‹ Les Jésuites à MetzChapitre 107 sur 107 · PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE

1854. Raoul du Coëtlosquet, de Metz. Mort 1860.

i855. Charles Breck, de Metz, .lésuite.

iS56. Paul Purnot, de Metz, avocat à la cour de Metz. Mort i8(')r).

1857. Joseph Ehrmaun, de Strasbourg, Jésuite, provincial i8(jo.

i858. Léon Altmaj-er, de Saint-Avold, élève de l'Ecole polytechnique. Mort i863.

1859. Charles Chlapowski, de Czer\vt)nawicz.

18G0. Henri Bertrand, de Briey, avocat, maire de Briey, conseiller général. Mort 1889.

1861. Paul Deguerre, de Rambervillers. Mort 1862.

1862. Auguste Haas-Rohmer, de Barr, docteur en médecine. i863. Edouard Boulangé, de Metz, élève de l'école pol)technique,

des mines. Mort 1878.

iSe)4. Charles Marcus, de Metz. Mort 1882.

i865. Félicien Grivel, de Valtin (Vosges), docteur en droit, magistrat.

1866. Aimé Wit^, de Cernay, élève de TEcole centrale, docteur

ès-sciences, professeur à l'Université catholique de Lille.

1867. Gabriel Le Bciil, de Jargeau (Loiret), .Jésuite.

1868. Prosper Clément de Grandprey, de Haguenau, officier du

génie.

i8Gy. Michel Miladowski, de Wilna, docteur ès-lettres, agrégé de rUnivei'sité, professeur. Mort iS8(j.

1870. Alfred Piff'ard, de Molsheim, Jésuite.

1871. Jules Reimsbacli, de Metz, Jésuite.

1872. Jules Méot, de Conflans, officier d'inlanterie.

RHKTORIQUK

i853. Eugène Béhé, de Massevaux. Mort 1861.

1854. Félix Bastien, de Mirecourt, banquier à Paris.

1855. Edmond Diilhoit, d'Amiens, architecte du gouvernement,

inspecteur des monuments historiques. Mort 1889.

i856. Alfred de Geyer, de Sarreguemines, Jésuite.

1837. Edouard de Morlaincourt, de Montpellier, colonel du génie.

i858. Charles Clilapowski, de Czerwonawicz.

i8Sq. Henri Bertrand, de Briey, avocat, maire de Briey, conseiller général. Mort i88g.

i8(")o. Emile Mnller , de Bouzonville, contiôleur principal des contributions directes.

1861. Auguste Haas-Rohmer, de Barr, docteur en médecine.

1862. Paul Rousselot de Morville, de Nancy, docteur en droit,

auditeur à la Cour des comptes. Mort i885.

i863. Joseph Zoltowski, d'Urbanow.

1864. Victor Jacquemard, de Vouziers, avocat. Mort 1888.

i8(J3. Joseph Heinrich, d'Ammerschwihr, Jésuite.

i8(;b. Edouard du Coetlosquet, de Metz, docteur en droit, volontaire 1870, abbé de Saint-Maur de Glanfeuil.

1867. Charles Vuillaume, de Buchy.

1868. Camille Caruel, d'Arras, Jésuite.

1869. Charles Médinger, de Rombas, emplové des douanes.

1870. René Herpin, de Saint-Dié, ingénieur des ponts-et-chaus-

sées.

1871. Louis Viard, de Neufchâteau, jésuite. Mort 1882.

1872. Georges Saunois de Chevert de Metz, avocat.

63. Parmi ces derniers, nous citerons : Charles Pierron, avocat général à Douai; Tony Marlier, avocat général à Aix ; Louis de

Lonias , substitut du procureur général à Caen ; Henri Roget, avocat général à Clermont-Ferrand ; Jules Guesquin, juge à Charleville ; Raymond de la Gorce, procureur de la République à Douai ; Gaston de Maillier, procureur de la République à Rochefort ; Adrien Bouchon-Garnie}-, procureur de la République à Rocroy, etc. On peut ajouter à cette liste un secrétaire général de préfecture, trois sous-préfets, des conseillers de préfecture et plusieurs membres de l'administration des finances.

