ACTE V, SCÈNE III I
Quel est le malheureux qui te tient dans ses bras ?
MARIE, le reconnaissant.
Luil
Elle se jette a ses pieds; il la relève.
LE PRINCE
Reste sur mon cœur, et viens que je t'y serre ! Nous sommes tous les deux égaux par la misère... Pas même égaux!... Tu peux me juger, pauvre enfant; Car je sens battre en toi le cœur, encor vivant. De mon Ecosse, dont la blessure est mortelle! Pauvre Ecosse! Dis-moi! me pardonnera-t-elle> A ton verdict, enfant, le Prince se soumet.
MARIE
L'Ecosse ne peut pas juger... Elle t'aimait!
LE PRINCE
J'ai courbé tous les fronts.
MARIE
Les âmes restent hautes.
LE PRINCE
J'ai fait tous vos malheurs.
MARIE
Nous oublierons tes fautes.
LE PRINCE
J'ai répandu pour rien un sang trop généreux.
MARIE
Nous admirons en toi le héros malheureux.
LE PRINCE
On devrait m'abhorrer et me maudire.
MARIE
On t'aime!
ANGUS
Crois sa parole, elle est la Patrie elle-même ! Tu peux partir, braver la mer et son péril. Va! les tombeaux seront indulgents pour l'exil.
LE PRINCE
L'exil! Souffrance amère et que j'ai trop connue! L'exil aux jours sans fin, où toujours diminue Et recule toujours de plus en plus l'espoir, Comme un navire en mer dans la brume du soir!