‹ Les jardins de VersaillesChapitre 56 sur 143 · FRANÇOISE-ATHÉNAÏS DE ROCHECHOUART, MARQUISE DE MONTESPAN · texte numérisé non relu

FRANÇOISE-ATHÉNAÏS DE ROCHECHOUART, MARQUISE DE MONTESPAN

Peinture de l'Ecole de Mionard

Le bosquet actuel des Bains d' Apollon ne date que de 1778; il a remplacé les deux bosquets du Dauphin et des Bains d’Apollon qui existaient sous Louis XV. Le second avait lui-même succédé, à la fin du règne de Louis XIV, au curieux bosquet primitif du Marais. C’est à ce moment que furent transportés, dans cette partie du jardin, le groupe d’Apollon servi par les Nymphes, qui avait été jadis, aux premiers temps de Versailles, l'ornement principal de la fameuse grotte | de Téthys.

Après la destruction de cette grotte, le groupe d’Apollon et les chevaux du Soleil qui laccompagnaient furent d’abord installés au bosquet des Dômes, que nous visiterons dans le bas des jardins. Ils y restèrent jusqu'en 1704, année où fut créé le premier bosquet des Bains d'Apollon. On les plaça sous des baldaquins dorés d’une cer taine richesse décorative, que montrent les anciennes représentations, mais qui cependant ne furent jamais regardés que comme un abri provisoire. Le goût ayant changé au cours du siècle et le remaniement du parc ayant commencé avec le règne de Louis XVI, Hubert Robert dessina ici un fort beau jardin « anglais 5, au milieu de Ja création de Le Nôtre, et il imagina, pour y conserver Il | les marbres anciens, une | nouvelle etingénieusegrotte de Téthys.

Elle est loin du goût louisquatorzien, cette grotte d’un pittoresque inattendu.

Le bosquet de verdure, à .

l'ombre des grands arbres ce er 1 . qui leficercient, ofre

Photo P. d'Aujrc. ÉSOPE LE PHRYGIEN Jadis à l'entrée de l’ancien Labyrinthe, aujourd’hui au Bosquet lieu de fraîcheur et de sutr-

de l'Arc de Triomphe Figure de plomb par Le Gros (1673) prise, qui repose agréablement des aspects ordonnés et majestueux du reste des jardins.

La grotte, tout au fond, se dresse, creusée en haute arcade que soutiennent des colonnes qui semblent taillées dans le roc. De tous côtés, des arbres l'entourent. Au bas est une nappe d’eau envahie par des plantes aquatiques qui montent jusque sur les bords du rocher. A l'entrée de la mystérieuse retraite, dont la sombre profondeur fait ressortir le blancheur des marbres, Hubert Robert a disposé le groupe harmonieux d’Apollon et des Néréides.

Le dieu du Soleil, fatigué de la course du jour sur son char de lumière, vient se reposer chez la déesse des Mers. Les filles de Téthys s'empressent autour du glorieux fils de Latone, le baignent et le parfument.

re ù

æsn

RESF < 2 ME

Page 1