COQUILLE
de Latone
Copie, par Suchetet, du marbre imité de l'antique par Coyzevox en 168
: € PŒTUS ET ARRIA »
Groupe copié de l'antique par Lespingola
d'étoffe ouvragée. Le jeune Mélicerte a une écharpe jetée sur une sorte de cotte de mailles ; ses jambièrestrès hautes sont retenues par un cercled’orfèvrerie : il regarde sa mère et pose lÎa main sur son cœur en Signe d'obéissance.
Sur le roc d'où le couple
ee — ———
LOUIS XIV, LE DAUPHIN ET LES PRINCES EN PROMENADE DANS LES JARDINS DE VERSAILLES
Détail d'un tableau de P.-D. Martin représentant le Bassin d'Apollon
1 34 | | prend on élan, se dessinent des fleurs marines et un dauphin.
Au milieu de tous ces marbres
qui l'entourent, le large bassin d’eau tranquille, qui semble amener au milieu des jardins les flots du Grand Canal, porte le groupe de plomb le plus important de Versailles, le Char d'Apollon. L'art souple et délicat de Jean-Baptiste Tubi, s'est élevé ici à une singulière puissance de composition.
Le plomb fut autrefois doré et, des fenêtres du Château, le groupe
LA FIDÉLITÉ Tapis-Vert
ARTÉMISE Tapis-Vert
Marbre sculpté par Le Fèvre et Desjardins en 1695
Photo P. d'Aujee.
Le matin est venu; Apollon, reposé, quitte la grotte marine de son épouse Téthys.
Le voici qui sort des eaux sur son char lumineux, jetant devant lui des rayons. Il est bien
le dieu du jour dans sa splendide jeunesse et tient d’une
seule main les rênes de ses
quatre chevaux. La Fontaine, qui a connu le modèle de Tubi, s'ingénie à les décrire :
Les coursiers de ce dieu com- [mençant leur carrière
A peine ont hors de l’eau la croupe [tout entière ;
Cependant on les voit impatients [du frein:
Ils forment la rosée en secouant [leur crin.….
apparaissait étincelant; l'or revêtait tout naturellement le semeur de lumière. Faut-il rappeler une fois de plus qu'Apollon, si souvent répété dans ces jardins, où ses divers mythes se rencontrent sans cesse, avait une place exceptionnelle dans l'imagination des contemporains? N'était-il pas le Roi-Soleil, ce Louis XIV qui portait comme emblème la tête rayonnante du jeune dieu ? Les artistes prêtèrent souvent à celui-ci les traits et le port majestueux du souverain, jamais cependant en une œuvre plus forte et plus complète que celle qui nous arrête ici.
? d'Aujec. LA FOURBERIE Tapis-Vert
Marbre sculpté par Le Conte
Vu de face, le mouvement des groupes est en éventail ; les chevaux se partagent deux par deux ; en avant, un triton les sépare ;.des tritons nagent encore à droite et à gauche et en arrière ; ils sonnent éperdument de la conque, annonçant par le monde la venue du jour; des baleines suivent, la tête seule au-dessus de l’eau.
Le char ciselé est traîné par deux roues plus qu’à moitié hors de l’onde. Apollon est assis, le bras droit étendu pour conduire, les doigts de la main gauche légèrement appuyés sur le bord du char. Son corps nu, penché en avant, offre la ligne pure et vigoureuse de son buste, de ses jambes et de ses bras déliés. Une écharpe flottante l’enveloppe ; à ses côtés, un Amour, souriant et couché, tient une coupe.
L'énergique tête, penchée sous les longs cheveux couronnés de lauriers, suit des yeux attentivement la
Photo P. d'Aujec.
UNE AMAZONE Tapis-Vert
Marbre copié de l'antique par Buirette en 169%
marche des coursiers. Ceux de'gauche redressent le col, ivres d'espace et de clarté, hennissant sous la main ferme qui les maitrise. Ceux de droite, aussi indomptés, baissent la tête et, de leurs jambes recourbées, battent le flot.
Un colossal triton est en avant, la queue sous l’eau, le torse raidi, nageant d’un bras, les joues gonflées sur la conque. Les deux autres, qui forment la garde du dieu, se soutiennent de leur queue et, formidables, claironnent le passage de la divinité. Tout à l'arrière, un autre géant des eaux annonce ‘aux humains la venue désirée du jour nouveau, alors que, d'un mouvement fougueux, s'élance le char éblouissant qui s'en va éclairer la Terre. Tel le groupe puissant se reflète dans le changeant miroir,
Photo P. d'Aujee.
VÉNUS SORTANT DU BAIN Tapis-Vert
Marbre imité de l'antique par Le Gros en 1692
l'hoto P. d'Anjee. YÉNUS CALLIPYGE
Rampe du Parterre de Latone
Marbre copié de l'antique par Clérion en 1686
Flu P. dAue.
VASE COLOSSAL DU TAPIS-VERT Marbre sculpté par Legeret vertissements du Grand Canal, renouvelés de ceux de l'ancienne Cour, ne se doutent guère qu’ils passent devant un des plus nobles spectacles de Versailles.
Les grilles séparent ici les jardins de l’ancien «Petit Parc », qui a conservé presque intact son mur de clôture et qui couvre une superficie de 1738 hectares, alors que le « Grand Parcs, le parc de chasse, dépassait 6600 hectares. Le Petit Parc est traversé par le Canal, qui pénètre dans les jardins par une pièce d’eau octogone. Un large degré de plusieurs marches marque la place abandonnée où Ja Cour, pendant trois règnes.
S'embarquait pour se promener sur l’eau.
Tracé dans l’axe du Chàteau et des jardins, dont il
prolonge la perspective, le
dont la nappe se colore de toutes les lueurs du ciel, tandis qu’alentour la masse des arbres dresse son tranquille mystère.
Il faut voir aussi, en hiver, ce même Char d’Apollon, lorsque les glaçons enserrent l’attelage et le font plus frémissant encore en cette prison blanche qui semble immobiliser l’impétuosité des coursiers divins.
Les patineurs qui se hâtent vers les di-
Grand Canal est une des plus heureuses créations de Louis XIV. L'idée première remonte à 1667, année où les jardins prirent leur forme définitive. A ce moment, on élargissaitl’AlléeRoyale que les jardins primitifs avaient eue bien moins majestueuse, et l’on inaugurait les effets du Bassin d’Apollon, alors dit simplement « Bassin des Cygness, où les eaux jaillissantes ve-
LE BERGER CYPARISSE
Tapis-Vert
Marbre sculpté par Anselme Flamen en 1696
Photo P. d'Aujec.