‹ Les Jacobins peints par eux-mêmes: Histoire de la Société populaire etChapitre 13 sur 19 · LIBERTÉ - ÉGALITÉ - VIVE LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

LIBERTÉ - ÉGALITÉ - VIVE LA RÉPUBLIQUE

Le 3 frimaire an III de la République française

une el indivisible.

« Lès maire et ofEciers municipaux et membres du conseil général de la commune de Provins aux citoyens représentants du peuple

composant le comité de sûreté générale de la Convention nationale.

« Nous apprenons que la commune de Provins vous a été dénoncée parce que les prêtres y disent la messe en public et dans le secret. Nous vous écrivons pour vous dire que le fait est faux. Nous avons élé des premiers à fermer les églises ; depuis ce temps il né s'est pas dit une seule messe publique; les prêtres n'ont pas cessé d'être tranquilles, et il n'est pas venu à notre connaissance qu'il se fasse aucun rassemblement nocturne ou secret sous prétexte de culte. Voilà la vérité. La commune de Provins s'est toujours maintenue dans le calme, au milieu des agitations qui l'environnaient et des troubles qui ont existé, en particulier l'année dernière, dans le district de Meaux; et les magistrats apporteront encore aujourdliui le même zèle, la même attention à comprimer tous les efforts que les ennemis de la République pourront tenter, ou pour exciter de nouvelles Vendées, seconder les projets des tyrans et éloigner le terme de notre bonheur, ou pour assouvir leurs passions féroces. On dit, à la vérité, que dans le district de Nogent-sur-Seine, département de l'Aube, à quatre lieues de Pro-

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vins, et avec lequel nos communications se réitèrent h toute heure, la Société populaire est fermée et la salle devenue un temple catholique; mais il ne parait pas que les prêtres jouent un rôle dans celte mômerie superstitieuse. Quoi qu*il en soit» cet exemple ne germera point à Provins. Les magistrats ne souffriront jamais que les citoyens fassent un pas en arrière, et, tant que le gouvernement révolutionnaire durera et que la Convention n'aura pas prononcé la réouverture des églises, les églises resteront fermées, et tout rassemblement sous prétexte de culte sera regardé et traité comme séditieux.

« Nos consciences sont pures, notre dévouement entier, nos courages fermes et notre résolution réQéchie. Mais la commune de Provins n'a pu être dénoncée sans que seà magistrats fussent inculpés et ne paraissent coupables à vos yeux. C'est pour vous faire connaître la vérité que nous vous avons écrit, et c'est pour nous purifier de la calomnie et faire punir les calomniateurs que nous vous prions instamment de nous faire délivrer une copie notifiée de la dénonciation faite contre la commune de Provins. L'intérêt de la vérité, la justice due à

nos conciloyens et Thonneur des magistrats compromis nous persuadent que vous nous accorderez notre demande. »

Cheyerry. Ratât, secrétaire.

20 frimaire an III (10 décembre 1794). — Bilan exact des finances de la Société :

Actif a. 96 7 livres 1 5 sols 3 deniers.

Passif 1.766 — 11 — i —

Avoir réel. . . i.aoi livres 4 sols a deniers.

25 frimaire an III (i5 décembre 1794). — Séance consacrée exclusivement à la poésie patriotique. Comme type de celte littérature, je reproduis la composition suivante :

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