64. Le R. P. Jean-Baplisic Stinnp/, né le 9 février 1817, élève de Fribourg, entré au noviciat le 16 octobre iS3j. Professeur et surveillant aux collèges de Fribourg et de Brieg.

Professeur de philosophie à Brugelette i85o, à Liesse i85i.

Profès à Saint-Augustin à Metz le 2 février 1854.

Préfet des études à Metz, en même temps que professeur de mathématiques des élèves de seconde, chargé en outre de la surveillance générale de la bibliothèque, des malades, confesseur et de plus en i833 ministre des maisons de Metz.

Recteur de Saint-Clement du 17 septembre iSSjau 23 août 1867.

Missionnaire en Kabilie 1867.

Ministre, préfet d'église et président du cercle des jeunes gens à Lille 1868.

Aumônier militaire 1870.

Recteur de Saint-Clément du 21 juin 1871 au 28 juillet 1873.

Recteur du collège Saint-Ignace de Dijon 23 juillet 1873.

Mort à Dijon 3 décembre 1878.

Que de fois nous avons voulu essayer d'écrire la vie du Révérend Père Stumpf!

Chaque fois la plume est tombée de nos mains. Les renseignements font défaut. . . On s'adresse au.\. Jésuites ; ils ont en vénération la mémoire de leur frère, mais ne savent que vous répondre • Le P. Stumpf. . . il a suivi sa règle, il a obéi à ses supérieurs, il était doux et humble de cœur, il aimait ses frères et ses enfants. On demande à Lille, en Algérie, en Allemagne. Partout où il a passé, tous écrivent : il nous a soulagés, il nous a consolés, il a guidé nos enfants, pansé nos blessures, adouci nos souffrances Transiit benefaciendo.

Et cependant cette vie est celle d'un saint. Ses œuvres montrent une force de volonté, un génie d'organisation, un talent surhumain à manier les cœurs et les âmes. Que de fois avons-nous vu des gens indifférents, hostiles même, quitter le Père Stumpf, ralliés à la grande cause qu'il défendait ou, tout au moins, convertis et

favorables à ses projets. Il savait par sa douceur, par sa franche bonhomie, par son esprit charmant, s'attirer l'affection de tous ceux qui l'entouraient. C'est lui qui a enseigné à tous ces jeunes gens morts sur les champs de bataille à mêler Théroïsme du soldat à la résignation du martyr. C'est lui qui a su imprimer dans des âmes de vingt ans de tels sentiments de foi et de patriotisme qu'elles étaient heureuses de se sacrifier pour l'Eglise et pour la France.

En quittant Metz, le Père Stumpf avait été envoyé à Dijon, pour y fonder le collège Saint-Ignace. Là, comme à Metz, il aborda carrément la position. Il apprit à tous ceux qui l'approchèrent à vénérer et à aimer les Jésuites. Il sut en peu de temps se concilier l'estime et l'affection de toute la population de cette grande ville.

Usé et épuisé par tant de luttes et de travaux, le Père Stumpf est tombé à l'âge de 62 ans.

Pendant les derniers jours de sa vie, il supporta avec une patience et un courage héroïques d'intolérables souffrances. Le médecin qui le soignait, répétait: «Je ne comprends pas où cet homme peut prendre la force de souffrir comme il le fait. » Pendant les dernières angoisses de son agonie, torturé par d'indicibles douleurs, il répétait: «Mon Dieu, je ne peux pas dire aiuplius , mais je ne veux pas dire satis. » Il savait l'etïicacité de la souffrance volontairement acceptée et quand on lui faisait respirer du chloroforme, il disait en souriant: «Jésus, sur la croix, n'avait pas de chloroforme. »

Dans cette lutte terrible entre la vie et la mort, il eut la joie de recevoir la bénédiction paternelle du Souverain-Pontife. Contrairement aux prévisions de la science, ses derniers moments furent calmes; il régla lui-même, comme recteur de la maison, le cérémonial de ses obsèques jusque dans ses moindres détails, ordonnant la plus grande simplicité et s'éteignit le mardi 3 décembre 1878, à six heures trois quarts du matin, soutenu et assisté par son neveu, le Père Victor Stumpf.

