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CHAPITRE VI

DE QUELQUES ÉCOLIERS ILLUSTRES DU COL LÈGE DE SAINTE-MARTHE ET DU PUYGARREAU

I Noms éélbbres de la prémière période : Guëz de Bulzaé. — Dabillon, =:

Fauveau. — Olivier, — De La Quintinle, — beñesdé, |

II. Deuxième période : Rousseau de la barisière. — Nadal, — Rivet de Ja Grangé. — Dé Foudras de Courcenai. — DE Fertièfes. — Brümauld de Béaurégard:

Ce que l'on vient de lire au sujet de ces écoliers brisant les clôlures, pour dévasier le jardin des Révérends Pères, passant le temps des classes à jouer aux dés chez Mignon et Doré, troublant les études, les actes de l'Université, injuriant leurs professeurs,. elc., elc., ne doit point faire oublier que, chez les Jésuites du collège royal de Poitiers, il y eut aussi des élèves studieux, qui, lorsqu'ils 8e livraient en publiée aux exercices de l’école, méritaient d'être écoutés, encouragés par dés Présidents de cour, par des conseillers au Parlement, par le publie tout entier. Très peu cependant parmi eux 86 Sont acquis une renommée dans les laltrés, 168 gciences, les arts, la magistrature, la politique, la guêrre, réalisant ainsi les promesses qu'ils avaient fuit espérer à leurs débuts. Nous séparons ceux dont lës noms onl pu arriver jusqu'à nous én deux périodes, selon qu'ils appartiennent au XVIe où äu XVII° siècle. \

L'un des plus illustres écoliers de la première période de histoire du collège de Sainte-Marthe fut Guez de Balzac,

surnommé l'Ærmile de la Charente. Après avoir appris la grammaire au collège communal d'Angoulême, sa ville natale, il vint poursuivre ses études à Poitiers, dès 1608 (il avait alors 14 ans), dans le collège du Puygarreau où provisoirement les Jésuites durent faire l'ouverture de leurs classes. Il y resta deux ans, au bout desquels il partit pour la Hollande.

A Poitiers, il eut pour professeur d'humanités le fameux P. Garasse, qui fut plus tard l’un de ses plus fougueux adversaires. Le Jésuite se vantait, dit-on, « d'avoir donné les commencemens à la profondissime erudition » de son élève !, mais celui-ci n'avait gardé qu'un piètre souvenir de ce qu'il appelait « les ordures du college » et principalement « du mauvais temps que lui avoit fait passer Ciceron, ce tyran de notre enfance, disait-il, qui nous a fait hayr le latin avant de nous le faire aimer » ?. Ceci n’était qu'une boutade de polémiste en mauvaise humeur. C'est, en-effet, dans la lecture attentive de Cicéron que Balzac avait puisé le goût des périodes nombreuses et soutenues. A l’école des Jésuites il serait plutôt redevable de l’hyperbole et de la déclamation, de l’enflure, de cette affectation enfin que raille si spirituellement le poète Maynard :

Il n’est pas de mortel qui parle comme lui.

Parmi les nombreux correspondants de Balzac figurent d’ailleurs plusieurs Jésuites * auxquels le célèbre écrivain ne ménageait pas ses éloges. Au nombre de ces religieux était le P. Vital Théron, autre professeur de l'époque, celui-là même qui avait prononcé le discours d'inauguration du collège de Poitiers. A l'envoi de quelques pièces de vers écrites en sen honneur, Balzac répond par ces louanges emphatiques : « Etre loué de vous devroit etre une ambition de roi, et je lasouhaite à ceux qui possedent tout ». À soixante-quinze ans, le même Père donnait un poème « incomparable, qui prouve, disait toujours l'hyperbolique écrivain, qu'il y à encore d’admirables

1. Apologie pour M. de Balzac (sous le nom au prieur Ogier), 1627.

‘2. Histoire des Jésuites de Paris, par le P. Garasse. Cf. Boissonnade, 0p cit.

3, Les PP, Alemay, Du Creux, Gaudin, etc.

vieilles qui en l’age d’Hecube ont autant d'amants qu'Helene en avoit dans la fleur de la jeunesse » !.

Dabillon André fut très probablement le condisciple de Balzac au collège de Sainte-Marthe. Il était fils de Dabillon, sieur de Limbaudière, qui fut maire de Lyon en 1609. Le jeune André se distingua à Poitiers par sa piété et ses connaissances précoces. Ses études finies, il se fit jésuite et alla à Bordeaux pour yenseigner. Au bout de quelques années, il abandonna la Compagnie et rentra à Niort, où il obtint la cure de Magné, près de cette ville. Il est l’auteur de divers ouvrages de théologie qui eurent alors beaucoup de vogue. Il mourut en 1664.

Presque à la même époque étudia au collège des Jésuites le jeune Christophe Fauveau, issu d'une des meilleures familles de Poitiers. Il fit là ses premières études jusqu’à la philosophie inclusivement. Le collège n’eut point d’élève plus attaché au travail, et plus avide de s'instruire. Après s’y être fait recevoir maître ès arts, il alla se perfectionner à Paris.

De retour dans sa patrie, il fut nommé chanoine de Saint- Pierre et official de Poitiers. C'est lui qui, le 5 juin 1643, prononça l’oraison funèbre de Louis XIII; elle fut imprimée à Poitiers la même année.

Pierre Olivier naquit à Poitiers ou aux environs vers l'an 1622. Après avoir fait ses études au collège royal, il entra, jeune encore, dans la Société des Jésuites en 1641. Au collège de Sainte-Marthe, tout en continuant de suivre le cours de théologie, il professa pendant plusieurs années les humanités ; après quoi, il fut chargé de la rhétorique, qu'il enseigna pendant plus de vingt ans, de 1660 à 1684 environ. Dans l'intervalle il fut envoyé quelque temps à Bordeaux, où il occupa la même chaire.

Le P. Olivier fut un professeur de talent. Joignant l'exemple * aux préceptes, il composait de temps en temps des discours ou des dissertalions sur les matières qui lui paraissaient les plus susceptibles d'embellissements. Il apportait une extrême attention dans le choix de ses sujets, ne craignant rien tant que de déplaire ou d’ennuyer.

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