DE SONDAGE
lité parfaite, de manière que son axe corresponde exactement à celui de la corde et des outils qui y sont suspendus.
Systèmes de sondage, — De tous les systèmes de sondage mis jusqu'ici en pratique, le plus ancien et le plus simple, auquel on a conservé le nom de système chinois, consiste en un mouton pesant, mû par percussion, au moyen d'une corde plus ou moins extensible, en chanvre, en aloès, en bambou tressé, ou en fil de fer avec âme en chanvre.
Dans ce système, Tengin employé est une simple chèvre déjà décrite avec une poulie de renvoi et un treuil sur lequel la corde s'enroule, comme le montre la figure 5. On imprime à cette corde un mouvement de sonnette au moyen de plusieurs cordelettes tirées et lâchées alternativement par les ouvriers sondeurs. Les cordelettes sont fixées à la corde principale à l'aide d'un porte-mousqueton qui glisse à volonté, au fur et à mesure que le puits s'approfondit. La hauteur à laquelle on lève la sonde varie entre o",3o et o'",6o.
Les nombreux essais de ce système démontrent qu'il est suffisant et très économique pour tous les terrains que l'on peut traverser au ciseau, tels que le grès des Vosges, le grès bigarré, les schistes primitifs, la craie, etc., jusqu'à une profondeur de 5o à 60 mètres.
Jobard l'a perfectionné en employant dans les roches dures un mouton coulé en coquille pour que les dents aient une grande dureté; il est cannelé extérieurement, afin que les détritus puissent se dégager, et sa partie supérieure est évidée en cône renversé. Le haut de la tige qui traverse le mouton est formé par une croix de Malte ou couronne qui conserve à l'outil sa direction verticale ; quant au bas, il se termine par une pointe d'acier qui sert d'amorçoir et retombe toujours) dans le trou de di-
rection. En frappant avec ce mouton d'un poids de 100 à 200 kilogrammes, on réduit les roches en boue qui entre dans le cône creux ; le mouton ramené à la surface est vidé et l'opération recommence.
Suivant la nature des terrains, l'outil change, qui accompagne le mouton : tantôt, dans les roches tendres, une cuiller à soupape; tantôt un découpeur à branches, un élargisseur à ressort, ou, dans les roches dures, une cloche à clapets pour la reprise des parties brisées.
La principale objection faite à ce système et qui adéter^ miné l'application d'autres procédés dans les divers pays, c*est qu'à de plus grandes profondeurs, il ne faut pas seulement agir par percussion, mais par rotation, ce que la corde seule rend impossible. On a alors appliqué, au lieu de la corde, des tiges rigides formant la sonde entière avec laquelle on met en mouvement par rotation des tarières, des vrilles, des tire- bourre des tubes à soupape, etc. Les sondes à tige rigide, pour une profondeur quelconque, soat mues , suivant les terrains à traverser, par rotation ou par percussion. Le premier mode est le seul suivi quand les sondes sont à fourche. Le poids et la longueur des tiges s'opposant à ce que, pour de grandes profondeurs, la sonde puisse agir autrement que par rotation, lorsque la percussion devient indispensable pour traverser des roches, telles que les sables secs quartzeux, les roches siliceuses, etc., la coulisse Œynhausen a été inventée , avec laquelle on articule la sonde en un certain point de sa longueur, de manière à la séparer en deux parties, complètement indépendantes l'une de l'autre, la partie inférieure qui est agissante, et la partie supérieure qui n'a d'autre fonction que de relever la première et dont le poids est équilibré par un levier ou balancier de bascule romaine.
Le dernier procédé employé dans les grands forages
par Kind, par Degousée et Laurent, et les autres sondeurs qui leur ont succédé, est basé sur la chute libre ou déclic, à l'aide soit d'un disque que l'eau met en mouvement par sa résistance, soit d'un poids mort, couplé au trépan.
Quelles que soient les dispositions des nombreux systèmes pratiqués, et nous ne saurions les décrire sans sortir du cadre d'un ouvrage qui traite de l'irrigation, c'est moins dans l'outil et dans son mode d'attache que dans la marche du travail et l'expérience, jointe à l'habileté du sondeur lui-même, que résident les chances d'une bonne et prompte opération, disons, d'une opération économique. <c Le nombre et la nature des accidents en sondages sont tellement variés qu'un bon sondeur est celui qui par sa prudence et son intelligence sait les éviter; on ne doit mettre qu'en seconde ligne celui qui sait plus ou moins bien les réparer (i). »
Équipage desonde. — Une sonde ordinaire, à l'aide de laquelle on peut espérer obtenir des eaux jaillissantes des couches aquifères jusqu'à 25 mètres de profondeur, se compose des parties suivantes : une tête, qui sert à suspendre la sonde; des outils, qui attaquent la roche au fond du trou ou sur ses parois; et des tiges qui réunis-
FlO. 7. — TfîTE DE SONDE.
sent la tête aux outils.
La tête de sonde se compose d'un emmanchement femelle, portant un anneau tournant, très solide, sur lequel on joint l'instrument aux différentes attaches de suspension et à l'extrémité des
(I) Degousée et Laurent, Guide du tondeur, 2* édit., 1861, t. H, p. 283.
chaînes de relevée ou du levier de battage (fig. 6) ; certaines têtes de sonde (fig. 7) portent des bras horizontaux pour la facilité de la manœuvre au début. Un S complète la tête de sonde.