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EMMAGASINEMENT DES EAUX DE LA GRUE DU NIL

Kocheicha ; un large chenal sera réservé, en cet endroit, entre le Bahr Yousef et la rive du fleuve , coupant ainsi de part en part le territoire d'irrigation.

Les bassins transformés, à Test du Bahr Yousef, seront arrosés par quatre grandes dérivations du canal Ibrahimieh, les canaux Déroutich, Sabakah, Sultani et Kocheicha. Au nord du déversoir de Kocheicha, l'irrigation se fera par le canal Ibrahimieh lui même, prolongé sur 40 kilomètres jusqu'à El Ayat, et par une dérivation du Bahr Yousef, partant en amont du pont El Lahoun, à l'entrée du Fayoum, et se dirigeant vers le nord jusqu'au point où s'arrêtera la transformation des bassins, probablement jusqu'à la prise du rayah de Béhéra. Le canal Ibrahimieh aura ainsi un parcours total de 320 kilomètres, et le Bahr Yousef de 400 kilomètres.

Le drainage de toute la région irriguée comprise entre le Nil et le Bahr Yousef, depuis Dérout jusqu'à la hauteur de Fechn, sera assuré par un grand colateur principal de 150 kilomètres de longueur, longeant toute la vallée et aboutissant dans le Bahr Yousef en aval du barrage de Mazoura. Ce drain communiquera avec le Nil par trois canaux de déversement à Charanah, à Etsa et à Fechn. Pendant l'étiage, les eaux de drainage se déverseront dans le Nil par ces trois derniers canaux. Dans la saison où le Nil sera trop haut pour les recevoir par écoulement naturel, elles seront envoyées dans le Bahr Yousef, dont le niveau pourra être maintenu, pendant une certaine période de la crue, au moyen du régulateur de Mazoura, assez bas pour cela. Enfin, quand le Bahr Yousef arrivera à être trop élevé, les eaux de drainage seront de nouveau rejetées dans le Nil, au moyen de pompes établies à l'embouchure des trois canaux de déversement. Une de ces usines élévatoires est déjà installée à Etsa.

Au nord de Fechn, l'assèchement des terres seferaprobablementaumoyen d'un autre canal de drainage traversant en siphon le chenal de Kocheicha et aboutissant au Nil après 170 kilomètres de parcours, dans la province de Béhéra, à la hauteur de la prise du canal de Katatbeh, où l'écoulement pourrait avoir lieu en tout temps dans le fleuve par gravitation. Mais cette dernière partie du programme n'est encore qu'à l'état de première étude.

Une fois tous ces projets exécutés, le tronc principal du canal Ibrahimieh, entre sa prise et Dérout, aura à débiter l'eau nécessaire à l'arrosage de toutes les terres irriguées dépendant de tous les canaux qui ont leur prise à Dérout, ce qui représente :

Pour rjbrahimieh 200000 hectares.

— le Déroutieh 32 000 —

— le Sahelieh ........ 8000 —

— le Bahr Yousef 185 000^ —

Total 425 000 hectares.

* Y compris le Fayoum.

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La section du canal jusqu'à Dérout sera suffisante, telle qu'elle est, par suite de la retenue du barrage du Nil à Assiout; mais, en aval de Dérout, il faut augmenter considérablement la capacité de ce canal, qui doit ôtre mise en état de porter un débit minimum de 46 mètres cubes par seconde en étiage et un débit maximum de 142 mètres cubes. On est en train déporter à cet effet à 49 mètres la largeur du plafond avec talus à 2 de base pour 1 de hauteur.

Les travaux d'aménagement pour Firrigation des territoires de la Moyenne Egypte, antérieurement occupés par des bassins d'inondation, présentent ce caractère que, à l'exception de la grande artère d'alimentation, tous les canaux d'arrosage et de drainage sont à créer. Les ingénieurs peuvent donc, dans l'élaboration des projets, appliquer les résultats de l'expérience acquise, sans être obligés de tenir compte, comme dans le Delta, des conditions antérieures.

Les principes adoptés sont : l'irrigation sans machines éiévaloires, par des canaux coulant au niveau des terres, et le drainage très développé, avec pompes s'il y a lieu. La figure 46 montre comment ces arrangements sont exécutés dans une partie de la province d'Assiout, qui a été terminée en 1900 et qui est située juste au nord de Dérout. Le terrain est coupé par des canaux de distribution, parallèles autant que les reliefs du sol le perr mettent, espacés de 1 000 mètres environ et longs de 2 à 4 kilomètres ; entre chacun de ces canaux sont tracées des rigoles de drainage formant ainsi un réseau d'évacuation symétrique par rapport au réseau d'alimentation. Des prises d'eau sont établies sur les canaux d'arrosage, aux frais du gouvernement, tous les 400 mètres pour l'alimentation des rigoles particulières.

Sur la surface de 23 400 hectares qui est représentée dans la figure 46, l'aménagement des canaux et des drains comporte les ouvrages suivants :

Canaux de 4,50 m. à 2 m. de largeur à la prise 70,6 kilomètres.

Rigoles de i, 30 m. à 0,50 de largeur à la prise 179,6 —

Drains de 4,25 m. à 1,40 m. de largeur à l'extrémité aval. . 53,5 — Rigoles de drainage de 1 m. à 0,40 m. de largeur à l'extrémité

aval 73,6 —

Longueur totale des canaux et drains .... 377,3 kilomètres.

La dépense s'est élevée à 144,30 fr. par hectare; ce chiffre ne comprend pas les travaux de modification du canal Ibrahimieh, la station élévatoire d'Etsa, ni la construction des grandes artères de drainage, tous ouvrages qui servent aussi à d'autres territoires, mais seulement les travaux de canalisation exécutés pour desservir exclusivement la surperficie môme des bassins transformés.

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