ACTE PREMIER. M
Il aurait bien dû se faire remplacer.
RICHARD
Oh! impossible! il faut faire son temps soi-même 1
Vous n'avez pas donné dans les ivresses, Vous?
RICHARD
Jusqu'à ce jour, je n'en ai connu véritablement qu'une seule .
Ah! oui! l'ivresse de la gloire, de la poudre...
RICHARD
Ah! cependant... il en est une autre encore qu'une fois j'ai comprise.
Laquelle?
RICHARD
Celle du jeu !
Malheureux !
RICHARD
Oh! ça ne m'a duré qu'une soirée ; c'était àHombourg. Je joua» pour la première fois! et je n'oublierai jamais les sensations douloureusement voluptueuses de ces quelques heures de vertige : Mou pouls s'était arrêté, et mon cœur me montait dans le cerveau; les croupiers dansaient devant^moi en ricanant et en me tirant la langue; je voulais rire aussi, et je sentais que les coins de ma bouche allaient rejoindre mes oreilles. Il me semblait que chaque pièce d'er était une goutte de mon sang et que les râteaux étaient de grosses araignées qui s'élançaient à tout instant de leurs toiles pour venir boire avidement tout le sang de mes veines. (Riant.) Celait terrible et délicieux! Par bonheur! je partais le lendemain, et j'avais bientôt oublié le tapis vert de Hombourg pour celui des plaines de la Lombardie.
GUIBERT, entraîné et avec clan, lai prossant la main. Ah ! lant mieux 1 mon ami, tant mieux, sacrisli !
RICHARD, riant.
Eh ! que vous eût importé que je devinsse joueur? puisque vous ne vous intéressez à personne?
GUIBERT, surpris, se dégageant.
Au fait, c'est vrai... il est certain que... car au bout du compte... (Apercevant Hippolyte qui vient d'entrer.) Ah ! voilà mon neveu I