‹ Les ivresses;Chapitre 12 sur 111 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RICUARD.

Ce n'était jamais vous qui brûliez?

Oh! non, sans ça...

RICHARD, éclatant de rire.

Vous avez du moins le courage de vos opinions ! (H se lève.)

Ohl oui. Tout ce qu'on peut dire de moi m'est égal, pourvu que je sois tranquille. (Se levant; d'un ton confidentiel.) Ainsi, quand M. de Limoursa atteint sa majorité, je me suis dépêché d'arranger ses affaires le plus vite possible. Je me suis débarrassé de mes comptes et, après cela, mon pupille a pu faire tout ce qu'il a voulu. Il s'est jelé d'abord à plein collier dans les... distractions parisiennes; il y a mangé trois cents mille francs en deux ans, je l'ai laissé faire. Comprenant alors qu'il n'était plus assez riche pour continuer de frayer avec ses amis du club et du sport, il m'a déclaré qu'il allait voyager, je ne l'en ai pas empêché. Plus tard, il m'a écrit d'Italie, qu'il épousait une canlalrice célèbre : je no lui ai pas même répondu. Ça m'ennuie d'écrire. J'ai appris que ce mariage lui avait aliéné le cœur de son oncle le millionnaire, qui ne parlait de rien moins que de le déshériter, et je n'ai fait aucune démarche auprès de l'oncle irrité. Enfin, si j'ai pu faire connaissance avec la comtesse, c'est que je l'ai rencontrée une fois, par hasard, à Tours où m'appelaient mes affaires; car je n'étais jamais venu ici, et, si j'y viens aujourd'hui, c'est que j'ai besoin de M. de Limours.

RICHARD, riant.

Eh bien, mais, M. Guibert, si Georges pensait comme vous cependant?

S'il pensait comme moi? il penserait sagement; mais lui, ça l'amuse de s'employer pour les autres. Ainsi, je suis sûr que je vais lui faire plaisir en lui demandant de me rendre un senice.

RICHARD

Alors, c'est lui qui sera l'obligé? J

Certainement.

RICHARD, éclatant de rire.

Ah! ah! ahl c'est admirable! (Dominique entre arec un plateau qu'il pose sur la table et sort.)

Très-bien, mon ami! (il passe à la table prend sur le plateau un verre et une carafe et verse.)

RICHARD

Non, merci!

Pardon!... Mais c'est pour moi! (il met du sucre dans Peau et l'agite avec une cuiller.)

RICHARD, riant.

C'est juste... A propos? Vous ne vous êtes jamais marié, M. Guiberl?

Naturellement. Oh! Dieu! le mariage!... La femme, passe encore, quoique après tout... Oh! mais ce sont les enfants!... car on est exposé à avoir des enfants... et moi, je les déteste!

RICHARD

Alors, vous êles seul au monde?

Tout seul, absolument... Ah! non, non, il y a un fils démon frère.

RICHARD

Votre neveu?

Hein?... Ah! oui, oui, il dit qu'il est mon neveu. Je n'avais jamais voulu le voir.

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