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COUSSINETS DES POMPES ET ASSEMBLAGE DES TIGES

marchant à 900 tours par minute , à raison de 4 mètres cubes et demi par heure. Le puits ayant une surface de 8 mètres carrés, la pompe était placée à la profondeur de 18 mètres (i).

Applications en Éf7Pt««

Dans ces dernières années, l'emploi de la vapeur comme force motrice pour les appareils d'irrigation, s'est beaucoup développé en Egypte, en raison du bon marché croissant des chaudières, des machines et des pompes centrifuges, faciles à transporter et à installer. On estimait qu*en 1882, la Basse- Egypte employait 2, 5oo machines à vapeur représentant une force totale de 25, 000 chevaux.

L'installation la plus répandue comprend une locomobile, abritée sous un hangar ou une hutte, attelée à une pompe centrifuge qui puise dans le canal.

Pour une altitude moyenne, on évalue la dépense en charbon nécessaire à Tarrosage d'un hectare à 1 10 kilogrammes, ou en bois de cotonnier, à 290 kilogrammes. L'administration des domaines de l'État égyptien compte sur une dépense moyenne en charbon, huile, etc., de 3 fr. 56 par hectare arrosé; c'est-à-dire qu'à ce prix on élève les 700 à 800 mètres cubes que consomme l'arrosage d'un hectare.

Pour l'irrigation des plantations de canne à sucre dans la Haute-Egypte, oti l'on ne peut cultiver qu'en élevant mécaniquement l'eau du Nil, la machine oscillante et la pompe rotative du système Greindl sont montées sur un chaland en fer, et le tuyau de refoulement s'élève, supporté par une sorte de beffroi, jusqu'à la hauteur

(i) J. Richards, On irrigating machinery on the Pacifie coast; Ensineering, 1887.

voulue au-dessus du niveau de la berge. Cette installation mobile a donné de bons résultats.

III. — ALIMENTATION DES VILLES ET DES CANAUX. . a. Machines hydrauliques,

1. France. — Un certain nombre de villes sont alimentées par des machines hydrauliques; nous avons déjà signalé l'application de quatre roues-turbines, du système Girard, dans l'usine de Saint-Maur, près de Paris. Ces roues ont été également employées pour la ville d'Oran. Un exemple plus ancien est fourni pour Talimentation de Versailles, par rétablissement de Marly, restauré en i858, comportant l'installation de roues hydrauliques en rivière.

Marly, — L'établissement de Marly, grâce aux perfectionnements successifs dont il a été lobjet, offre un exemple intéressant de l'eau utilisée comme force motrice pour s'élever elle-même. Situé à l'extrémité du barrage sur la Seine, qui forme une retenue de 8 kilomètres de développement, le bâtiment, disposé pour contenir six roues, en renferme quatre, de 1 2 mètres de diamètre sur 4", 5o d'épaisseur, emboîtées dans des coursiers en maçonnerie, recevant l'eau de côté et comprenant chacune 64 aubes planes. Les vannes qui alimentent les roues construites en tôle sont manœuvrées par un treuil dont le mouvement se communique par des engrenages aux crémaillères que portent les vannes. Chaque roue commande quatre pompes horizontales à piston plongeur ^t à simple effet, dont le diamètre est de 0^,39. Les conduites de refoulement communiquent avec des réservoirs d'air, destinés à régulariser la pression entre 16 et 17 at-

mosphères. Quand les eaux sont moyennes, les roues marchent facilement à la vitesse de 3 tours par minute ; mais la vitesse moyenne de Tannée est un peu inférieure à deux tours et demi. D'après les nombreuses expériences faites à diverses vitesses et sous des charges d'eau difféférentes, la quantité élevée par chaque roue varie entre i,5oo et 2,4op mètres cubes par jour.

L'effet utile des trois premières roues installées en i858, si Ton tient compte des chômages, des crues et des réparations, a été trouvé de 5, 600 mètres cubes d'eau, montés à î6o mètres, au rései-voir des Deux- Portes, par chaque jour de l'année. La pose d'une quatrième roue en 1 864 a permis d'assurer d'une manière normale le service de la consommation à 8,000 mètres cubes par jour.

