‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 23 sur 128 · Q.CU · texte numérisé non relu

Q.CU

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environ pour le foin , n'est que d'un quart pour Torge et d'un quinzième pour le blé.

Au résumé, pendant une sécheresse de quatre mois, rherbage des prairies , dans les diverses conditions de fumure, a souffert beaucoup plus que les céréales, et Torge, aussi bien dans le sol sans engrais que dans les sols fumés, a plus souffert que le blé. Le fumier permet toutefois à Torge de résister, aussi bien que le blé, à l'absence de pluies.

Ces données de l'observation s'expliquent de plusieurs manières. Ainsi les plantes variées qui composent l'herbage des prairies recouvrent et pénètrent plus complètement la surface; mais à moins d'une prédominance de certaines espèces, elles pénètrent les couches superficielles moins profondément que les céréales. Le blé d'hiver, qui exige plus de temps pour étendre ses racines, les pousse à une plus grande profondeur et tire profit de l'humidité, comme des aliments, à un niveau plus bas que l'orge du printemps. En outre, la plupart des plantes fourragères fleurissent avant le blé et l'orge , et l'herbe coupée dès la fin de juin n'a pas atteint sa pleine maturité, tandis que dans les céréales, une très grande proportion de la matière sèche totale, la moitié peut-être, est fixée sous l'action croissante des rayons solaires, après l'épKjque de la coupe du foin. L'expérience prouve enfin que dans les champs de Rothamsted, les céréales dépendent d'un degré élevé de température , surtout lorsque la terre a reçu des engrais minéraux et ammoniacaux, plutôt que de la continuité de la pluie qu'exige le fourrage pendant la période de végétation.

Dans tous les cas examinés , sur un sol bien fumé, il faut moins d'eau pour produire un même poids de récolte que sur un sol sans engrais. C'est ce que J. Sachs avait également constaté dans ses expériences avec les

engrais qui exercent une action régularisatrice sur la consommation de leau par les plantes (i).

3. Consommation d'eau par les plantes en cultlire. — M. Risler, confirmant les résultats des investigations de Rothamsted, a exposé les diverses métliodes déjà employées par lui en 1867- 1868, qu'il a contrôlées par les indications météorologiques et les données culturales de sa propriété de Calèves, en Suisse, pour arriver à fixer la consommation d'eau moyenne et quotidienne des plantes : luzerne, blé, avoine, vigne, trèfle, prairie, etc. (2). C'est ainsi que le blé d'hiver aurait consommé Journellement, d'avril en Juillet 1869, 2"", 5 de hauteur d'eau ou 256 millimètres de pluie en loi jours; ce qui a été suffisant, avec un petit supplément fourni par la terre, pour donner une récolte satisfaisante comme grain et comme paille. Il importe, en général, que le blé trouve dans le sol un supplément d'humidité pour qu'il puisse se nourrir convenablement. M. Risler pensi; comme M. Lawes, que si le blé de printemps ne rend jamais autant que le blé d'hiver, c'est parce qu'il manque de l'eau indispensable pour dissoudre les matières nutritives du sol et les porter dans les organes des plantes. Pour l'avoine, il a fallu, d'après M. Risler, 25o kilogrammes d'eau par kilogramme de matière sèche en 1870, ou i,25o kilogrammes d'eau par kilogramme de matières minérales contenues dans la récolte. En 1 87 1 , le trèfle a transpiré 263 kilogrammes d'eau pour produire un kilogramme de substance sèche; et la prairie 545 kilogrammes d'eau pour i kilogramme de foin à i5 pour 100 deau. Pour cette dernière , cela correspond à 7 millimètres d'eau par jour.

M. Risler a observé en outre qu'à la suite des pluies

:i) lutndv. Versuchslalionen, i85ç), t. I, p. 2o3. (2) Recherches sur i'évaporation du sol et des plantes, Genjve, 1871. T. I. 10

OU des arrosements, la transpiration des plantes augmente et diminue graduellement, au fur et à mesure que la sécheresse augmente, toutes les autres circonstances étant égales d'ailleurs. Si la sortie de l'eau par les feuilles est moins abondante que son entrée par les racines, la végétation s'active; mais dès que le contraire a lieu, les plantes se fanent.

Au fur et à mesure que les racines d'une plante absorbent de l'eau, le sol se dessèche également dans toutes les directions; ce qui démontre que de proche en proche, suivant les lois de la diffusion, l'équilibre d'humidité tend à s'établir entre les racines et le sol.

