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DOCUMENT AY
DOCUMENT A Y (Voy. liv. VI, ch. IV, p. 270).
Immédiatement après (:27 août 1820), le comte Saurau adressa au P. Landes la lettre qui suit :
« Ce que je vous ai dit de vive voix, il y a peu de temps, à • « ma grande consolation, je vous le communique aujour- « d'hui par écrit. Sa Majesté Impériale a résolu de donner « aux Jésuites qui arrivent de Russie un collège en Galicie « avec la rhétorique et la philosophie, et d'ouvrir un pen- « sionnat à Léopol ou ailleurs. Sa Majesté Impériale veut .« donc que, pour cinquante Jésuites (parmi lesquels compte « aussi le provincial), capables de remplir ces fondions, on « ouvre un collège et un cours de philosophie à Tarnopol, * un pensionnat soit à Léopol soit ailleurs. Pour l'entretien « de ce personnel, Sa Majesté a marqué une pension annuelle « de 300 florins par tête, à commencer du premier septem- « bre, et de plus 4.000 florins pour la réparation du bâtiment « des classes. La somme nécessaire pour les autres frais « d'entretien de l'église, de la maison des Pères, du pension- « nat et du collège, sera assignée plus tard et prise sur le « trésor public. En attendant que Sa Majesté en décide autre- " ment, les Jésuites sont exempts, comme les Piaristes et « les Ursulines, de la loi d'amortissement (c'est-à-dire qu'ils « peuvent acquérir des biens), pourvu toutefois qu'ils infor- « ment le gouvernement de toute acquisition nouvelle qu'ils « feront. Sa Majesté Impériale demande aussi que les Jésui^ « tes, en fout ce qui regarde le système des éludes et la jiiri- « diction spirituelle, se conforment aux lois de l'État. Elle « permet cependant de lui faire connaître en quoi et de quelle " manière ils peuvent en obtenir Vexemption, afin que l'es- « sence de leur Institut ne soit violée en rien. Enfin Sa Ma « jesté Impériale désire que l'on ouvre au moins une ou deux
LES JÉSUITf;S DE LA RUSSIE-BLANCHE
« classes au commencement de la prochaine année scolaire. »
(Decretum cancellariœ supremae aulœ. — Mns. Arch. Jes. vol.)
Ce rescrit de la chancellerie impériale ne s'accordait pas beaucoup avec la promesse suivante, donnée par l'empereur au P. éwiQtochowski, provincial, lors du voyage de ce dernier à Rome pour la congrégation : « Je veux conserver les Jésuites en Galicie, comme ils y étaient autrefois », lui avait dit l'empereur. En effet, si les Jésuites devaient rester comme ils étaient autrefois, les lois joséphistes ne pouvaient pas leur être appliquées. Les Pères se réjouirent cependant de cette promesse : Yolo vos manere ut antiquos Jesuitas, et s'attendaient à ce que la présentation de leur pétition ne serait qu'une pure formalité ; c'est pourquoi le P. Landes envoya une copie de ce rescrit au P. Tywanidewicz, qui remplissait en Galicie les fonctions de provincial, et lui recommanda non seulement de retenir les Jésuites qui habitaient encore en Galicie, mais d'en faire venir de Suisse et d'Italie ; tellement qu'à la fin de 1820, la province de Galicie comptait 452 religieux. De son côté, le comte Saurau ordonna au comte Taaffe, vice-gouverneur deLéopol, d'exécuter la volonté de l'empereur ; le vice-gouverneur transmit ces ordres au starostat de Tarnopol, M. Von Thùrmann.
DOCUMENT AZ (Voy. liv. VI, cli. IV, p. 27.->).