Les conduites ascensionnelles en fonte, partant de la chambre des roues, montent jusqu'à l'aqueduc de Marly, qui a 600 mètres de longueur, le parcourent dans une cuvette et descendent par un siphon, pour remonter dans le réservoir qui alimente la ville et le château de Versailles.

La figure 187 représente la vue intérieure de l'établissement hydraulique de Marly (i).

Paris, — Lorsqu'il fut question en 1 854-55 d'augmenter la distribution des eaux de la ville de Paris, Girard proposa d'utiliser la force que représente la chute d'eau du Pont-Neuf, à l'aide de turbines-hélices, à axe horizontal, qui marchent dans les hautes eaux en offrant un débit croissant malgré la diminution de la chute. Avec quatre turbines de 8 mètres de diamètre et une chute minimum de o™,4o, pendant une moyenne de 845 jours par an, faisant marcher des pompes aspirantes et foulantes à axe horizontal, il eût été possible d'élever 5 0,000 mètres cubes d'eau en 24 heures, à 45 mètres de hauteur

(i)E. Marzy, l'Hydraulique j 1871.

moyenne au-dessus des hautes eaux ordinaires. L eta-

blissement des machines dans le terre-plein du Pont- Neuf, qui occupe;,6o mètres de longueur sur i6 mètres de largeur, eût coûté un million et demi de francs.

Quoi que Ton ait pensé alors de ce projet, comme complément de la canalisation des sources, il eût permis de remplacer avec profit les machines à vapeur par des moteurs n'exigeant aucune dépense de combustible, et d'élever une masse d'eau notablement plus forte et plus pure. Fort peu d'applications de machines hydrauliques ont été réalisées pour les canaux de navigation, aussi bien que d'irrigation. Un seul exemple en France est offert par le canal de l'Est.

Canal de l'Est. — Le canal de l'Est, destiné a rétablir sur le territoire français les voies navigables interceptées par la frontière de 1 87 1 , relie le canal de la Marne au Rhin, entre le bassin de la Meuse et celui de la Moselle, sans écluses, par le grand bief de Pagny (18 kilomètres). Ce bief de partage, situé à 148 mètres au-dessus de Givet et à 39 mètres au-dessus de Toul, dépend pour son alimentation de trois prises d'eau, avec machines élévatoires, installées sur la Moselle en amont de Toul. Ces trois groupes de machines représentent une force totale de plus de 600 chevaux et comprennent chacun deux turbines actionnant directement trois pompes doubles horizontales, à piston plongeur, du système Girard. C'est à l'ingénieur Callon que fut confiée l'exécution de cette usine hydraulique, à la suite du concours ouvert par l'administration des ponts et chaussées.

2. Italie. — Les canaux italiens n'offrent aussi qu'un seul exemple important de machines élévatoires portant les eaux à 42 mètres de hauteur, pour l'irrigation.

Sur le versant escarpé qui borde la vallée de la Dora Baltea, à 10 kilomètres en amont de Saluggia, trois terrasses sont desservies chacune par un canal creusé à mi-

LES IRRIGATIONS. yoS

côte. Les trois canaux del Rotto, de Cigliano et d'Ivrea sont ainsi étages à la cote de 3 mètres, de lo mètres et de 3i mètres au-dessus du niveau de la Dora. A 19 mètres plus haut que le canal d'Ivrea, le vaste plateau qui couronne la berge se trouvant privé de toute irrigation, un syndicat se constitua dans le but d'y élever les eaux.

Un volume de 700 litres d'eau par seconde, pris au canal d'Ivrea et conduit 20 mètres plus bas jusqu'au bord du canal de Cigliano, est refoulé à la côte de 42 mètres pour atteindre le niveau du plateau, par huit pompes qu'actionnent quatre turbines Girard recevant une chute de 6°*,5o. L'eau du canal de Cigliano passant au canal inférieur del Rotto fournit cette chute.

Chaque turbine de 4™, 10 de diamètre extérieur fait mouvoir deux pompes à l'aide d'une seule manivelle.

