‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 19 sur 128 · II · texte numérisé non relu

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si une plus grande proportion d'azote est récupérée par lorge que par le blé, dans un temps donné, il reste moins d'azote dans le sol. Cela se justifie surtout par la fumure de l'orge qui se fait au printemps , sur une terre récemment façonnée, offrant par conséquent plus de surface à l'absorption, et par la plus grande activité dans le développement des racines de l'orge au sein des couches superficielles. Quelques dosages d'azote du sol cultivé en orge sont venus d'ailleurs confirmer que le stock d'azote des couches inférieures est moindre que celui du même sol cultivé en blé.

Des considérations qui précèdent sur la composition des eaux de drainage, on peut inférer que lorsque l'engrais contient ou fournit de l'ammoniaque, celle-ci s'oxyde dans le sol et se transforme en acide nitrique qui est entraîné, s'il n'est assimilé par la plante, par l'eau de drainage, surtout à l'état de combinaison avec la chaux et la soude. Lorsqu'on recourt au nitrate de soude, la grande solubilité de ce fertilisant et la moindre faculté que possède le sol de l'absorber, ou de retenir les produits de sa décomposition, le rendent plus apte à une déperdition par les drains, après les pluies qui succèdent à la fumure.

Vœlcker a poussé plus loin encore la recherche de la perte d'acide nitrique, dans une série d'expériences sur les eaux de drainage du sol de Broadbalkfield, et il en a donné les résultats dans un mémoire publié en 1874 par la Société royale d'agriculture d'Angleterre (i).

Le tableau XV reproduit pour chaque parcelle, dans chacune des cinq séries d'essais (1866 à 1869), les quantités d'azote entraîné à l'état de nitrates et de nitrites dans 1 00,000 parties d'eau de drainage ; et le tableau XVI

(1) A. Ronna. Travaux et expériences de Vœlckert 1888, !. II, p. 40<).

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groupe ces mêmes données suivant le mode de fumure

appliqué aux différentes parcelles.

Nous rapportons, comme suite à ces tableaux, les conclusions de Vœlcker, étendant celles déjà présentées par MM. Lawes et Gilbert.

Conclusions de Vœlcker. — i . La proportion d'ammoniaque et d'acide nitrique que Teau de pluie renferme pendant Tannée , est trop faible pour subvenir aux besoins de nourriture azotée que réclame une bonne et profitable récolte de froment.

2. Quoique très faible dans Teau de pluie, la proportion d'ammoniaque, dans les 70 échantillons d'eaux de drainage soumises à l'analyse, est encore plus faible.

3. D'autre part, la proportion d'acide nitrique dans ces mêmes eaux de drainage est plus élevée que dans leau de pluie recueillie en toute saison.

4. L'analyse des eaux de drainage provenant des parcelles diversement fumées d'un même champ en culture, confirme la propriété dont jouit le sol de modifier la composition des engrais, et de préparer pour la plante des aliments, à la fois assez peu solubles pour ne pas lui nuire, et assez peu insolubles pour ne pas demeurer inertes.

5. Quoique les eaux de drainage renferment des quantités appréciables d'acide phosphorique et de potasse, on peut affirmer qu'au point de vue pratique, elles ne font pas subir une perte importante de ces éléments au sol cultivé.

6. Tandis que l'acide phosphorique et la potasse, deux éléments essentiels, sont retenus presque en totalité par le sol, ia chaux, la magnésie, l'acide sulfurique, le chlore et Ja silice soluble, plus abondamment répartis, se perdent en quantités considérables par les eaux de drainage.

". La niasse d'éléments fertilisants entraînés par les

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eaux est plus considérable dans les terres richement fumées que dans les terres non fumées.

8. La perte est plus grande pendant les mois d automne et d'hiver que pendant l'époque de croissance active des plantes.

9. Les matières organiques azotées, fournies par le fumier de ferme, se décomposent graduellement pour former des composés ammoniacaux que le sol retient quelque temps, et qui s'oxydent finalement à l'état de nitrates. Le fumier supplée ainsi une alimentation azotée plus continue que le nitrate de soude, qui, s'il n'est pas utilisé tout entier par la récolte à laquelle on l'applique, est dissipé en grande partie par le drainage.

10. Bien que le sol jouisse de la propriété de décomposer les sels ammoniacaux et d'absorber ou de retenir l'ammoniaque pendant un certain temps, celle-ci s oxyde rapidement quand le sol est perméable, et dans les saisons pluvieuses, une forte quantité des sels ammoniacaux appliqués comme engrais, se perd par les drains.

11 . A chaque augmentation d'engrais ammoniacal correspond une perte plus forte d'azote à l'état d'acide nitrique, entraîné par le drainage.

12. Le nitrate de soude est promptement délavé par la pluie, car le sol n'a pas le pouvoir d'absorber, ni de retenir l'acide nitrique ou la soude. Aussi, dans les années pluvieuses , la perte d'azote , par l'application en couverture du nitrate au froment, est-elle très considérable.

i3. Les parcelles sans engrais, comme celles soumises ù l'engrais, ont fourni dans les eaux de drainage des quantités appréciables d'azote à l'état de nitrates ; ce qui prouve qu'il y a toujours une déperdition par le drainage du sol.

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