MARIE-ANNE-VICTOIRE, INFANTE D'ESPAGNE
Fiancée au Roi Louis XV, plus tard Reine de Portugal Peinture de N.-A.-S. Belle
(Dans le fond, le groupe de l'Enlèvement de Proserpine, par Girardon)
à peine et laisse voir ses jambes et ses bras. Elle tient un cœur dans ses doigts minces ; une main relève sa traîne ; à ses pieds, un chien couché la regarde. C'est le pendant de la Fourberie, qui lui fait face, comme elle du dessin de Mignard. A propos de cette Fidélité,
fort ordinaire, Poulletier remarquait méchamment, révélant sans doute une rancune de sculpteur contre le Premier Peintre, que celui-ci « avait prétendu faire la
huitième merveille du monde ».
La décoration de l’Allée Royale s'achève par un dernier grand vase. Il complète la série des douze morceaux que nous avons regardés en passant et qui se répètent deux à deux, à droite et à gauche du large tapis de gazon. Ils sont d'artistes honorables et capables d'œuvres de statuaire; ce sont Hardy, Joly, Slodtz,
Legeret, Melo, Drouilly, Rayol, Barrois, Poulletier, Herpin, Arcis et Le Gros.
Plusieurs de ces vases de marbre sont chargés d’ornements, mais leur forme colossale suffirait à leur importance. En voici un décoré d’une corne d’abondance; celui-là s’agrémente de lierre et de pampre; celui-ci a le chiffre du Roi entouré de laurier et de chène, et cet autre des fleurs de soleil vigoureusement prises sur le marbre. Il en est deux où les fleurs de lis héraldiques ont été grattées. Ces grandes urnes alternent avec les douze statues du Tapis-Vert et font