D'après les conditions du marché passé avec les constructeurs Roy et C*% de Vevey, pour l'utilisation en principe de 1 ,23o litres d'eau par seconde, élevés à 22 mètres, le prix des machines fut convenu de 23o,ooo francs; celui des installations de 3 00,000 francs, et les constructeurs s'engageaient pendant dix ans, moyennant 8,000 francs par an, à maintenir, puis à laisser l'usine en état.

Les pompes, travaillant sous une charge de 20 mètres, ont mal fonctionné dès le début et exigé de nombreuses modifications quant au jeu des soupapes. De plus, elles avaient été exécutées pour un volume total à soulever de i,23o litres, tandis que ce volume se trouva réduit à 700 litres par seconde. Les turbines, qui devaient marcher à une vitesse de 3o tours à la minute, ne purent travailler qu'à 12 ou i5 tours, au détriment du débit. Les perfeaionnements apportés depuis aux clapets, grâce à l'établissement de chambres d'air, etc., ont permis d'at-

7o6 LES IRRIGATIONS.

teindre le débit primitivement fixé à i,23o litres (i). LadépensetotaledeTinstallation représente 700,000 fr. ; celle des réparations 100,000 francs; enfin, il est payé annuellement au gouvernement pour Teau d*irrigation une redevance de 5, 000 francs par mètre cube.

b. Machines à vapeur.

Les machines à vapeur actionnant des pompes de divers systèmes alimentent depuis longtemps des villes très importantes, pour le service privé et municipal. Aussi bien à Londres où les six compagnies des eaux recourent aux machines , qu'à Birmingham, à Nottingham, à Wolverhampton, etc. ; Albany, à Pittsburg , à Chicago, etc., aux États-Unis; à Montréal, au Canada; des centres considérables de population dépendent uniquement de Télévation par des machines à vapeur, du volume d'eau dont ils ont besoin pour leur consommation.

1. France. — En France, des machines élévatoires fonctionnent depuis 1842 pour le service des eaux de Toulouse; depuis i856, pour le service des eaux de Lyon, etc.

Paris. — Lorsqu'il s'est agi de la dérivation des eaux de la Dhuis et de la Vanne, dans le but d'augmenter le volume d'eau de distribution dans Paris, divers projets ont été présentés, reposant sur l'utilisation des machines à vapeur pour élever les eaux de la Seine. D'anciennes machines usées par un long service existaient à Chaillot, au Gros-Caillou et près du pont d'Austerlitz; celles de Chaillot, qui dataient de 1782, avaient été remplacées en 1 853-54, P^r ^^s machines Cornouailles de la force de 145 chevaux chacune, pouvant élever par 24 heures, si

(1) Ed. Markus, DaslanJw, meliorations wcsen Italiens, Wicn, 188 1 . p. 93.

elles travaillaient ensemble, 34,000 mètres cubes d'eau à 49°,25 de hauteur; mais outre que leur action simultanée n'aurait pu être obtenue en service courant qu'à la condition d'établir des machines auxiliaires, capables de suppléer les premières en cas d'insuffisance ou de réparation , de nombreux accidents étaient venus démontrer que la sécurité de Tapprovisionnement pouvait être compromise par l'instabilité des appareils élévatoires.

En 1853-54 (i), Teau montée aux bassins de Chaillot dont la hauteur au-dessus de Tétiage du fleuve est de 3o et 36 mètres, et au réservoir culminant qui dessert les quartiers élevés du nord de Paris ainsi que le Bois de Boulogne, coûtait, pour le charbon seulement, près de 3 centimes. Si l'on y ajoute l'intérêt du capital des machines, les dépenses d'entretien, le payement des ouvriers et les frais d'un filtrage en grand, on arrivait au moins au double de ce chiffre de dépense.

