BASSIN
D'APOLLON ET LE GRAND CANAL Peinture de P.-D., Martin
L'hoto P. d'Aujee,
LE CHAR D'APOLLON Groupe de plomb par J.-B,. Tubi, mis en place en 1670-1671
(Dans le fond, les bâtiments de la Petite Venise où logeaient les matelots du Grand Canal)
colonnades, à 195 mètres de largeur. La « traverse du Canal s, qui le coupe vers le milieu et donne à l'ensemble la forme d’une croix, est longue de 1013 mètres et va de Trianon à l’emplacement de l’ancienne Ménagerie. Tout le pourtour était jadis bordé d’une tablette à fleur de terre, supportée par le mur de soutènement. La pièce d’eau voisine du Bassin d’Apollon formait le port des bateaux réunis sur le Canal.
Cette flottille, qui a été entretenue jusqu’à la Révolution, se composait, au temps de Louis XIV, de navires de toute espèce, élégantes réductions de chaloupes, de galiotes et même de frégates, construites par les ingénieurs de la marine royale. Plus d’une fois, des essais de formes nouvelles furent tentés sur le canal de Versailles, où travaillèrent les meilleurs charpentiers du port de Dunkerque. Tourville, Duquesne, le marquis de Langeron furent appelés à donner des dessins et à surveiller les constructions:
Si la flottille de Versailles tient une petite place dans l’histoire de notre marine, elle en a une aussi dans
l'histoire de l’art français. Les charmantes embarcations furent toujours sculptées et décorées par les meilleurs artistes, tels que Tubi, Mazeline, les Marsy et surtout Philippe Caffiéri, le chef de la lignée célèbre des sculpteurs de ce nom.
Les frères Keller avaient fondu, à l'Arsenal, toute la petite artillerie d’un vaisseau de guerre en miniature, dont un des canons tirait à poudre. Le plus beau navire était la K grande galère », avec ses écussons et ses sculptures, ses tentures de soie frangées d'or, ses flammes, ses banderoles, ses cordages de soie aurore et cramoisie. Elle rappelait la Réale, sculptée par Puget pour la Méditerranée, dont elle reproduisait les dispositions essentielles.
La République de Venise avait offert au Roï, pour son « Grand Canal s, de magnifiques gondoles dorées, dont les premières étaient arrivées à Versailles en
-1674. Elles étaient conduites par des gondoliers véni-
tiens envoyés en même temps que leurs bateaux. Ils avaient attiré peu à peu un certain nombre de leurs concitoyens, qui formaient, avec les Provençaux sujets
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du Roi, les équipages réguliers du Canal, commandés par le sieur Consolin, de Marseille.
Bientôt se développa, en ce coin du parc, une sorte de corporation nautique, groupée, avec ses règlements et ses usages, en « une espèce de petite ville »
enclose de murs, où les familles aux noms italiens se multiplièrent et vécurent en paix jusqu’à la fin du xviie siècle. Leurs maisons basses sont en partie conservées ; on les appelle encore du nom ancien la Petite Venise.
Les jours des grandes fêtes de la Cour, de vastes illuminations étaient préparées le long des
Photo P. d'Auec.,
INO ET MELICERTE Demi-lune du Bassin d’Apollon
Marbre exécuté par Granier d'après un modèle de Girardon
berges du Canal, qu'ellesornaient d’une architecture de feu.
Le premier essai de ce genre remonte à 1673. La Gazette raconte que, le jour de la naissance du Roi, « Monseigneur le Dauphin fit une grande fête à Versailles, par des feux d'artifice sur le Grand Canal,éclairédetoutes parts d’une infinité de lumières, et par d’autres réjouissances qui durèrent une grande partie de la nuit. » C'était l’annonce de la merveilleuse soirée du mois d'août 1674, qui couronna les fêtes données par le Roi en l'honneur de la seconde conquête de la Franche-Comté.
Vigarani avait di-