Je crois devoir donner dans son intégrité le texte latin que le P. Zaleski ne l'ail que résumer. J'en reconunande la lecture et la méditation à ceux qui reprochent aux Jésuites de n'aimer que les ministères brillants et faciles:
Mittuiitur igitur nonruilli de Nostris, qui curam parœciarum vacanlium gérant. Parœciœ autem lis dantur ejusmodi, in quibus. qui habitare vellent, nulli passim inveniebantur
DOCIIMKNT AZ
sacerdotes. Inde vero provenire omnino necesse erat, ut templa saltem in aliquibus, tanquam in locis desertis, derelicla atque destrucla essent : suppellex eorum pauper, modicaaut nulla;habitatio rimis dehiscens, frigori, pluviœ ac venlis pervia raina3qae proxima : prïeterrea sumraa inopia eorum quœ ad iisum quolidianiim plane sant necessaria; non lecliis, non mensa aut tabula ad scribendum, non sella, non cellapenaria, non locus ipse aul vicinia unde cibi vel vilissimi, impenso quoque prelio, pro letnpore parari possent. Addo his distantiam locoruni ad parochiam attinentium, alicubi ad octo vel deceni milliaria italica in longum vel in latum a templo facile excurrentem, populum sine ministerio sacerdotum passim rudem ac ignarum religionis, in nonnullis partibus superstilioni quoque deditum ac in moribus dissolutuin. Ilinc aulem quanta œdium sacrarum paupertas, quanta habitationis inconimoditas, quanta ciborum penuria, quantus in visitando populo labor, in inslruendo diligontia, in comniovendo vis atque gi-alia cœlestis noslros operarios comilari debuerit, quis ignorât? Neque illi iisec incommoda brevi tanlum intervalle perferebant ; ad id enim temporis multa ex lis sublata non sunt; tutoque aftîrmari potest nullius horum sociorum noslrorum sustentationis et habilalionis rationem rigida3 paupertatis nostra^ limites excedere : aliquorum vero ita miseram liactenus fuisse, ut parum abfuerit quin niendicorum similis esse diceretur ; pra'sertim quod solide anno, omni pensione destituti, solis eleemosynis ullro oblatis, iisque exiguis, sustentati essent, neque in posterum, suppeditato jam aliquo subsidio vitœ ex terario publico, tum propter vetusti penitusque deslructi doniicilii vilia, tum propter inopiam alimentorum in loco difficuUatemque ea aliunde conducendi parandive opportune tempore, admodum melior fore speralur. Quamvis aulem operarii nostri in tanta paupertate vel miseria vilam agebant, innuUatamen re partibus suis defuere, ingentesque laborum suorum fructus, promovenlibus pios
eorum conatus Superis, brevi tempore perceperunt. Atque haîc sunt in genore dicta de Nostris, qui curam animarum in parochiis exercent; exinde jani aliqiia in specie de lis commemoranda esse videntur ; ac primo de incommodis eorum, tum deinde de laboribus et industria, postremo de successu et fructibus laborum.
Non defuerunt profeclo loca, in quibus, ut alia incommoda silentio praetermittantur, bini ex nostris, non inventa alia ad habitandum domo, oblalum tandem sibi cubiculum longe angustissimum, ex quo nuper, studio hune in finem, sus lactans cum porcellis alio translata fuerat, aliquot mensibus incolore, atque fœtoreni loci valde inamœnum et importunitatem bestiœ, ad cubile suum sœpius reverlentis molestoque cum grunnitu illud deposcentis, prœcipue ab initie, tempore hyberno, perferre coacti erant ; alii duo in domicilie ruinoso ac per tectum pluviam Iransmittente coUocati, tempestate imbribus obnoxia, nuUum invenire potuerant locum, ubi diu noctuquo, spatio aliquot liebdomadarum, sose ab aqua tutarentur; iidemque, et prœter lios alii haud pauci, Juda?is tantum vel pauperibus colonis oppidum aut pagum incolentibus, non solum alios cibos, sed ne panem quidem aliquando liabere poterant, nisi hune mature procurassent, vel ahquot milliaribus italicis conduxissent. Itaque eveniebat aliquibus, pra^cipue ab initie, ut carnibus, piscibus et ipso pane carentes, vilibusque lantum veseentes juseulis atque pulmentis, bone jejuni intègres dies transigeront ; alii denique nonnulli dimidio vel integro milliari italico dissiti a temple habitabant, et tempestate maxime fœda, aut via prœter modum lutosa prœaltisque nivibus operta, frequenlare illud singulis diebus, et non raro ahquoties de die, cogebantur ; quin tamen vel hoc solatio perfrui ipsis lieeret ut quotidie sacriflcare possent, eo quod in unoloco, prrrter omnem eorum expectalionem, nuUte vestes sacne, nullusque ealix conseeratus inventus fuisset, neque, propter longinquitalem ilineris.