M.Aristide Dumont,se basant sur l'expérience acquise pour les machines de Cornouailles, employées à la distribution des eaux de Lyon, objecta aux résultats défavorables fournis par les machines nouvelles de Chaillot, que l'on avait négligé, en les établissant, les conditions essentielles du bon fonctionnement de ce système, à savoir : l'invariabilité de la charge d'eau sur les pistons des pompes ; la permanence de niveau dans les puisards ; le grand diamètre à donner aux tuyaux de refoulement et la large dimension à attribuer aux cylindres (2). Telles qu'elles avaient été installées, sans avoir égard à la différence du travail à effectuer, les machines de Chaillot puisaient l'eau de Seine, les unes à quelques mètres en contre-bas seulement, les autres à de plus

(i) Premier mémoire sur les eaux de Paris, présenté par le pré/et de la Seine, 4 août 1864.

(2) A. Dumont, lesEauxde Lyon et de Paris, i852, p. 269 et 288.

7o8 LES IRRIGATIONS.

grandes profondeurs, mettant en mouvement la longue et lourde tige qui dirige les pistons.

Diaprés le projet de cet ingénieur, consistant dans l'installation, en amont de Choisy-le-Roi, d'une usine de 1 5 machines Cornouailles, semblables à celles du bas service de Lyon, d'une force de 3oo chevaux chacune, il eût été possible d'élever par jour un volume minimum de 3oo,ooo mètres cubes d'eau filtrée, au prix de o fr. 0240; la dépense en combustible, n'étant que de o fr. 0127 par mètre cube.

Le projet de l'ingénieur en chef, Le Chatelier, comportait une prise d'eau dans la Seine, au pont d*Ivry. Une première machine de 100 chevaux devait élever l'eau de quelques mètres pour la verser dans un bassin de dépôt et de là dans des galeries filtrantes. Une seconde machine de rechange, destinée en cas d'accident à suppléer la première, devait avoir la même force. Pour élever l'eau clarifiée jusqu'aux réservoirs de distribution, dix machines, en tout semblables aux deux précédentes, devaient être établies dans Paris, sur le chemin de ceinture, en vue du facile approvisionnement des charbons. Ces machines horizontales, à double effet et à rotation, avec volants, eussent commandé les pompes élévatoires, travaillant avec des courses variables à volonté, suivant la hauteur du refoulement qu'eût réglée un réservoir principal, affecté au service d'une zone spéciale de Paris.

Le prix de revient du mètre cube d'eau filtrée, à raison d'une consommation de i'',5o de charbon (coûtant 28 fr. la tonne), par force de cheval et par heure, eût été de o fr. 0326. Ce prix de revient comprenant, comme celui du projet Dumont, l'intérêt du capital de premier établissement, la dépense en combustible, la clarification, les

(i) DumtiSj Rapport au conseil municipal , etc., 18 mars iSSg.

frais de personnel, de graissage, etc., quoique supérieur à celui de Dumont, était basé sur un volume quotidien moindre; il fut trouvé trop faible par la commission municipale qui admit une consommation moyenne de 2 kilogr. de charbon par force de cheval et par heure, et un prix moyen de 3o francs pour la tonne de charbon.

Sans nous arrêter plus longtemps à ces projets qui ont été écartés pour plusieurs motifs; notamment, à cause de la possibilité du chômage, il a été constaté que pour Tusine de Saint-Maur qui fonctionne depuis 1 878 et développe une puissance de 3 20 chevaux, en deux appareils semblables, le prix s'est élevé à 2,000 francs en nombre rond par cheval utile, et la consommation de charbon, par heure et par force de cheval , pour un fonctionnement éprouvé, aussi sûr qu'économique, a été de i'', 08. D'après les renseignements des ingénieurs de la ville, l'usine de Saint- Maur, de 1878 à 1882, en quatre ans, a accompli un travail total de i,o36 millions de tonnes kilométriques. La dépense courante ayant atteint 204, 703 francs, le prix de 1 ,000 mètres cubes d'eau montée à i mètre de hauteur ressort à o fr. 198, soit en nombre rond, à o fr. 20 (i).

Il y a lieu de remarquer que le fort rendement en travail utile de cette installation s'applique à des appareils perfectionnés et surtout approvisionnés de combustible homogène et de bonne qualité. Le charbon d'Aniche, payé de 22 à 23 francs la tonne, permet, en raison de sa qualité, de conduire les feux avec la régularité qui convient à une vaporisation constante et économique, de jour et de nuit, pendant 365 jours consécutifs.

