‹ Les Jésuites du Canada au XIXe siècleChapitre 53 sur 62 · Noces d'or, Montréal, 1872, pp · texte numérisé non relu

Noces d'or, Montréal, 1872, pp

ce temps-là: les lois sur le mariage, sur l'éducation, sur l'érection des paroisses, sur les registres de l'État civil ! Impitoyablement l'orateur sacré y était revenu par trois ‘et quatre fois, comme on fait avec un fer à repasser sur des coutures plus revêches.

Le mécontentement chez plusieurs fut considérable. Certains membres du clergé avaient été sur le point de quitter l'église pendant le sermon. D'autres néanmoins se consolaient par cette réflexion cueillie sur les lèvres d'un prêtre de Montréal: « Si Mgr Laflèche avait prêché, c'eût été encore pire! »

Québec surtout en garda un souvenir cuisant. Il y voyait — et c'était dans l'espèce une conjecture erronée sans doute, mais d'après ce qui a été dit, fort explicable — il y voyait une revanche du Jésuite ultramontain, éconduit deux ans auparavant. L'animadversion enveloppa tous les membres de la Compagnie au Canada. Elle s'acharna surtout, on le conçoit, sur le premier coupable, le P. Braun, lequel, dans sa candeur de bon Lorrain, n'en revenait pas de tout ce tapage à propos d'une chose, croyait-il, si simple.

Dans son grand désir de tout calmer, le recteur du collège s'était hâté de fournir des explications et de présenter des excuses aux victimes les plus éprouvées. Cela ne suffisait point. On voulut faire censurer à Rome le malencontreux discours. Mais par où le prendre ? On se butait partout à une doctrine impeccable. Du moins l'auteur serait banni de nos provinces. Effectivement le T. R. Père général l'appela à Rome, ou, plus exactement, permit à Mgr Laflèche de le prendre pour

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