DOCUMENT BA
ab alio sacerdole, qui ipsemet iisdem opus habebat, facile conduci siioque tempore ad eum remilli possent. Tantis autem Nostrorum in specie malis, nulluni ab iis quorum intererat, usque ad hoc tempus adeo efficax reniedium adhibitum fuit, ut omni ex parte iis mederetur. (N. T.).
DOCUMENT BA (Voy. liv. VI, ch. V, p. 283)
On expbquait en effet, dans l'esprit de Fébronius, des auteurs condamnés par l'Église ; citons quelques titres et quelques noms :
Enchiridiûn juris ecclesiastici auslriaci, de Recliberger, docteur en théologie à Linz.
Théologie morale, de Charles Reyberger.
Histoire ecclésiastique, de Dannemajer, professeur à Vienne.
Introduction à VÉcriture Sainte de V Ancien Testament et Herméneutique, parle docteur Jahn.
Archéologie biblique et appendice à f Herméneutique ou exercice d'exégèse sur VÉcriture sainte, par le même auteur.
Tous ces livres furent mis à l'index (décrets du 17 janvier et 27 novembre 1820, 28 juillet 1827). Malgré cela, ces ouvrages servaient de manuels dans les séminaires du gouvernement.
Ajoutons en passant que, de même que l'on formait le clergé sur des ouvrages non catholiques, de même on donnait à la piété du peuple des livres de prières remplis d'erreurs protestantes, et en apparence approuvés par la censure. En voici quelques-uns :
Motifs dlionorer Dieu, de Krûger.
Dieu est le très pur amour (ce livre fut traduit en polonais et en français).
Livre de piété pour la Jeunesse, par J.-B. Zappe. Dieu souverain jB/en (traduit de l'allemand en polonais).
Russie-Blanche, T. II. 31
Livres de iwières 2')0ur les chrétiens catholiques éclairés {sic), par le D"" Brunner.
Prières quotidiennes pour les étudiants; Prières du chrétien orthodoxe, par le prince de Hohenlohe.
Livres renf-^rmant des lettres venues du ciel et autres jongleries semblables.
Choix de prières expliquées et développées par le pape Pie VI, livre dans lequel se trouve entre autres une prière à Jésus-Christ, pour demander que dans son Église règne la tolérance universelle : à l' exemple de la douceur que vous avez montrée, en tolérant toutes les autres religions pendant votre, vie sur la terre, etc.
Un homme dont j'ignore le nom, poussa la flatterie jusqu'à dénoncera l'archevêqueles Jésuites comme coupables d'avoir blâmé publiquement des livres de piété approuvés par l'autorité ecclésiastique et qui se vendaient dans les librairies de Léopol. Mgr Ankwicz, offensé, demanda au P. provincial de lui désigner ces livres qui scandalisaient si fort les Pères. Le P. Paul Ciechanowiecki répondit au nom du P. provincial, et énuméra une longue série de pareils livres de prières pseudocatholiques. 11 ajoutait cependant que pas un des Pères de la Compagnie n'avait condamné publiquement ces livres et ne les avait retirés des mains des personnes qui s'en servaient de bonne foi pour prier.
