‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 48 sur 159 · RIL · texte numérisé non relu

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Les bassins situés entre le canal Ibrahimieh et le désert jusqu'au point d'embranchement du Bahr Yousef sont alimentés au moyen des eaux provenant du système supérieur et amenées par le Sohaghieh ; les derniers de ces bassins reçoivent aussi de l'eau du canal Ibrahimich par la prise du bassin Delgaoui à Dérout (kilomètre 61).

Quant au reste de la chaîne, le canal Ibrahimieh lui apporte l'eau d'inondation par le Bahr Yousef (ouvrage de prise de 5 arches de 3 mètres), par le canal Déroutieh, par le canal Sabakah et par plusieurs autres prises moins importantes.

Pendant longtempi, toute cette longue chaîne de bassins ne recevait ainsi qu'une eau dont le limon s'était peu à peu déposé soit le long du Bahr Yousef, soit dans les premiers bassins, de telle sorte que le sol s'en était progressivement appauvri; mais dans ces vingt dernières années, six canaux d'alimentation directe ont été creusés, au travers de la zone d'irrigation, entre le Nil et les bassins, les deux premiers, le canal Etsa (10 mètres de largeur) et le canal Âbou-Bakarah (20 mètres de largeur), vers le milieu de la chaîne, et leâ quatre autres, le canal Sultani (25 mètres de largeur), le canal Ninah (6 mètres de largeur), le canal Bahabchine (18 mètres de largeur) et le canal Magnounah (6 mètres de largeur), vers l'extrémité aval de la chaîne. Ces banaux sont endigués jusqu*au-dessus du niveau des crues de façon à ce que les terres irriguées qu'ils traversent ne soient pas noyées; ils franchisâent par des siphons le canal Ibrahimieh et par des régulateurs la digue longitudinale séparative des terres irriguées et des bassins. Ils ont beaucoup contribué à améliorer la qualité des terres des bassins en augmentant là quantité de limon qui y est apportée chaque année. Ces canaux peuvent aussi être utilisés, à contre-pente, dans une certaine mesure et lorsque le niveau du Nil le permet, à la vidange partielle des bassins. Enfin, pendant la saison des basses eaux, ils servent encore au drainage des terres d'irrigation qui sont situées sur la rive gauche du canal Ibrahimieh ; ils évacuent ces eaux de colature dans le Nil lui-même.

Ainsi, dans cette région, les canaux sont employés à des usages très différents suivant les saisons; les uns, comme le canal Ibrahimieh et le canal Déroutieh, donnent l'irrigation permanente sur certaines terres et apportent en même temps, pendant la crue, l'inondation sur les surfaces aménagées en bassins; de son côté, le Bahr Yousef arrose toute l'année la province entière du Fayoum, et sert pendant la crue à submerger plus de 200 000 hectares. Enfin, les canaux directs d'alimentation dont il vient d'être parlé sont à la fois des canaux d'inondation, des canaux de vidange et des canaux de colature suivant la saison.

Les principes qui président au remplissage et à la vidange de ces bassins sont analogues à ceux qui ont déjà été exposés. De même que la grande

artère d'alimentation est ]e Bahr Yousef, c'est aussi ce cours d'eau qui est la grande voie d'évacuation de toute la chaîne. Il porte l'énorme volume des eaux de vidange jusqu'au dernier bassin de la chaîne, bassin de Kocheicha, d'une surface de 33600 hectares, qui lui-môme se décharge dans le Nil par un grand déversoir (60 arches de 3 mètres), le seul de toute la chaîne.

Une partie des eaux du bassin de Kocheicha n'est pas d'ailleurs rejetée directement dans le fleuve. Elle est envoyée dans la chaîne aval qui se prolonge jusqu'à quelques kilomètres au nord de la pointe du Delta, et dont les eaux retournent au Nil par trois déversoirs intermédiaires et finalement tombent dans la branche de Rosette, en empruntant le lit d'un grand canal d'irrigation appelé rayah de Béhéra.

Cette dernière chaîne de bassins, qui couvre la province de Ghizeh, se trouve dans des conditions qui ne sont pas très favorables au point de vue de la qualité des eaux de remplissage et aussi à cause des dates tardives d'alimentation et de vidange; son régime dépend en effet presque entièrement du mouvement des eaux dans les bassins de la chaîne supérieure. Ces bassins occupent environ 60000 hectares^ mais la culture nabari y est assez développée dans des réserves endiguées sur les terres hautes rapprochées du Nil ; on y pratique aussi au printemps d'assez grandes quantités de cultures qedi dans le fond des bassins.

Il y aurait beaucoup à dire encore au sujet de toute cette série considérable de bassins qui s'étend au nord d'Assiout, mais nous n'y insistons pas davantage, parce qu'ils sont actuellement en train de disparaître et d'être transformés en terres d'irrigation permanente. Nous y reviendrons à ce point de vue dans un autre chapitre ^

Si l'on passe à la rive droite du Nil, on trouve que les bassins n'y forment pas un grand système continu comme sur la rive gauche, par suite des promontoires désertiques qui s'avancent de distance en distance jusqu'aux bords mêmes du fleuve. En dehors de petites séries, souvent très peu étendues et qui, étant isolées les unes des autres, sont soumises aux chances annuelles de l'alimentation directe par le Nil, il y existe cependant trois chaînes continues : l'une qui s'étend du kilomètre 825 au kilomètre 570 du Nil, soit sur 255 kilomètres; l'autre du kilomètre 495 au kilomètres 390, soit sur 105 kilomètres, et enfin la dernière, du kilomètre 115 jusqu'au Caire, soit sur 90 kilomètres.

La première chaîne comprend 57 000 hectares, la seconde 40 000 hectares et la troisième 36 000. Les deux premières ne sont d'ailleurs dites continues que parce que l'eau peut y être transmise d'un bout à l'autre au

* Voir chapitre ix.

moyen de canaux d alimentation qui chevauchent successivement les uns sur les autres par des siphons ; mais ces canaux sont obligés de traverser en plusieurs endroits des promontoires de terres incultes. Les premiers bassins de ces diverses chaînes et notamment de la dernière se trouvent dans des conditions défavorables pour Tinondation pendant les crues faibles, parce que la prise du canal d'alimentation se trouve trop rapprochée des terres à inonder par suite de la présence d'escarpements infranchissables qui empêchent de la reporter assez loin en amont.

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