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potables et industrielles, ne semblent pas, en effet, avoir mérité la même faveur auprès des services de l'État, pour Fagriculture.
1. France. — Depuis la construction, remontant à plus de cinquante ans, des réservoirs spéciaux de la Motteci' Aygues, près de Pertuis, et de Caromb, près de Carpentras, dans le Vaucluse, dont la capacité totale ne dépasse guère 5oo,ooo mètres cubes, il ne s'est exécuté aucun travail en France, au compte du budget, en vue de créer des approvisionnements d'eau pour l'irrigation. Dans ces dernières années seulement, la transformation a été entreprise du lac d'Orédon, dont il nous reste à parler.
Lac-réservoir d'Orédon. — Le lac d'Orédon, converti en réservoir pour la distribution des eaux de la Neste, est situé près de la ligne de partage des bassins de la Neste et du gave de Pau, en pleine région granitique (i). Sa surface est de 24 hectares pour un bassin d'alimentation évalué à 2,770 hectares.
A Taide d'une tranchée qui a été ouverte dans le déversoir naturel et d'un barrage transversal permettant de surélever la retenue à i6'",8o, la capacité du lac comme réservoir est évaluée à 7 millions et demi de mètres cubes. La tranchée a 7 mètres de profondeur et 480 mètres de longueur, dont 167 dans le lac et 3i3 dans le déversoir même ; elle a été creusée dans le granit.
Quant au barrage, il consiste essentiellement en un remblai protégé à l'amont par un bétonnage qu'un perré à pierres sèches de i mètre d'épaisseur met à l'abri des gelées. Le remblai dont la figure 77 représente la coupe transversale, a 86 mètres de largeur à la base ; le talus amont, 34 mètres ; le talus aval, 42 mètres, et la crête, 10 mètres. La hauteur de cette crête, au-dessus du rocher
(i) Notices sur les modèles^ etc. y des ponts et chaussées ; Paris, 1878.
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qui sert de fondation, est de 3o mètres; tandis qu'elle est de 23 mètres au-dessus du sommet de l'aqueduc.
Un chemin de fer à deux voies ayant été établi depuis la Prade de Camon jusqu'au sommet du barrage, le remblai s'est opéré à l'aide de wagons descendant automatiquement du chantier des déblais vers le barrage, et remontant du barrage vers le pied du plan incliné sur lequel se déchargeaient les matériaux. L'eau a été l'agent principal employé pour l'assiette du remblai. Dans un fossé longeant la voie ferrée supérieure, un courant d'eau d'environ 1 5 litres par seconde, a servi à délayer dans une conduite spéciale, qui se prolongeait au fur et à mesure de l'avancement du remblai, les terres apportées par chaque wagon. La pâte ainsi obtenue, tombant delà hauteur de la voie sur le remblai, était répartie également; l'eau s'écoulait à droite et à gauche dans le remblai et les matériaux déposés ne tardaient pas à faire prise, le sable se logeant dans les moindres interstices, de façon à ce qu'aucun vide ne pût donner lieu au tassement.
Le revêtement en béton, quelque résistante et compacte que soit la chaux du Theil, a été protégé par une chape bitumineuse, et plus efficacement encore par un drainage général entre le remblai et le revêtement. Le perré qui forme le talus amont est recouvert d'une couche de béton de o",20, et sur cette couche est établi un perré en pierres sèches de o",3o d'épaisseur qui constitue le drain, en communication avec les collecteurs par des barbacanes. Ces collecteurs, qu'un homme peut parcourir, ont pour radier le roc vif; ils s'élèvent à droite et à gauche jusqu'au sommet du barrage, passent sous son couronnement et débouchent sur le talus aval du remblai.
L'appareil de prise d'eau se compose de onze conduites en fonte de o'°,3o de diamètre, terminées en aval par des robinets-vannes de mêmes dimensions, et en amont par
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un tuyau évasé, d'un diamètre double à Tentrée. Ces conduites enchâssées sur deux rangs au bas d'un massif de béton, sont accessibles par Taval dans une galerie d'accès superposée à l'aqueduc, voûtée comme lui, et portant sur toute sa longueur le poids du barrage.
Le trop-plein du réservoir s'écoule par un déversoir de 40 mètres de longueur, creusé dans le granit, à droite du barrage. Sa section est calculée de manière à ce qu'il puisse recevoir, dans les plus grandes crues, une tranche
FiG. 77. — Lac-réservoir d'Orédon ; coupe transversale de la digue.
d'eau d'environ o",5o d'épaisseur, correspondant à un débit de 2 5 mètres cubes par seconde.
Quelque important que soit ce travail pour l'amélioration agricole des nombreuses vallées qui s'étendent au pied des Pyrénées, prenant leur origine au plateau de Lannemezan, c'est un bien maigre appoint vis-à-vis des entreprises projetées et depuis tant d'années réclamées par les populations. Au nombre de ces projets, rappelons l'établissement de réservoirs dans les vallées du Tech et de la Tet, pour l'extension des arrosages dans les Pyrénées- Orientales; le réservoir du lac Bleu, en haut de la vallée del'Éperonne, pour les irrigations des Hautes-Pyrénées; celui du lac Paladru dans l'Isère, la régularisation de la
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Fure, pour Tarrosage de plusieurs milliers d'hectares; enfin toute la série des étangs de la Meuse, de la Dombes, du Forez, de la Sologne, de la Brenne, duMorvan, etc., à remplacer par des retenues qui alimentent des canaux d'irrigation et suppriment de vastes surfaces marécageuses, improductives et insalubres.
2. Réservoirs en Algérie. — La construction des réservoirs s'est imposée en Algérie pour la colonisation des terres, qui, sans irrigation, sont absolument stériles, mais auxquelles l'irrigation donne une fertilité merveilleuse. Les réservoirs ont de plus pour objet d'alimenter d'eau les villages qui se sont créés depuis la conquête dans la vaste région du Tell, comprise entre Alger et Oran, parallèlement à la côte de la Méditerranée.
Quatre systèmes ont été mis en pratique pour la construction des réservoirs de l'Algérie :
1 . L'Etat exécute à ses frais les travaux et les cède à à un syndicat.
2. Les travaux se font au compte d'une compagnie concessionnaire, subventionnée par l'État, ou pouryue d'un capital dont l'intérêt est garanti par lui, soit à 5 pour loo pendant 3o ans, après lesquels l'Etat et la compagnie participent au revenu. Dans ce système, l'administration contrôle les projets et surveille l'exécution des travaux.