas jusqu'à 100 mètres; mais s'il y a tant soit peu de pente, elle ne dépasse guère 40 mètres.

Pente des rigoles. — Dans les ados courts, les rigoles horizontales de déversement offrent une pente de om,oi à om,o2; dans les ados longs, de 3o mètres par exemple, la pente se répartit de manière à donner aux premiers 1 5 mètres om,o45 de pente, et aux 1 5 autres mètres une parfaite horizontalité qui arrête un écoulement trop rapide vers le pignon des planches.

La pente des rigoles d'écoulement n'a pas autant d'importance. Comme elles ne commencent d'ordinaire qu'à 1 mètre de distance de la rigole d'amenée, on donne à l'ados la forme d'un talus triangulaire en tête de chaque rigole d'écoulement, comme en A (fig. 28 iN; ou bien, au-dessous de la rigole principale, et parallèlement avec elle, le terrain étant très humide, on dispose une petite colature qui empêche l'eau de s'infiltrer dans les ados, comme en B ^fig. 281;.

Les rigoles de déversement et d'écoulement sont toujours droites; il n'en est pas ainsi de la rigole principale et du fossé colateur qui peuvent être courbes , en suivant sur le sol une ligne de niveau, ou à faible pente, à laquelle les premières rigoles sont normales. Le profil en long des rigoles de distribution et de colature

offre partout la même profondeur; leur pente qui peut être très faible, mais uniforme, est d'un demi-millimètre par mètre. Quanta leur profil transversal, variable suivant la quantité d'eau qu'elles doivent recevoir, il va en diminuant de largeur, depuis l'origine jusqu'à l'extré-

Fie 281. — Dispositions des rigoles d'écoulement en tête des ados.

mité, les deux bords restant exactement au même niveau. La rigole d'amenée établie en remblai pour pouvoir fournir Peau aux rigoles de répartition placées sur l'arête des planches, permet de donner à celles-ci, audessus du fond de la rigole principale, une hauteur qui décroît progressivement. Ainsi, la rigole principale destinée à arroser 10 planches, ayant une profondeur

de ora,5o, et les rigoles de répartition om,i 5, la première de ces rigoles aura son fond à om,45 plus haut que le fond de la rigole principale; c'est-à-dire qu'elle prendra l'eau à la surface; la seconde rigole aura son fond à om,4o; la troisième à om,35, et ainsi de suite jusqu'à la dixième qui aura son fond de niveau avec celui de la rigole principale. On arrive de la sorte à alimenter régulièrement les rigoles qui prennent l'eau à un niveau d'autant plus bas que la hauteur dans la rigole principale diminue au fur et à mesure de la dépense.

Nombre d'ados. — Le nombre de planches que dessert une rigole maîtresse dépend avant tout de la situation du terrain. Si le sol a beaucoup de pente, il ne saurait convenir d'établir beaucoup de planches, à moins d'abaisser celles du niveau supérieur et d'exhausser celles du niveau inférieur. Au contraire, sur un terrain qui a peu de pente, on peut augmenter le nombre de planches, mais en formant deux ou plusieurs divisions, à chacune desquelles on attribue sa rigole particulière d'alimentation. Dans le nord et le midi de l'Espagne, la pratique indique 200 mètres comme largeur maximum du groupe de planches que supplée une rigole principale.

Quelle que soit la disposition adoptée , il importe de ménager à l'extrémité inférieure des ados (fig. 282) un chemin AA, suffisamment large pour le passage des voitures qui enlèvent le foin. On peut lui donner une légère pente qui permette de l'arroser en plan incliné, en utilisant la rigole d'écoulement bb\ alors le colateur principal est installé en ce.

Travaux et distribution, — C'est à la fin de l'automne, ou au commencement de l'hiver, que se font les travaux des ados, consistant dans l'enlèvement des gazons et l'établissement des planches, en partie à la charrue, et en

partie à l'aide des ouvriers terrassiers qui emploient la bêche, la pelle ou Técobue. Les Vosgiens et les Piémontais excellent dans ce genre de travail. Quand on a recours à la charrue, il ne faut pas moins de 5 à 6 labours pour donner aux planches le bombement néces-

Fig. 282. — Chemin d'accès d'une planche en adds.

«aire, et plusieurs coups de rouleau pour égaliser la surface des ailes.

Les talus bien réglés, on les laisse reposer pour qu'ils reçoivent les pluies favorables au tassement. C'est seulement après ce tassement que Ton gazonne les ailes, par un temps pluvieux , en serrant bien et battant les gazons; ou bien l'on sème, après avoir arrosé et répandu

les engrais, préalablement mélangés au râteau avec la terre.

L'été suivant, les gazons étant bien fixés, ou les graines ayant pris bonne racine, on arrose pour abreuver les ailes, en faisant déborder avec une grande abondance les rigoles par leurs doubles bords. Si le déversement est tant soit peu inégal , on devra redresser les crêtes, les exhaussant, ou les rasant, afin que la distribution se fasse uniformément et que toute dépression disparaisse, pouvant donner lieu à une stagnation de l'eau dans les versants.

Pour donner ou retirer l'eau, il suffit de lever les vannes des rigoles de répartition et fermer celles de la colature, ou réciproquement. L'eygadier doit souvent parcourir le terrain; on estime qu'il peut surveiller l'irrigation de 25 à 3o hectares de prairies en ados.

Quand l'eau de la rigole ne suffit pas à l'irrigation de toute une planche, on l'arrose en deux fois, en bouchant la rigole à mi-longueur par un gazon. Parfois, pour mieux faire déborder l'eau sur certaines parties, on établit une patte d'oie, en creusant à la pioche une demiétoile de petites rigoles; mais, aussi bien pour les planches que pour les rigoles de niveau, cet expédient n'est pas toujours recommandable.

L'arrosage en vue d'herbes précoces, bonnes à faucher ou à pâturer au printemps, commence au mois d'octobre. Si le temps est beau et doux, on n'arrose que la nuit; l'herbe profite le jour des influences de l'air et du soleil. S'il gèle, on arrose constamment pour garantir l'herbe de la congélation, et à défaut d'un volume d'eau suffisant, on n'arrose constamment qu'une partie. Il vaut mieux ne pas arroser du tout que de suspendre l'irrigation pendant qu'il gèle. Quand il y a beaucoup de neige au printemps, on arrête les arrosages; en été,

on arrose suivant les besoins, mais surtout pour abreuver la terre, et après chaque fauchaison.

Dispositions diverses. — Le terrain étant très large, il convient d'installer deux séries de planches, placées en équerre par rapport à la direction du canal alimentaire (fig. 283).

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Fie 283. — Double compartiment de planches en ados étroits.

M M étant le canal de la rangée supérieure, si on peut établir celui de la rangée inférieure sur le bord opposé, en M' M', le canal d'écoulement N N, placé entre les deux rangées, servira à la fois à Tégouttement des deux compartiments.

Une autre disposition, employée dans la Campine belge (fig. 284), consiste à diriger les planches perpendiculairement à la rigole principale, suivant la pente du terrain, lorsqu'elle est peu considérable. Les planches,

disposées symétriquement à droite et à gauche de chaque rigole principale, ne sont limitées dans leur longueur que par la nature du sol ; les rigoles d'écoulement peuvent être communes à deux séries de planches consécutives, ou rendues indépendantes pour chaque série;

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Fie. 284. — Double compartiment de planches en ados étroits,

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