PARTIELLES (TRÈS HAUTES CHUTES
d'Euler, Teau entre par le dessus de la couronne mobile et en sort par le dessous.
Pour ne pas perdre de chute, il faut ainsi placer la face inférieure de la couronne au niveau d'aval le plus bas, et s'il est constant, la turbine est toujours dénoyée, contrairement à ce qui se passe pour l'appareil Fourncyron, qui marche plongé dans Teau d'aval pour utiliser toute la chute.
Dans la turbine Fontaine (du système Euler) que repré-
sente la figure iSy, B est le canal d'arrivée aboutissant à une chambre d'eau, formée de deux murs latéraux en maçonnerie hydraulique, d'un cadre en charpente A, et d'une cloison verticale D, également en bois.
La couronne fixe F est boulonnée sur le cadre A, et la couronne mobile H est calée au bas d'un arbre creux L, dont le pivot est disposé à l'étage supérieur. L'arbre fixe
FiG. 157. — Turbine Fontaine; coupe verticale.
central qui porte à son extrémité supérieure la boîte-crapaudine du pivot, est clavetée par le bas K, dans un support en fonte, boulonné sur une pierre dure engagée dans le radier du canal de fuite. Le croisillon de la couronne fixe sert de boîtard à l'arbre creux, et ce dernier est entouré, pour éviter la perte d'eau motrice, par un fourreau en fonte I qui s'élève un peu au-dessus des plus hautes eaux d'amont.
Le vannage est formé de 32 vannettes verticales en fonte, (fig. i58) qui glissent dans des rainures pratiquées dans les joues latérales de la couronne fixe ; cha-
que vannette est attachée à une tige en fer que deux écrous fixent sur un cercle en fonte. Le cercle est lui-même suspendu à des tringles verticales T en fer forgé, terminées en haut par une partie filetée qui s'engage dans un écrou de rappel en bronze m, placé sur le plancher de l'étage supérieur. Chaque écrou m porte un pignon droit/?, et tous les pignons/? engrènent avec une roue unique r.
En actionnant la roue r dans un sens ou dans l'autre,
FiG. i58. — Turbine Fontaine; détail dk la couronne fixe, mobile
ET DU vannage DISTRIBUTEUR.
on détermine la rotation des écrous, de façon à produire l'exhaussement ou la descente des tiges T, du cercle r qu elles soutiennent et des 32 vannettes. Quand on ouvre les vannettes du tiers et du quart de la levée totale, on réduit la dépense d'eau de la turbine au tiers ou au quart de sa capacité.
Au lieu de réduire proportionnellement l'ouverture de tous les orifices du distributeur (à moitié ou au tiers), comme dans le modèle décrit , il est préférable , pour ne pas affaiblir le rendement du moteur dans les basses eaux, de n'ouvrir complètement que le nombre d'orifices correspondant au volume à dépenser (soit la moitié ou le tiers) : c'est ce qui s'obtient par des vannages partiels.
Ces vannages partiels peuvent se réaliser avantageusement de deux manières, soit par des vannettes-tiroirs verticales, pouvant se lever les unes après les autres, soit par des secteurs ou papillons, manœuvres par un mécanisme spécial qui découvre partiellement un certain nombre d orifices à la fois.
En associant les vannes-tiroirs et le papillon, on parvient à graduer exactement l'ouverture du nombre d'orifices nécessaires pour ne dépenser que le volume d'eau fourni par la rivière.
Turbine Jonval. — Avec la turbine Jonval, du système d'Euler, on peut s'établir en un point quelconque intermédiaire, entre les niveaux d'amont et d'aval d'une chute, quand on a soin de laisser au-dessus de la couronne fixe A (fig. 159) une hauteur d'eau seulement suffisante pour prévenir les tourbillonnements et les entonnoirs. . La couronne mobile B est calée au bas de l'arbVe en fer dont le pivot tourne dans une crapaudine, au centre d'un croisillon. Les bras du croisillon sont boulonnés à la bâche en fonte D qui enveloppe la turbine et descend jusqu'au radier du canal de fuite pour se recourber horizontalement et donner issue à l'eau.
La turbine n'étant pas munie de vannage, la dépense se règle à l'aide d'une vanne verticale R, placée à l'orifice de sortie de la bâche en fonte. Cette disposition fait qu'il se produit un étranglement, avec perte de chute d'autant plus grande que le volume d'eau est plus réduit, et qu'il faut diminuer la vitesse de rotation proportionnellement à la diminution de la vitesse de l'eau dans les orifices de la directrice A, constamment ouverts en entier, faute de vannettes.
Turbine Kœchlin. — On a cherché à remédier, mais imparfaitement, dans la turbine Jonval-Kœchlin, à ce sérieux inconvénient, en employant des coins obtura-
teurs pour rétrécir la largeur des orifices de la turbine. De même, pour obvier à l'abaissement du rendement à Tétiage, quand le volume du cours d'eau varie, on a proposé d'installer deux appareils dont la capacité est cal-
FiG. 159. — Turbine du système Jonval.
culée de façon à s'approprier à la dépense d'eau et à diviser la perte. Dans les crues, les deux appareils marchent, et à l'étiage, on ne fait marcher que celui établi en vue des basses eaux.
Dans le cas de chutes élevées ou moyennes, la turbine
Jonval étant placée au-dessus des plus hautes eaux d'aval,
offre l'avantage de pouvoir être visitée et réparée en toute
saison, sans que l'on ait recours à des moyens d'épuisement.
La figure i6o représente en élévation et en coupe la turbine à double effet de Kœchlin, utilisant un récepteur placé à un point quelconque de la chute, entre les deux biefs superposés. Il résulte de cette disposition, à volonté, du récepteur ou de la turbine, que Peau agit par la vitesse et par la pression de la colonne inférieure : c'est le principe Jonval développé. Dans la figure 1 60,
a désigne la roue d'eau ou turbine; by Taxe de la turbine;
c, la crapaudine et support de l'axe b ;
d, la couronne fixe, avec ses aubes en hélice ou directrice;
e, l'enveloppe de la turbine; /, le bief supérieur ;
g, le bief inférieur; h, la. vanne du bief/; ï, la vanne du bief g^; K, le Hotteur;
/, le palier supérieur de l'arbre b; m , le support du palier /;
n j l'arbre de transmission supporté par un autre palier assujetti également à m.
C'est en passant de / en g^ au travers de la couronne ou guide d de la turbine et de son enveloppe qui forme le canal de jonction entre les deux biefs, que l'eau imprime le mouvement à la turbine.