PREMIÈRE PENSÉE POUR LA FIGURE DE FLORE DESTINÉE AU BASSIN
DU PRINTEMPS Dessin de Charles Le Brun au xvin® siècle la Salle des Marronniers. Elle est encore telle que la représente l’estampe de Rigaud, avec ses huit bustes de marbre blanc posés sur des gaines de Rance, et ses deux antiques, Méléagre et Antinoüs. Au milieu des bassins qui sont à chaque bout, étaient autrefois deux autres antiques, une Muse et une Dame romaine.
On retrouve, en. cette région des jardins, divers marbres, qui proviennent peut-être de la Galerie d'Eau ; tous offrent ces hardies restaurations par lesquelles on n’hésitait point autrefois à compléter les fragments antiques. Telles sont, autour du Bassin du Miroir, les figures d’Apollon, de Vénus et de deux Vestales. Un archéologue s’arrête parfois pour les contempler; nous ne leur demandons que de se mirer, du milieu des hautes verdures, dans le demi-cercle d’eau paisible où elles jettent d’heureuses taches de lumière.
Le Miroir s'appelait aussi le « Vertugadin », à cause de la forme de son dessin; ce terme désignait, dans le jardinage de l'époque, «un glacis de gazon en amphithéâtre, dont les lignes circulaires At Je terminent ne sont pas parallèles ». La pièce d'eau avait été creusée
en 1683, en même temps qu’une pièce plus grande, aujourd’hui entièrement comblée, l'Ile Royale ou Ile d'Amour. Les deux bassins, de niveau inégal, étaient séparés par la chaussée qui existe encore ; l’eau de la première pouvait s'écouler dans la seconde par une rangée de vasques de pierre, où elle tombait en cascades mêlées de jets d’eau, disposition ingénieuse que rappellent seulement les images anciennes.
L'Ile Royale est devenue un bosquet charmant, clos de treillage, où une large pelouse, des massifs toujours très soignés, et une colonne isolée surmontée d’une statue de Diane, font penser, dès l'entrée, à un jardin. anglais du commencement du xix° siècle. Il date préci ; sément de 1817. Louis XVII le fit tracer pour assainir cet emplacement; la pièce d’eau, n'étant pas entretenue, 1e avait produit un marais fangeux, où l’on venait jeter les décombres de la ville. ml
Aux angles de ce bosquet, qui porte le nom de Jar- ne din du Roi, deux jolies salles de verdure sont ménagées; un vase imité de l'antique s'y trouve le centre d'un parterre de rosiers. Hors du treillage, deux statues colossales apparaissent entre les grands arbres, la Flore Farnèse et V'Hercule Farnèse, copiés PA Raon et pee “#4
PRE MIÈRE PENSÉE POUR LA FIGURE DE BACCHUS DESTINÉE AU BASSIN DE F AUTOMNE Dessin de Charles Le Brun Cornu; ces marbres décoraient, à l'époque de Louis XIV, les borde de l'Ile Royale.
La grande allée qui ramène vers le Château est exactement symétrique, dans le dessin des jardins, à celle où nous avons rencontré les bassins de Cérès et de Flore. Les deux autres Saisons sont ici non moins