SCÈNE IX MARIE, sur le balcon, HENRI, puis PAULA et GEORGES
HENRI
S'il disait vrai? si je pouvais espérer? Oh ! je le saurai aujourd'hui.
MARIE, quand Richard a tout à fait disparu, se penchant sur le balcon. Tiens, c'est vous, monsieur Henri?
HENRI
Mademoiselle!... (a part.) C'est singulier!
MARIE
Il y a longtemps que vous êtes là?
HENRI
Pardonnez -moi ! J'arrive à l'instant!
MARIE, à part.
Oh! le menteur!
HENRI, allant près do la maison.
C'estdonc jour de moisson aujourd'hui, mademoiselle?
MARIE
Oui, vous voyez! Voulez-vous de mes fleurs?
HENRI
J'allais vous en demander.
MARIE, à part.
Oh ! J'aurais dû attendre alors. (Haut.) Tendez votre boutonnière, monsieur. (Elle lui jette une fleur.)
HENRI
Merci, mais... Est-ce que vous ne descendez pas?
Est-ce qu'il faut absolument que je descende?
HENRI
Si vous me consultez! Oui, absolument!
MARIE
Et pourquoi ?
HENRI
Parce que j'ai la vue très-basse.
MARIE
Oh ! vous mentez encore !
HENRI
Encore!
MARIE, se reprenant.
Vous mentez, vous avez la vue excellente, au contraire.
HENRI
Qui vous l'a dit?
MARIE
Mais le gracieux bonjour que vous nous avez envoyé hier à ma sœur et à moi, du fond de la vallée, alors que nous étions là, toutes deux sur la terrasse.
HENRI
Vousjn'avez reconnu?
MARIE
Mais certainement, monsieur, puisque je vous ai rendu votre salut en agitant mon mouchoir. .