‹ Les jardins de VersaillesChapitre 134 sur 143 · RS · texte numérisé non relu

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une innovation du xvu° siècle. Ce cadre coloré, qui achève les bâtiments d’apparat en continuant leurs lignes, se retrouve déjà dans nos miniatures du Moyen Age et de la Renaissance. Les principes de cet art ont donc été posés par nos ancêtres, et, s'ils n'atteignent leur plein développement qu'avec Le Nôtre, né et élevé parmi les jardiniers royaux, cela tient moins au génie de ce maître, qu'à la carrière exceptionnelle qu'il lui

fut donné de parcourir. Ainsi s'explique comment un artiste a pu concevoir une telle œuvre de clarté, de logique et de magnificence.

Pour sentir cette perfection dans sa plénitude, il faut se tenir sur la terrasse qui domine l'Orangerie. On y saisit l'heureuse pensée qui fit aménager les abords du Château. Au nord, les grands arbres plantés le long du parterre arrêtent le passage des vents froids ;

Photo P, d’Aujee.

LA .REPLANTATION DES JARDINS DE VERSAILLES SOUS LOUIS XVI. — VUE DE L'ENTRÉE DE L'ALLÉE ROYALE EN F7

Peinture de Hubert Robert (Salon de 1777)

le midi demandait une disposition différente, non seulement parce que l'ombre prolongée des arbres eût été triste sur les fleurs, mais encore pour varier

l'effet d'ensemble. La symétrie, qui partout règne à Versailles et qui semble essentielle au parc à la française, a été rompue ici de façon hardie et admirable. Il n’est pas de plus grandiose idée que celle de cette terrasse tombant à pic comme une falaise devant le

plus noble horizon.

Au delà de lOrangerie et des grilles qui ferment les Jardins, s'étend la vaste nappe de la pièce d’eau des Suisses, dont la longueur fut à dessein exagérée pour les besoins de la perspective. Tout au fond s'élèvent les coteaux touffus de Satory, rappelant l’époque ancienne où le pays de Versailles n’était que forêts. Les bois montent dans le lointain, égayés souvent par la blanche fumée des trains de Bretagne. Sauf ce détail de vie moderne, rien ne vient contrarier

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