Ses volontés ont été scrupuleusement observées. Le convoi du pauvre l'emmena à sa dernière demeure. Il était suivi par toute la population catholique de Dijon. Nulle parole humaine ne retentit au moment où se comblait la tombe de l'humble religieux.

Toutefois, dans toutes les villes où se trouvaient des élèves de Saint-Clément, ils firent célébrer un service solennel, touchant témoignage de leur affection et de leur vénération.

Ce service à Nancy fut célébré le 3 décembre. Une assistance nombreuse, composée en majeure partie d'anciens élèves de Saint-

NOTES ((34) 44b

Clément, venus des départements voisins et du fond de l'Alsace et de la L.onaine remplissait la chapelle de la résidence des Jésuites. Le sanctuaire, orné par les femmes, les mères et les sœurs des anciens élèves, les chants dirigés par le R. P. Truck, tout était de nature à impressionner vivement l'auditoire. En quelques mots émus, le R. P. Félix, alors supérieur de la résidence de Nancy, a retracé les liens qui l'unissaient au PèreStumpfet a montré la perte immense que faisaient la Compagnie de Jésus, la France et l'Eglise. Il termina en développant cette pensée que la plus grande gloire du Père Stumpf était dans ses enfants et que ceux-ci n'avaient qu'à se montrer pour faire deviner ce qu'avait été leur maître.

<f In sfc»i beatiX' resurreclionis ! C'est le rendez- vous qu'il donne à ses anciens élèves qui, dispersés aujourd'hui, apprennent sa mort prématurée. Il n'est plus là, prêt à répondre au premier appel, cet ami si fidèle, ce père si dévoué, ce conseiller si sage. Il n'est plus là, mais sa mémoire et ses exemples lui survivent. Il laisse derrière lui toute une génération d'hommes de foi et de courage, fidèles à ses enseignements, animés de son esprit, prêts comme lui à user leurs forces et à offrir à Dieu leur mort pour l'Eglise et pour la France. »

Des articles nécrologiques parurent dans plusieurs journaux, nous ne donnerons ici que les lignes suivantes insérées dans le Vœu national de Metz :

n Un éminent serviteur de Dieu vient de recevoir la récompense de ses grands et nombreux travaux. Le R. P. Stumpf, ancien recteur du collège Saint-Clément, vient de mourir à Dijon, où, au prix d'inénarrables fatigues, à travers mille obstacles, il avait fondé une maison d'éducation aujourd'hui en pleine prospérité. Il n'est pas un de nos concitoyens qui n'ait au moins vu cette franche et lovale figure qui était l'enseigne de ce cœur excellent, de cet esprit aimable, de ce caractère entre tous sympathique. Homme du monde et prêtre édifiant, la virilité de sa volonté, le zèle de son apostolat, le parfum de ses vertus en faisaient une de ces physionomies à part qui commandaient le respect et l'estime. Dévoué jusqu'à l'immolation, aux intérêts de la jeunesse, il a usé ses forces pour lui assurer les bienfaits d'une éducation à la fois achevée et chrétienne. Déjà malade, accablé par la souffrance, il se raidissait contre ses atteintes pour accomplir sa mission et l'on peut dire que le vaillant lutteur est mort à la peine. Jeune encore, mais usé par l'excès du travail, affaibli par l'assaut des épreuves qui n'ont pas manqué à sa vie militante, il s'est éteint prématurément, ou plutôt il est mort debout et toujours à l'œuvre. Il n'avait pas fini

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sa tâche ici-bas, mais il lui avait donne toute son activité, toute son intelligence, toute son àme et Dieu, dans sa miséricorde, en a abrégé la durée et l'a trouvé mûr pour le ciel.

« La nouvelle de sa fin sera accueillie à Metz avec une douloureuse émotion. Beaucoup de nos concitoyens pleureront en lui le conseiller prudent, l'ami fidèle, le bienfaiteur spirituel de leurs enfants et sa chère mémoire ne périra pas parmi nous. »

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