Pour l'usine d'Ivry, appartenant également à la ville de Paris, les projets établis conformément aux dispositions

(i) Conseil général des ponts et chaussées. Rapport des inspecteurs g^éné' raux,7 décembre 1882.

reconnues les meilleures, àla suite d'unconcours entre les constructeurs les plus habiles, ont donné comme résultat définitif, relativement à une puissance de i,oi6 chevaux, répartie en 6 machines, une dépense de 2,172,000 fr., soit en chiffres ronds, de 2,1 38 fr. par cheval utile, qui se décomposent comme il suit :

fr.

Machines b-jS

Chaudières 210

Dépenses fixes i . 353

Total 2.i38

Canal de la Marne au Rhin. — L'usine de Vacon, construite en 1877 par l'État, pour l'alimentation du canal de la Marne au Rhin, a une puissance de 2 5o chevaux utiles qui représentent pour une dépense totale de 474,000 francs, en nombre rond, un prix de 1,900 fr. par cheval utile (i). Les constructeurs s'étant engagés à ne pas dépasser 0^,95 de combustible par heure et par force de cheval, on s'est servi pour les essais de briquettes d'Anzin (33 fr. la tonne), ne laissant que 6 à 8 pour 100 de cendres et vaporisant par kilogr. 8^,436 d'eau.

Le prix qui résulte de la marche effective de l'usine, pour 1,000 mètres cubes d'eau montée à r mètre de hauteur, est comme pour l'usine de Saint-Maur, de o fr. 20.

Nous n'avons tenu à rapporter ici les chiffres des applications les plus récentes de la machine à vapeur à rélévation de grands volumes d'eau que pour fixer les idées sur le coût; car autrement la pompe à feu a été Tobjet de nombreuses observations enregistrées depuis le siècle dernier, en ce qui concerne le système appliqué par Watt et par Newcomen, puis modifié par Woolf.

(1) Picard, Alimentation du canal de la Marne au Rhin, etc.

Les opinions diffèrent toutefois encore aujourd'hui sur la préférence à donner soit aux machines à simple effet, dites de Cornouailles, soit aux machines à double effet dont les organes ont moins de volume et qui sont , en cas d'avarie, plus faciles à réparer.

Les résultats qu'ont fournis les machines de Cornouailles pendant quinze années consécutives, d'après les comptes rendus des ingénieurs chargés du service des mines, se sont maintenus dans les limites suivantes :

Mètres cubes d*eau élevés à i mètre par ki- m. cub. m. eub.

logramme de houille 242.71 à 322.1 5

Combustible consommé par heure et par mi. kii.

force de cheval 0.84 a i.ii

Ces chiffres ne concordent pas avec ceux qui ont été donnés par divers auteurs quant au travail utile des machines Woolf de Cornouailles. C'est Combes qui s'est rapproché le plus du résultat effectif, en calculant l'effet utile à 280, sans indiquer cependant que ce soit un maximum de toute l'année (i). Du reste, il s'agit ici de rendement de machines d'épuisement de mines, dont la similitude avec celles destinées à l'élévation des eaux d'irrigation ou de consommation, n'est pas complète. La discussion du prix de revient et du rendement des divers appareils comparés nous entraînerait en dehors du cadre de ce livre.

Canal du Rhône. — Lors de la discussion au Sénat du projet de loi relatif à l'exécution des canaux d'irrigation dérivés du Rhône, la commission sénatoriale avait proposé de renoncer à la partie du canal projeté entre Cornas et Vénéjean et de la remplacer par une batterie de machines à vapeur, installée à l'île Saint- Georges, au droit de Vénéjean, pour l'élévation à 53 mètres de hau-

(i) Annales des mines, 1834, t. V.

teur, de 23 mètres cubes d'eau par seconde, empruntés au Rhône. Cette installation, diaprés la commission, comportait un travail en eau montée de 1 6,253 chevauxvapeur, soit, une force totale de 19,680 chevaux- vapeur utiles, répartie en 72 machines de 273 à 274 chevaux, avec les générateurs correspondants; 12 machines étant tenues comme réserve. L'ensemble, en y ajoutant les constructions fixes, la conduite de refoulement et le canal de Saint-Georges à Vénéjean, eût représenté comme capital de premier établissement, 22 millions de francs. Les dépenses courantes annuelles se fussent élevées à 3,271,000 francs; ce qui, par rapport au travail nécessaire pour élever à i mètre de hauteur 32,420 millions de mètres cubes, eût donné comme prix de revient de Tunité de travail o fr. 10, au lieu de ofr. 20, constaté expérimentalement aux usinesdeSaint-MauretdeVacon.