J'ai entre les mains cette lettre très polie, mais énergique, du P. Ciechanowiecki. Mgr Ankwicz, frappé de la justesse des remarques, ne s'emporta point contre les Pères. Mes recher. ches n'ont point abouti à découvrir comment il remédia au mal.
DOCUMENT BB (Voy. Liv. VI, chap. Vil, p. 314).
Afin de rendre plus intelligible au lecteur ce qui va suivre sur
DOCUMENT BB
les missions, je crois devoir donner ici un abrégé de la méthode suivie en Pologne, par les Pères de la Compagnie de Jésus, dans celle œuvre éminemment catholique.
Cette méthode remonte à l'ancienne Compagnie et a reçu l'approbation de trois ou quatre papes et de dix-sept archevêques ou évêques. Les fruits de salut qu'elle opère sont là du reste, pour prouver son excellence.
Le nombre des prédicateurs d'une mission est ordinairement de quatre. Chacun a son sujet spécial à traiter dans le cours delà mission; l'un fait le catéchisme, un autre donne les grandes vérités, etc. Chaque sermon dure une heure, en règle générale. Tous les soirs, on annonce les instructions du lendemain ; à midi, avant de renvoyer les fidèles, on leur donne la série des instructions de l'après-midi.
Les prêtres des environs aident les Pères pour les confessions. 11 n'y a jamais assez de confesseurs, car il faut estimer, selon les endroits, de dix à quarante mille le nombre des fidèles qui chaque jour assistent aux exercices de la mission ; et sur ce nombre, il y a beaucoup de population flottante. C'est l'usage en effet que les environs à plusieurs lieues viennent passer un ou plusieurs jours à la mission. Ces paroisses viennent et retournent en procession ; et s'il est facile de les amener, il est très difficile parfois de les faire repartir.
Pour ce peuple, catholique jusqu'au fond de l'âme, une mission est une fête ; et il suffit, pour s'en convaincre, de voir ces rudes chrétiens assister debout, du matin au soir, sans interruption pour ainsi dire, à ces exercices qui se succèdent, fort variés sans doute, mais sans laisser un moment de libre, afin de couper court à l'ennui ou même à la distraction. Si ce n'était pas une fête, comment tiendraient-ils aux étreintes de cette presse qu'il faut avoir vue pour y croire, et sans laquelle cependant il n'y a pas pour eux de solennité digne de son nom ?
Mais, dira quelqu'un, où peut-on loger tout ce monde, soit
pour les instructions, soit pour la nuit? d'où peut-on tirer les provisions de bouche pour ces foules? A toutes ces difficultés, la réponse est facile : les missions se font dehors, et d'avril en octobre. Une on'dée n'empêche pas de rester au sermon ; des pluies permanentes compromettraient fort la mission, parce qu'il n'y a pas d'église capable de contenir ces miniers de fidèles. Pour la nuit, on se retire ou chez soi, ou dans les hôtelleries, ou même on couche dehors. Il se forme des groupes autour de petits feux en plein air ; on se relaie après un certain nombre d'heures, et les chants ne cessent que peu ou point de toute la nuit. Enfin, pour la nourriture, chacun prend les maigres provisions qu'il a apportées dans son petit sac ; beaucoup passent plusieurs jours sans rien prendre. 11 n'est pas rare en Pologne de donner la communion à toutes les heures de l'après-midi, même à huit heures du soir et plus tard encore.
Une mission polonaise dure ordinairement dix jours. Elle commence le samedi soir par le chant solennel des Vêpres et le sermon d'ouverture, suivi de la bénédiction du Três-Saint- Sacrenient.
Voici l'ordre sommaire d'une journée de mission :
5 h. du matin. — Chant à deux chœurs du rosaii-e de quinze dizaines.
6 h. — Première messe, pendant laquelle le peuple chante l'office de la très sainte Vierge. — Instruction dogmatique suivie de cantiques.
8 h. — Deuxième messe; elle est chantée et suivie d'une méditation sur les grandes vérités.— Chant de cantiques.
