LOUIS DE FRANCE, DAUPHIN (1661-1711), ET SA FAMILLE
D'après P. Mignard
en couronnes ; ceux-là, les plus nombreux, font de la basque. Ces petits musiciens rappellent la destination
musique avec les instruments les plus variés : luth, du bosquet, où tant de brillants concerts de jour et de lyre, flûte, violon, cymbales, tympanon, tambour de nuit furent donnés à la Cour.
Le groupe central qui en achève l'harmonie a été placé très tardivement. C’est le morceau célèbre de Girardon, son chef-d'œuvre, l'Enlèvement de Proserpine par Pluton, daté, sur le marbre, de 1699. II ne l’a certainement point achevé seul, à l’âge avancé qu'il avait alors, et je crois que Robert Le Lorrain, son admirable élève, y a travaillé.
On connaît le mythe de Perséphonè, dont les Romains ont fait Proserpine. Le dieu des Enfers aime
la fille de Cérès, et pour la faire reine du sombre royaume, il enlève la jeune vierge, alors qu’elle cueillait des fleurs dans les champs de Sicile. Il plaît de voir ce que le génie d’un grand maître français, en dehors de toute imitation d'œuvre antique et à peine guidé par un croquis de Le Brun, a su tirer de l'inspiration que lui fournissaient les poètes.
Le groupe, en une ligne hardie et savante, se compose de trois personnages enlacés, sortis du même