Le conseil des ponts et chaussées, chargé de reviser le projet du Sénat, a calculé, en appliquant o fr. 18 comme prix de base et 3,36 du capital comme amortissement pour les appareils à vapeur, les constructions fixes et rentretien des conduites de refoulement, que les dépenses annuelles atteindraient en nombre rond 7 millions de fr. ; tandis que pour le capital initial de 47 millions de francs, à consacrer à la construction du canal entre Cornas et Vénéjean, Tentretien annuel s'élèverait seulement à 820,000 francs.

En admettant la capitalisation à 4 pour 100 des sommes exigées par les deux projets, le conseil des ponts et chaussées trouvait :

A limentation naturelle par canal.

fnuioB.

Premier établissement 47.000.000

Capital pour une annuité de 820.000 francs. 2o.5oo.ooo

Total 67.500.000

Alimentation artificielîe par machines.

Premier établissement 33.5oo.ooo

Capital pour une Annuité de 7 millions 175.000.000

Total 2o8.5oo.ooo

D'où une différence de 141 millions en faveur de Talimentation naturelle par le canal (i).

2. Egypte. — Usine du Katatbeh. — La grande usine d^irrigation, destinée à fournir l'eau au canal du Katatbeh qui dessert la province de Béhéra , comprend cinq machines horizontales actionnant chacune, directement et sans transmission, des pompes centrifuges à arbre vertical (fig. 188).

Les machines sont à condensation , avec des cylindres de I mètre de diamètre et une course des pistons de i*",8o. L'arbre vertical, monté sur pivot hors de l'eau, porte à sa partie supérieure une manivelle actionnée par la bielle, et plus bas, la roue à ailettes de la pompe rotative. Un volant pesant 22 tonnes est calé sur cet arbre.

La pompe a 2", 10 de diamètre; la roue à ailettes, 4 mètres, avec 2 mètres de hauteur (fig. 189). Le tuyau d'aspiration s'enfonce en s'évasant au-dessous du nivçau des basses eaux, et la roue à ailettes refoule Peau extérieurement dans une capacité annulaire qui enveloppe la roue et se prolonge par un tuyau en forme de siphon. L'anneau est supporté par trois colonnes en fonte, fondées sur le radier.

Un système spécial de graissage du pivot de l'arbre vertical, dont la charge est de 5o tonnes, consiste en une circulation d'huile se refroidissant dans un serpentin, ou dans un réfrigérant, pour redescendre par son propre poids.

(i) Conseil général des ponts et chauséeSj loc» cit.

Les machines marchent à une vitesse moyenne de

35 tours par minute, et peuvent débiter 7 mètres cubes par seconde.

Aux cinq pompes verticales sont ajoutées, à titre de réserve, trois vis d'Archimède en tôle, de 4 mètres de diamètre et 12 mètres de longueur, qui peuvent débiter chacune 2 mètres cubes par seconde. Soutenues en leur milieu par une couronne dentée et tournant par le bas dans une crapaudine, ces vis sont mises en mouvement par une machine Compound verticale , du type des machines marines.

La vapeur est fournie par une batterie de onze chaudières tubulaires, dont trois de 190 mètres carrés de surface de chauffe et huit de 175 mètres carrés.

La capacité de l'usine du Katatbeh, grâce à cette imposante installation, est de plus de 40 mètres cubes par seconde, ou

environ 3 millions et demi de mètres cubes en 24 heures.

La puissance totale des machines est de 3,5oo chevaux effectifs. La figure 188 représente le plan général de l'usine, et la figure 1 90 l'élévation du bâtiment des machines.

