DOTÉS COMME PRAIRIES NATURELLES ARROSEES
BoucheS'du-Rhône, — A Lançon, les prés arrosés par
(1) Pu vis, Journ. agric.prat.^ 1843-44, t. VII, p. 563.
(2) Les brachures horizontales indiquent la prédominance des prairies submergées; les brachures verticales, celle des prairies arrosées artificiellement; et les brachures croisées, celle des prairies irriguées par les deux modes.
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compartiments successifs, et fumés tous les ans avec du fumier consommé, fournissent par hectare de 10,000 à 1 2,000 kil. en trois coupes. Ils sont créés avec du fromental, auquel on ajoute unpeude trèfle rouge et de luzerne, qui bonifie le foin pendant les premières années, et disparaît au bout de six ou sept ans. Le terrain bien préparé, après avoir subi une bonne et profonde culture, "reçoit, dès la première année, 100 m. cubes de fumier de ferme. L'arrosage a lieu toutes les semaines, par déversement dans des compartiments.
A Istres, on arrose onze mois de Tannée les prairies que Ton fume tous les deux ans, après avoir donné consécutivement de Tengrais pendant les trois premières années; on n'interrompt Tarrosage, en mars, que pour purger les canaux et les rigoles. Le produit est de 10,000 kil. par hectare et par an, et il reste une quatrième coupe en regain pour le pâturage des moutons.
Les luzernières fumées tous les ans, alternativement avec du fumier de ferme et des engrais phosphatés, moyennant trois ou quatre arrosages entre chaque coupe, de juin à septembre, fournissent encore à la sixième année, cinq coupes, repré.sentant ensemble 12,000 kil. de foin à Thectare, et un regain, à faire manger en vert par les moutons, évalué à 5oo kil.
Sur le canal du Verdon, les luzernières rendant de 10,000 à 14,000 kil. de foin à Thectare, consomment de 6,000 à 8,000 m. cubes d'eau, mais les terres n'y sont pas encore assez colmatées.
La prairie Barbier, arrosée par les eaux des canaux de Crapponne et de Boisgelin, moyennant une redevance annuelle de 24 francs par hectare, reçoit une fumure annuelle de fumier, avec tourteaux, estimée à 2,000 francs. Les arrosages commencent le 2 avril, avec
les eaux de Boisgelin, et le 14 du même mois, avec celles de Crapponne.
Compte de la prairie Barbier, à Salon (4 hectares 76 }.
fr.
Dépenses : Engrais 2 .000
Eau 24
Fauchage 1 80
Fanage et main-d'œuvre 270
Charrois 1 10
Impôts 90
Total 2.Ô74
Produit brut ( 5o tonnes à 1 00 fr. ) 5 .000
Produit net 2 . 32Ô
Soit par hectare 489
On fait trois coupes, dont la première vers le 25 mai; après la troisième coupe, viennent les moutons, d'octobre à février; le berger paye de 400 à 5oo francs selon la durée de la dépaissance. Suivant le prix du foin, le bénéfice net moyen peut être bien plus élevé; la prairie, du reste, ne donnant environ que io,5oo kil. par hectare, n*a pas atteint le maximum de fertilité.
Compte d'un hectare de lu:{erne arrosée à VAnneillère {Camargue) : quatrième année.
Dépenses : Arrosage ( avril et septembre ) 54.00
Fauchages ( 6 à b fr. 5o ) 39.00
Râtelages ( 6 à 2 fr. ) 1 2 .00
Transport sous hangar et déchargement. i3.oo
Fermage 70.00
Frais généraux (impôts, administration,
etc.) 45.00
Engrais ( 3oo kil. guano dissous à 38 fr.
les 100 kil.) 114.00
Épandage i . 3o
Total des dépenses 35o.5o 35o.5o
LES IRRIGATIONS. SqS
kii.
Recettes :i'* coupt. 835\ /r« et 6« coupes
2« - 1 . 760 J ^j^ l 1 .495 kil. è 8 fr.
3« — 2.985r,, 2qJ 5o les lookil.. 127.10 4* — 2.860? j2« à 5* coupes
5* — 2.1001 / 9.705 k.àiofr.
<)• — 660/ V lesiookil 970.50
Fermage d'hiver pour 25o moutons 25.00
Total des recettes 1. 122.60 1. 122. 60
Produit net par hectare 772.10
Calculé sur les trois années, 1872, 1873 et 1874, la dépense d'établissement se trouvant remboursée dès la seconde année, en 1872, le bénéfice net moyen est de 685 francs par hectare. L'installation de l'irrigation, à Taide d'une pompe à vapeur sur le Rhône, fait ressortir le coût à 54 francs par hectare (i).
Vaucluse. — Sur le domaine de Mousquety, commune deTIsle, dont nous avons décrit l'installation pour Tarrosage (2), le prix d'établissement de l'hectare de prairie est compté à 2,526 francs. Les prairies, semées en fromental, sont arrosées par l'eau du canal de Carpentras, pendant deux jours par semaine, moyennant un système de filioles qui se déroulent autour de la colline et ne laissent entre elles qu'un intervalle variable de 4 à 8 mètres, selon la pente. Elles sont divisées en deux lots pour la fumure; ces lots reçoivent alternativement une année du fumier, et l'autre année, du guano du Pérou, mélangé à cinq fois son volume de plâtre. Le fumier provient des chevaux qui font le service de la minoterie (i3,ooo kil. de paille pour 10 chevaux), et le guano est employé à raison de 5oo kil., au prix de 168 fr. 90 le kilo, additionné de 2,5oo kil. de plâtre, valant 16 fr. 25.
(1) Voir tome I, p. 692.
(2) Voir tome I, p. 672.
D'après cela, résumant* tous les frais par hectare, le calcul des dépenses est le suivant :