D'une manière générale, la consommation de l'eau par les plantes est plus régulière dans les terres argileuses que dans les terres sablonneuses. Tandis que Hellriegel constate que dans une terre sablonneuse les plantes commencent à souffrir de la sécheresse , lorsqu'elle ne contient plus que 2,5 p. loo d'eau, Risler trouve que la limite la plus rapprochée pour les terres argileuses est de lo p. lOO. Dans ces dernières, en effet, une partie de l'eau échappe à l'absorption des racines.

En se basant sur les observations des cultures de Calèves, Risler exprime en millimètres d'eau la consommation moyenne quotidienne des plantes, à savoir :

Mil]. uni.

Prairies 1^.14 à 7.28

Luzerne 3.4 à 7

Avoine 2.9 à 4.9

Mais 2.8 à 4

Trèrie 2.80

Blé 2.67 à 2.8

Seigle 2 . 2(i

Schleiden ayant déterminé, à l'aide de pesées directes, la quantité d'eau évaporée *par un mélange d'avoine et

de trèfle, était arrivé à la consommation quotidienne de de 2,5 millîm. par hectare; et pour un hectare de gazon pendant l'été, à une évaporation de 8,70 millim. De là à expliquer comment les quantités de pluie peuvent suffire à ces énormes besoins de la végétation, lorsque les rivières et les fleuves conduisent moitié de l'eau tombée à la mer, et comment la vapeur d'eau atmosphérique absorbée par le sol peut combler la lacune , la déduction en faveur du rôle des irrigations est naturelle.

En ce qui concerne la distribution de l'eau pendant la période de végétation, Hellriegel a pu conclure, de son côté, des essais qu'il a faits sur des pieds d'orge, que la sécheresse venant à se produire après la formation des grains, même quand ils sont encore très aqueux intérieurement, ne cause aucun mauvais effet sur la production. Par contre, dans toutes les phases précédentes de la croissance, la sécheresse exerce une action d'autant plus défavorable que la plante est plus jeune.

Hellriegel a également constaté que l'eau nécessaire pour produire i kilogramme de grains d'orge est de 700 litres. Il faudrait ainsi pour une récolte moyenne de 2,000 kilogrammes de grains à l'hectare, 1,400,000 litres d'eau; ce qui répond à une chute d'eau pluviale de 140 millimètres pendant la période de végétation. Partout où cette quantité d'eau, en y comprenant celle emmagasinée dans le sol par l'hiver, n'est pas obtenue, l'irrigation est indiquée.

Quant aux prairies, la consommation d'eau d'un hectare de prairie gazonnée en ray-grass anglais très épais, étant, suivant Risler, de o°,28i de hauteur d'eau, correspondant à une production de 5 , 1 7 5 kilogrammes de foin vert ; il faudrait 545 kilogrammes d'eau pour produire un kilogramme de foin, c'est-à-dire 7 millimètres de hauteur d'eau par jour. Cette consommation s'applique à une prairie

bien pourvue d'eau pendant la saison la plus chaude de Tannée; mais par les journées où le ciel est couvert et Tair humide, levaporation se réduit au quart de la moyenne, c'est-à-dire à l'équivalent de 1,4 millimètre.

En Suisse ei en Savoie, les prés commençant à verdir à la fin de mars et la fenaison s'opérant en juin, c'est pendant les mois d avril et de mai que se fait la croissance de l'herbe. Les récoltes en foin et les quantités de pluie et de chaleur pendant ces deux mois, dans les six années 1866 à 1872, observées par Risler, sont rapportées dans le tableau XXI II.

11 a fallu ainsi 438 kilogrammes d'eau de pluie, en moyenne, pour i kilogramme de foin. Il y a lieu d'observer que les récoltes dépendent plus de la quantité de pluie que de la chaleur; car en 1867, la température des deux mois étant la plus faible, les foins sont abondants: en 1 868 0(1 la température est la plus forte dans les deux mois, et la moyenne pluviale très basse, la récolte n'est satisfaisante que parce que le sol a de Teau en réserve, les drains continuant à couler jusque fin mai.

Pour le regain, Risler conclut d'après les quantités produites par hectare, comparées aux pluies tombées en juin, juillet et août, de 1866 à i87i,que 3 kilogrammes de regain correspondent à i millimètre de pluie.

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