ACTE PREMIER
joie.) Ah ! c'est peut-être parce qu'elle était dans mes cheveux. (Elle Ta s* asseoir.)
HENRI
Qu'est-ce qui vous fait sourire?
MARIE, troublée.
C'est... c'est parce que je ne puis venir à bout d'attacher...
HENRI
Voulez-vous que j'essaye?
Est-ce que vous saurez?
HENRI
Peut-être ? (il place la fleur.)
MARIE
Oh ! comme vous tremblez !
HENRI
C'est que... (S'arrêtant.) C'est qu'il va faire de l'orage...
MARIE, avec une déception.
Ah!
HENRI, après un silence..
Vous n'avez jamais quitté la Touraine, mademoiselle ?
MARIE
Jamais, monsieur. J'ai été élevée à Chinon, chez notre bonne vieille tante qui m'avait recueillie à la mort de notre pauvre mère, et je ne suis sortie de chez elle que pour venir habiter ce château avec Georges.
HENRI, ému.
Et le pays vous plaît toujours?
MARIE, un pen troublée.
. 11 me plaît chaque jour davantage.
HENRI
Vous consentiriez alors à y passer votre vie tout entière?
38 LÉS ÏVftÊSSES^
Oh! oui. Les heures s'y écoulent si douces et si calmes !... G ma chère Touraine! Mais je ne me fais pas une autre idée du paradis, moi!... 11 y a surtout, près du pays d'Artoune, une vallée, vous savez bien ? avec des châteaux échelonnés jusqu'aux bords de l'Indre qui serpente à travers les peupliers. Oh! j'aimerais une habitation sur le penchant de l'une de ces collines. HENRI, virement.
J'en possède une.
AfARlË
Ah! je ne savais pas! (Elle se 1ère.)
HENRI, que l'émotion envahit peu à peu.
Mais... elle est bien triste, bien déserte !,.. Car j'y suis iout seul... et dans ce paysage doux et souriant, il faudrait un doux et souriant visage comme...
MARIE, a part, avec une joie mêlée de crainte, descendant au milieu de la