‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 66 sur 128 · Même canal · texte numérisé non relu

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Si Targile semble favoriser l'accumulation des produits nitreux dans le limon d'une des branches du canal Saint- Chamas, le sable dans le limon de l'autre branche (n°* 4, 5 et 6} les perd, tout en conservant la même teneur en acide nitrique; ce qui tend à confirmer le fait que Teau courante agissant plus efficacement que l'humidité du sol pour la répartition des acides nitreux et nitrique, les nitrites en particulier ne subsistent au contact de la terre qu'à la faveur d'un excès d'eau (i).

(i) Journ, agric. prat., 1870-71.

3. Limons et eaux de drainage. — Les eaux de drainage, comme nous l'avons vu (p. 206), renferment la plupart de fortes proportions d'acide nitrique et d'ammoniaque.

Barrai a trouvé dans Teau de drainage d'une terre argilo-siliceuse, o gr. 0766 d*acide nitrique par litre, c'est-à-dire douze fois plus que n'en contient la pluie d'orage la plus chargée.

M. Albert Le Play, analysant les eaux pluviales recueillies après avoir lavé les champs en culture, dans les rigoles destinées à Tarrosage des prairies inférieures de sa propriété de Ligoure (Haute-Vienne), leur a trouvé un résidu fixe moyen (hiver et été) de o gr. 197 : acide nitrique, o gr. 01 10; ammoniaque, 0,0017; ^zote organique, o gr. 0012 par litre. Les matières organiques offraient une teneur moyenne de o gr. 0485 contre o gr. 1435 de matières minérales formées en plus grande partie par la silice (i), et l'acide phosphorique titrait o gr. 001 5.

Les résultats des analyses de M. Le Play sont rapportés dans les deux tableaux suivants, LIV et LV.

Le premier de ces tableaux (LIV) indique la composition moyenne annuelle des eaux du drainage superficiel , c'est-à-dire des matières solubles et du limon contenus dans un mètre cube d'eau d'irrigation; et comparativement, l'analyse de l'eau d'une des rigoles ayant passé sur une bande de prairie d'environ 5o mètres de largeur, qui permet de juger avec quelle rapidité les matières solubles, sans parler de celles en suspension, sont absorbées par le sol en prairie.

Le second tableau (LV) montre en regard de la composition centésimale de la terre arable de Ligoure, qui

(0 Barrai, Irrigations de la Haute-Vienne ^ 1884, p. 56i.

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36o LES IRRIGATIONS.

peut se classer parmi les sols argilo-siliceux, caractérisés par une certaine imperméabilité, celle de la terre des diverses prairies du domaine, améliorées par le transport incessant des limons que laissent les eaux pluviales de drainage, et par la culture de l'herbe; il donne en outre l'analyse moyenne centésimale, pour l'hiver et pour 1 été, des limons qui sans être aussi abondants que ceux de la Durance ou du Nil, sont riches en potasse, en acide phosphorique et surtout en azote organique.

Il en est des "eaux comme des limons, sous le rapport de leur richesse minérale et organique, dans les saisons d'hiver et d'été. Quand on compare les analyses des eaux recueillies en février, après des pluies et des neiges abondantes, avec celles de juillet provenant d'orages faisant suite à une longue sécheresse, ou avec celles d'octobre, les terres étant en pleine culture, on constate que les eaux d'hiver sont les plus riches en matières solubles et en détritus abandonnés par les engrais (i).

Quand les pluies peu abondantes se succèdent à des intervalles plus ou moins éloignés, le sol retient Teau tombée; mais si la pluie est continue, la terre saturée n'absorbe plus et l'eau gagne les rigoles en entraînant plus ou moins de matières utiles, suivant la saison, l'état et l'inclinaison du sol, et principalement, la condition de fumure des terres en culture. Quoi qu'il en soit, pour les prairies, ces eaux constituent par leurs sédiments et par les matières solubles une fumure précieuse qui dispense de tout engrais complémentaire. Le terrage seul des prés, obtenu de la sorte, est un puissant moyen d'accroître la production de l'herbe.

En effet, la surface des terrains cultivés à Ligoure étant double de celle des prairies, M. Le Play a compté

(1) Mémoires publiés par VAcaJ. des scienccSt t. XX III, p. 2.

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