Le reste de l'eau nécessaire au canal du Katatbeh est fournie par le Rayah de Béhéra qui a sa prise au Nil, en aval du barrage (i).

Usine d'A/teh.

— Le canal Mahmoudieh dont l'origine part d'un point situé très bas sur le Nil, à Afteh, est destiné à porter l'eau douce à Alexandrie et à irriguer près de 70,000 hectares, sur un parcours de 77 kilom.

La pente de ce canal étant à peu

près nulle pendant l'étiage , avec une portée absolument

(1) J. Barois, Irrigation eu Egypte, 1887. p. 7a.

insuffisante, des machines élévatoires furent installées dès i85o, au point de prise, pour augmenter le débit de 800,000 mètres cubes d'eau en 24 heures, pendant les 1 5o jours de durée de Fétiage. Le canal n'ayant pas tardé à s'envaser, le gouvernement dut faire procéder au curage de 2 millions de mètres cubes de limon; finalement, en 1 88 1 , il se décida à concéder l'usine d'Afteh, pour l'étendre et la transformer, en vue d'une élévation de l'eau du Nil à une hauteur maxima de 2^,75 au-dessus du plus bas étiage, la cote des terres voisines étant de 3 mètres.

L'établissement d'Afteh , tel qu'il fonctionne aujourd'hui (voir le plan général, fig. 191), se compose de huit roues Sagebien (fig. 192) de 3",6o de largeur et de 10 mètres de diamètre, élevant l'eau à 2™,6o maximum et pouvant débiter chacune un volume de '400 à 5oo,ooo mètres cubes en 23 heures. Quatre de ces roues sont actionnées par les anciennes machines verticales à balancier, transformées en système Woolf.

La roue Sagebien se caractérise par ce fait que l'eau ne tombe pas dans la roue, comme cela a lieu pour les roues de côté ordinaires , avec vanne à déversoir ; mais elle se meut horizontalement, de telle sorte que la lame d'alimentation a une épaisseur à peu près égale à la profondeur dans le canal. La roue, marchant très lentement, constitue une sorte de compteur d'eau. En raison des conditions théoriques que doit remplir la roue Sagebien pour détruire les deux causes de perte, communes à tous les appareils du même genre, à savoir : la vitesse de l'eau dans l'aubage et la vitesse en quittant la roue, les aubes sont toutes tangentes à une circonférence concentrique. Le premier élément est seul dirigé suivant le rayon, afin d'empêcher que les aubages ne se brisent.

La faible vitesse que possède cette roue conduit à lui donner un grand diamètre (10 mètres) et un aubage très

profond. Pour un tour et demi par minute, Tarbre de couche de la machine fait 82 tours. Cet arbre est en fer; les tourteaux sont en fonte ; les couronnes, en fer méplat, et les autres, en bois (i). Le grand diamètre qu'exige ce système de roues est d'ailleurs nécessaire pour que Teau

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FiG. 192. — Etablissement hydraulique d'Afteh; roue Sagedien A aubes immergentes.

d'aval n'oppose pas une résistance trop grande au dégagement de Taubage.

Les quatre autres roues de l'usine d'Afteh sont mises en mouvement comme à Katatbeh, par deux machines Compound du type des machines marines.

La vapeur est fournie par une batterie de 10 chaudières tubulaires de 190 mètres de surface de chauffe

(1) Vigreux et Raux, Moteurs hydrauliques, loc. cit.

chacune; la puissance en eau élevée de l'établissement excède i,25o chevaux.

Quel que soit le mérite des machines pour assurer un arrosage régulier et normal, en supprimant les travaux de curage des canaux, on ne saurait considérer cette solution comme préférable à l'achèvement et à l'utilisation complète du grand barrage du Delta et à la distribution des eaux à l'aide de grandes dérivations largement alimentées par un fleuve comme le Nil. Les ingénieurs anglais, au courant des pratiques de l'irrigation dans les Indes, ont pu heureusement ajourner les projets de création de nouvelles usines élévatoires, et reprendre celui du barrage du Delta et de la réforme du régime hydraulique des provinces de Touest.

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