ACTE CINQJJIÈME
Une grève au pied d'une falaise. Paysage désole et sinistre. Énormes . rochers. Au loin, la mer. Soleil couchant d'automne.
SCÈ:7^E TT{^EmiÈRE LE PRINCE, DUNCAN.
Au lever du rideau , le Prince, vêtu de son costume de montagnard réduit à l'état de haillons, eSt assis sur une roche, dans une attitude accablée. Duncan, dont les habits sont auisi misérables que ceux du Prince, est debout auprès de lui.
LE PRINCE
Duncan, jen'enpeux plus! Duncan,j'aifroicl!... j'ai faim!..
DUNCAN
Courage! Vos malheurs sont tout près de leur fin. Courage! Le repos et le salut sont proches. A sept ou huit cents pas, en prenant par les roches, Nous trouverons enfin la baie où nos amis Rejoindront Votre Altesse, ainsi qu'ils l'ont promis... Un effort, Monseigneur, et la peine est finie.
LE PRINCE
Monseigneur!... Votre Altesse!... Ah! navrante ironie!...
Marcher encor, Duncan? Je l'essaierais en vain...
Ton Seigneur est trop las... Mon Altesse a trop faiml...
DUNCAN
Je vous laisserais bien dans ces rocs solitaires
Pour vous chercher du pain... Mais rentrer dans les terres.
C'est imprudent; et nous pourrions être trahis.
Parla, c'est plein d'Anglais qui fouillent le pays...
Ma gourde est vide !... Rien à manger, rien à boire!...
Mon cher Prince, courage!... Après ce promontoire.
Nous toucherons le but, nous serons arrivés.
Lochiel, miss Mac-Donald, vingt amis éprouvés
Seront là... Le vaisseau français que l'on signale
Et qui vient recueillir Votre Altesse Royale,
Peut, ce soir, être en vue, avec ce vent du Nord...
Nous aurons un canot pour vous conduire à bord.
Sur le pont du Conti vous serez comme en France...
Oui, ce soir, — croyez-en mon ardente espérance, —