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en moyenne J5 pour 100, au lieu de 42 pour 100. La proportion d'acide phosphorique et de matière organique, quoique faible, est plus notable; celle de la potasse est la même. Le limon de T Isère est un peu plus sablonneux que celui de la Durance, ce qui implique, étant donnée la forte pente de la rivière, l'obligation d'installer des bassins pour empêcher l'encombrement des canaux d'arrosage. La vitesse du courant de l'Isère et le volume considérable des eaux, même basses, amènent en effet la suspension, non seulement de l'argile, mais encore du sable fin. Une prise d'échantillon dans le même profil et le même jour, à différents points de la section, peut

offrir de grandes inégalités, suivant que la prise a lieu en eau courante, dans un remous ou en eau tranquille. D'après les estimations de Gasparin, les eaux vives de T Isère, à Romans, contiennent par litre plus d'un gramme de matières solides en suspension (i).

Limon du Rhône, — Le limon du Rhône renferme, sans que nous ayons pu nous procurer l'analyse complète, 49 pour 100 de résidu insoluble, dont lo de peroxyde de fer, 32 de carbonate de chaux, et 9 à lo pour 100 d'autres sels contenant en moyenne o, 16 pour 100 d'azote. Nous n'avons pas constaté sans quelque surprise qu'à l'occasion du vaste projet des canaux du Rhône , dont la réalisation paraît s'éloigner de plus en plus, aucun travail complet ait été présenté sur les limons du fleuve, aux points principaux où les dérivations doivent se faire. ' C'eût été là pourtant une recherche importante et décisive.

2. Limons et eaux des canaux. — Les eaux des canaux d'irrigation et leurs limons ont fait l'objet d'un très petit nombre de recherches. On trouvera plus haut les analyses des eaux du canal du Cabedan-Neuf (Durance), du canal de l'Isle (la Sorgue), du canal de l'étang de Cazau (Arcachon) , exécutées Ipar Mangon; nous rapportons dans le tableau LUI celles des eaux de trois canaux de navigation; canaux de TOurcq, du Berri et de Hazebrouck , et des limons du canal des Alpines et du canal Cavour (Piémont).

Les eaux des canaux ont été analysées : l'Ourcq, à la Villette, par Boutron et Henry (1848); du Berri, à Vierzon, par Rivot, et de Hazebrouck, parSalvetat (2). Dans le sédiment du canal des Alpines, dont P. de Gasparin a donné la composition, « il faudrait, dit-il, non seule-

(i) Journal de V agriculture y novembre 1881.

(2) Ann. des eaux de la France, i85i , p. i54 et 361.

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ment la culture et les engrais, mais encore une période assez longue de végétation pour créer une réserve organique, au moins de i pour loo, avant de pouvoir compter sur une culture fructueuse (i). » Le limon du canal Cavour, recueilli dans les rigoles d'une prairie marcite du territoire de Novare, a été analysé par le professeur Celi , à la station agronomique de Modène. Desséché à 120°, il a abandonné à Teau, o gr. 2724 de matières solubles , sur lesquelles o gr. 1 10 de matière organique. De couleur gris-jaune, il traverse à l'état pulvérulent un tamis à mailles de trois centimètres, et se divise mécaniquement en 87 pour 100 d'argile, 10 pour 100 de sable et 3 pour 100 d'eau.

Berra remarque que l'avantage le plus précieux des canaux de la Lombardie, pour les arrosages d'hiver, consiste en ce qu'ils ne sont pas sujets aux crues subites des fleuves ni aux diminutions périodiques des fontaines; l'agriculteur peut dès lors compter sur un volume d'eau à peu près égal et surtout sur de l'eau à peu près de même qualité. Au contraire, pendant les crues, les eaux des fleuves deviennent troubles et limoneuses , il faut fermer avec soin les écluses pour que l'herbe ne se souille pas et que les animaux n'en souffrent pas, Berra cite l'exemple d'un fermier des bords du Lambro dont les vaches ont péri pour avoir été nourries avec l'herbe d'une marcite imprégnée des limons de cette rivière. Suivant son expérience, le sédiment que laissent la plupart des fleuves de l'Italie du nord est funeste aux cultures et aux champs ; le limon du Pô n'est fertilisant qu'en aval de Pavie et de Ferrare (2); celui des canaux au contraire, quoique dérivé des mêmes cours deau, est bienfaisant.

(0 Barrai, les Irrigations des Bouches-du-Rhâne, 1876, p. 264.

(2) BQTvsi, Dci prati del basso Miîanesc detti a m^rctfa, Milano, 1S22.

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A:(ote dans les eaux des canaux. — Selmi a dosé dans les eaux d'irrigation du canal Rio Palmano (Plaisance) provenant de la Trebbia, affluent du Pô, qui descend des Apennins : o gr. oo36 d'ammoniaque et o gr. 012 d'acide nitrique par litre, les eaux étaient riches en oxygène et en acide carbonique à l'état gazeux. L'analyse avait été faite au mois d'août i858, la saison étant plutôt sèche (i).

M. Chabrier a recherché la loi de répartition des acides nitreux et nitrique dans les eaux de plusieurs canaux d'irrigation des Bouches-du- Rhône, variables suivant les dates où elles sont puisées. D'après ses essais, voici les résultats pour i litre d'eau :

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