10 h. 1/2. — Troisième messe, chantée devant le Très-Saint- Sacrement exposé. — Sermon sur une des parties du sacrement de pénitence. — Bénédiction du Saint-Sacrement, chant de l'Angelus et d'une prière pour les morts.
11 est ordinairement 1 heure de l'après-midi quand le peuple se retire.
DOCUMENT un
2 11. — Fin du cliaiit du Rosaire.
3 h. — Catéchisme sur les vérités fondamenta les de la religion.
4 h. — Vêpres ou chant des Litanies de la sainte Vierge. 4 h. — Sermon sur les commandements.
G h. — Méditation sur les grandes vérités. — Bénédiction du Très-Saint-Sacrement. — Résumé succinct des instructions du jour. — Examen de conscience. — Prières nombreuses. — Chant de l'Angelus.
Le peuple se retire en chantant jusqu'à domicile un cantique à Notre-Seigneur crucifié.
8 h. l/S du soir. — La grosse cloche de la paroisse tinte assez longtemps ; tout fidèle qui l'entend s'agenouille et récite un Ave Maria pour le pécheur qui a le plus besoin de conversion.
Outre cet ordre du jour, il faut noter plusieurs cérémonies et instructions extraordinaires.
1° La communion des enfants. S'il y a des premières communions, le curé a dû préparer d'avance les enfants. Il s'agit ici d'enfants de douze à quinze ou dix-huit ans. Tous les soirs, pendant les trois premiers jours, un des missionnaires les prépare à cette cérémonie ; ils se confessent le lundi soir et la messe de communion a lieu avec le plus grand apparat le mardi à 8 heures. Avant la coumiunion, le missionnaire leur fait demander pardon publiquement à leurs parents, et Dieu sait combien de larmes accompagnent les paroles de pardon prononcées à haute voix par les parents.
2° Le mardi, le jeudi et le dimanche de clôture, au lieu du catéchisme, on distribue le saint scapulaire, l'eau de Saint Ignace, etc.
3° Le jeudi, communion générale des grandes personnes, dont les confessions ont commencé le lundi soir, après celles des enfants. Avant la communion, nouvelle scène, cette fois générale, du pardon demandé et accordé. Bien des rancunes
et des haines ont cédé en cette circonstance solennelle, où une sainte contagion du bien s'empare des âmes les plus rebelles et les force avec suavité à ne point résister à la grâce qui les sollicite.
4° Dans toute mission, il y a quatre sermons qui reviennent toujours : un sur la tempérance, vers le milieu de la mission; le vendredi, à 11 heures, sur la Passion ; le vendredi, à 5 heures, sur le Sacré-Cœur ; le samedi, à 5 heures, sur le Cœur immaculé de Marie.
5° Le samedi, à 10 heures, explication des cérémonies, ornements, etc., du saint sacrifice de la messe, pendant que le prêtre est à l'autel.
6° Le dimanche de clôture, après la grand'messe, sermon sur le Symbole, pendant lequel le prédicateur, la croix à la main, repasse un à un les articles de la foi catholique et à chacun demande à ses auditeurs: «Croyez-vous? » et tout le peuple lève la main et répond : « Nous croyons. »
Après ce sermon, procession des quatre états, ainsi appelée parce que chaque catégorie de la population est rangée à part, sous son étendard : les jeunes filles sous l'étendard blanc; les jeunes gens sous le vert, les femmes sous le rouge, les hommes sous le bleu. Les jeunes filles et les femmes marchent en avant du Saint-Sacrement, les jeunes gens et les hommes derrière. La procession s'arrête à quatre reposoirs, comme à la Fête-Dieu.
A 3 heures, vêpres, sermon sur leurs devoirs aux quatre états, rangés sous leurs bannières. — Chant des litanies, procession et plantation de la croix de mission. — Sermon sur la croix au jugement dernier.
Suit la bénédiction papale, le Te Deum, la bénédiction du Très-Saint-Sacrement, les adieux aux missionnaires et les prières accoutumées.
Le lundi, après le chant solennel de l'office et de la messe des morts, sermon sur le Purgatoire : procession au cimetière,
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OÙ le prédicateur parle aux vivants, au nom de ceux qui dorment leur dernier sommeil ; chacun va prier sur les tombes de ses proches, et la procession revient à l'église, où le prédicateur dit un dernier mot pour exciter ses auditeurs à la persévérance.
DOCUMENT BC (Voy. Liv. VI, ch. VII. p. 325).
Je ne puis m'empêcher de mentionner un ouvrage dont la lecture demande beaucoup de patience. Il est écrit en allemand et a pour titre : « Geschichte des polnischen Aufstandes vom lahr 1846, Histoire de V insurrection polonaise en 1846 (in-8o, 396 pages). L'auteur est M. Slama, conseiller secret à la cour impériale. Voici, comme il le dit lui-même dans sa préface, à quelle occasion il a écrit ce livre :
Au conseil d'État en 1861, un député polonais fit des allusions méchantes contre le gouvernement, l'accusant d'avoir poussé aux massacres de 1846 et d'avoir donné des récompenses à ceux qui avaient répandu le sang de la noblesse. M. Slama, qui, avec la charge de conseiller, cumulait celle de sous-chef du bureau de la présidence; M. Slama, piqué au vif, entreprit de faire l'apologie du gouvernement, du starostat Brexndelet d'autres pareils fonctionnaires. Il prend pour point de départ que toute pensée de regagner son indépendance, est une rébellion et un crime contre l'empereur d'Autriche ; il montre cependant, sur un ton de reproche, l'insuffisance des gouvernements « paternels » ; il avoue que l'on n'a rien fait pour augmenter le bien-être de la Galicie, que la force militaire n'avait en rien aidé l'autorité administrative, que les starostats en grande partie s'étaient montrés incapables et lâches en présence des premières manifestations de l'insurrection, et l'avaient laissée croître sous leurs yeux. 11 accorde que, dans la poitrine des chefs militaires autrichiens, batt&it
LES JÉSUITES DE LA RUSSIE-nLAXCIlE
un cœur de lièvre ; et qu'ainsi le gouvernement, aussi bien que les soldats, se sentait obligé à la reconnaissance envers les paysans, qui avaient «tenu fidèlement pour le parti de l'em- « pereur et s'étaient opposés avec courage » à toutes les tentatives d'insurrection. 11 attribue les massacres de Galicie, qui firent disparailre près de 500 personnes, partie à la nécessité de se défendre devant l'insurrection, partie aux bandes de pillards, qui se forment toujours dans les temps de trouble.
11 ignore complètement les agitations des commissaires officiels parmi le peuple en janvier 1846 ; en revanche, il s'arrête avec amour sur les efforts tentés par le gouvernement pour contenir les bandes de pillards, sur les soixante procès intentés à ces pillards, procès qui traînèrent et languirent jusqu'en 1848, restèrent enfin inachevés et furent mis en oubli.
En un mot, ce livre est écrit avec partiabté. Le fonctionnaire impérial de l'ancienne école n'était pas en état d'écrire autrement, quand même il l'aurait voulu. C'est là pourtant le seul ouvrage puisé aux sources que je connaisse jusqu'à ce jour ; car il a été écrit, d'après les aveux des patriotes, en présence ^ de la commission d'enquête, sur les documents fournis à l'auteur par les bureaux des tribunaux, sur l'ordre exprès du ministre Giskra. L'auteur lui-même ne fut pas seulement un témoin oculaire dos événements ; mais en sa qualité de conseiller présidial. il y prit une grande part. En comparant cet ouvrage avec les mémoires de Wiesiolowski et les écrits de Tessarczyk et de Chodzko, on peut se faire une idée assez exacte et conforme à la vérité, de la catastrophe de 1846.